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Funès : "Y a d'la joie !" Bogota, Colombie.

  • Enfance
  • Amérique du Sud : Colombie
  • Fiche d'expérience

Par Handiplanet le 29/12/2010

Educatrice auprès de « personnes handicapées vieillissantes » en région parisienne, je retrouve ma ville natale Bogota, dans le cadre d'un échange avec la fondation Funes.

 

Funès : Y a d'la joie !

 

Educatrice auprès de « personnes handicapées vieillissantes » en région parisienne, je retrouve ma ville natale Bogota, dans le cadre d’un échange avec la fondation Funes. Il s’agit d’un centre d’accueil de jour qui reçoit des enfants en situation de handicap mental. En entrant dans leur quotidien, j’oublie rapidement la  précarité des moyens et le manque de confort, tant la chaleur relationnelle et la joie de ce lieu me conquièrent. 

 

Contexte

 

La Fondation Funes, se situe au sud de la mégapole Bogota, dans un quartier où vit une population modeste, bien loin des riches résidences situées dans le nord de la ville. La capitale de la Colombie est une ville située à plus de 2600 m d’altitude. Bien que colombienne d’origine, il m’a fallu un certain temps pour retrouver ma respiration habituelle.

 

Cette structure a été créée par une maman courageuse, qui se retrouvait sans solution pour sa fille handicapée. Le centre fonctionne depuis janvier 2006. Il accueille les enfants en situation de déficience mentale, ou souffrants du syndrome autistique. 21 enfants viennent chaque jour dans cette maison, où ils retrouvent 6 salariés ainsi que  plusieurs bénévoles.

 

Un mot sur la Colombie : ce magnifique pays est situé au nord de l’Amérique latine et dispose de larges côtes sur l’Océan Atlantique (côte caraïbes), mais aussi sur l’Océan Pacifique. Son territoire est deux fois plus étendu que la France. Il serait trop long de parler de ses montagnes, de ses paysages majestueux, de son café, de ses orchidées, de sa flore exceptionnelle, de sa faune, ou encore de ses trésors culturels et de ses expressions artistiques variées.

 

Terre de paradoxe, la Colombie est aussi connue pour les périodes de violences qui ont jalonné son histoire. Après le dernier épisode de guerre civile, 4 millions de colombiens se retrouvent déplacés loin de leur région d’origine. 

 

 

Finalité

        

Le centre offre aux enfants un accueil de jour, du lundi au vendredi. Il propose un programme adapté à l’enfant pour améliorer  sa qualité de vie et développer son autonomie.  Avec les moyens du bord, il déroule un programme scolaire et aborde leur place dans la société, ainsi que les relations dans la famille. Le projet est fondé sur des valeurs chrétiennes.

 

 

Moyens humains, matériels, financiers.

 

L’équipe éducative est composée de la directrice, d’un travailleur social qui fait fonction de coordinateur, d’une éducatrice spécialisée en formation, d’une infirmière et d’une cuisinière. Une psychomotricienne intervient un jour par semaine et plusieurs bénévoles contribuent aux activités de la semaine.

 

Les locaux sont loués. Il s’agit d’une maison d’environ  250 m² comprenant un  rez-de-chaussée et un étage. Les pièces paraissent étroites, par rapport à ce que nous connaissons en France. Heureusement qu’en face de la « Fundación », se trouve un grand parc qui est largement utilisé. Au moins une fois par jour, si le temps le permet, nous nous rendons dans ce lieu. Les activités quotidiennes prévoient aussi des déplacements vers l’extérieur, ce qui est particulièrement apprécié par les enfants et les jeunes.

 

Les parents payent une mensualité d’une valeur de 100 €, qui correspond au prix de journée et au transport. Ils apportent également les médicaments du jour et pour quelques uns, le repas de midi. Cette contribution est importante au regard des salaires pratiqués.

 

 

Beaucoup avec peu !

 

La  précarité des moyens et le manque de confort passent rapidement au second plan. Je suis frappée par le professionnalisme de l’équipe et la chaleur relationnelle ambiante. La maison est propre, gaie et invite à vivre pleinement l’instant présent.

 

J’avais gardé le souvenir du frère d’une camarade d’école, qui restait caché pour ne pas faire honte à sa famille. Tout cela a profondément évolué dans les consciences collectives, depuis 40 ans. Le regard des gens a changé et ils sont plus avenants vis-à-vis de ceux qui sont différents. Je l’ai constaté par le bénévolat bien organisé, la solidarité, l’esprit d’ouverture et de disponibilité.

 

Cependant l’Etat colombien, qui reconnaît le handicap physique et donne des aides en compensation, est bien moins généreux pour les personnes en situation de handicap mental.

 

En partageant le vécu de cette structure, j’ai repensé aux débuts de l’association « Les Amis de L’Atelier » qui m’emploie : le même dénuement accompagné de la même bonne volonté ; la même profusion d’idées, les mêmes « forts tempéraments » et la même foi en la Providence.

 

Accompagner le changement

 

En 4 ans les enfants ont bien évolué !

 

A Funes la joie surgit au moment où le premier minibus plein d’enfants arrive au portail de la fondation. Ceux-ci sont pressés de descendre, certains qu’ils vont vivre quelque chose d’important. Le programme de la journée leur permet de s’extraire pour un temps de leur condition et de leur situation de pauvreté. En effet, plusieurs familles vivent dans un contexte problématique et difficile.

 

L’enfant tout au long de la journée va être accompagné. Il est intégré et rassuré. Il répond et participe aux activités de la vie quotidienne, à son rythme.

 

Le groupe semble répondre à la tendresse, à l’attention et au respect manifesté. Les enfants vivent dans la gratitude, ce qui explique peut-être le grand dévouement de la part du personnel éducatif. Tous collaborent selon leurs moyens, les disputes sont rares, malgré le manque de place. Chacun trouve un petit coin à lui.

 

Dès l’arrivée, ils se dirigent vers une des deux salles du rez de chaussée. La journée commence par un moment de dévotion, de lecture d’histoires de la bible, de chants et de prière. Ce moment est dirigé par la directrice ou par l’une de ses collaboratrices. Une fois par semaine une conteuse se rend à la fondation pour raconter et chanter avec des gestes. C’est un moment que les enfants apprécient particulièrement.

 

Sébastien, aveugle de naissance enregistre les histoires et demande la suite. Il suit bien la musique et apprend très vite les paroles. Il donne l’exemple et entraîne les autres. Pour tous, cet exercice de mémoire, de concentration, de rythme se déroule dans la joie.

 

A dix heures, c’est le goûter. La  cuisinière prépare un encas consistant et  toujours varié. Elle est attentive et souriante, elle donne ! On l’appelle la tia (tante), parce qu’elle est la tante de Jennie, une éducatrice.

 

Ensuite c’est le moment d’activité. La politesse, les règles de vie, les codes sociaux sont enseignés. Merci se dit « Gracias », s’il vous plait se dit « Por favor » … On apprend le respect de l’autre et de soi-même. Rendre service, avoir le souci du bien être de l’autre, mais aussi avoir conscience de ses propres qualités. La résolution des conflits et la non-violence sont abordées d’une manière adaptée.

 

Je me suis sentie à l’aise dès le premier jour grâce à l’accueil dans la simplicité, la sympathie dans le regard. Il est vrai que de retrouver une culture et une langue qui m’étaient familières était un grand avantage. Une partie de moi-même s’est remise à vivre. Tout au long du stage, je me suis sentie fortement impliquée.

 

Le relationnel se vit d’une manière intense. Après le repas du midi, nous restions à table pour discuter entre nous de chacun des enfants, de leurs familles et de leur contexte de vie.

 

Les collègues étaient étonnés  du calme des  enfants qui faisaient la sieste dans la chambre à côté. Dans ces réunions brèves, nous en profitions aussi pour parler et organiser des projets tels que le gymnase, la piscine (hydrothérapie), la participation des bénévoles et les partenariats. Je me suis particulièrement investie dans une sortie à Monserrate où nous avons emmené l’ensemble des enfants et du personnel. Il s’agit de la montagne surplombant littéralement Bogota. La montée (quelle émotion !) se fait par un téléphérique installé par une compagnie suisse avant 1953.

 

Au cours de l’après-midi, on prend du temps pour le brossage des dents avant de rejoindre l’atelier d’arts plastiques. Jenny nous apprend la technique qui permet de donner un aspect vieilli aux céramiques. Certains enfants font des jeux ou encore visionnent un dessin animé.

 

 

Martica Hege

Résidence Idalion

 

Langue d'origine : Français
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