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Orchidées Blanches
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Donner l’impulsion pour l’ouverture : partager, soutenir les projets pour la création de structures d’accueil dans les autres régions du pays (Madagascar)

  • Vie sociale et quotidienne : Autre
  • Afrique : Madagascar
  • Fiche d'expérience

Par Faralalao ANDRIANARIVONY le 18/11/2015

Les Orchidées Blanches encouragent aujourd’hui la création d’autres associations, en particulier en dehors de la capitale, où les besoins sont encore peu couverts, Madagascar étant un pays à structure extrêmement centralisée. L’association, forte de son statut d’ONG, bénéficie d’une certaine notoriété et d’une visibilité qui facilitent son travail de sensibilisation dans l’Ile.

 

1. Contexte

L’ONG Les Orchidées Blanches, créée en 1974, se situe dans la capitale Antananarivo ; avec un terrain d’1 à 2 ha, 6 bâtiments neufs réservés à l’accompagnement et 1 bureau (ancien bâtiment), cette association a pour objectif de sensibiliser, notamment par le plaidoyer et en travaillant avec les familles ; la structure d’accueil de jour pour les enfants compte à ce jour 120 bénéficiaires répartis en 3 services. Des adolescents et adultes ayant une déficience intellectuelle (non motrice), de tous types (autisme, trisomie, problèmes de comportements…) sont accueillis.

L’accompagnement éducatif est axé sur le développement de la pleine participation sociale ; les Orchidées Blanches travaille sur l’éveil, la psychomotricité (3-6 ans), puis accueille dans sa structure visant l’autonomie et l’intégration en milieu ouvert, articulé avec son atelier protégé.

 

2. Pourquoi impulser des ouvertures de structures ?

 

Un des objectifs de association est la défense des droits des personnes ayant un handicap (plaidoyer et sensibilisation) ; dès le départ, l’ONG a collaboré avec la fédération panafricaine des personnes ayant un handicap (PANAPH), et a assuré la présidence de cette fédération qui affiche l’objectif de multiplier les structures.

L’ouverture de nouvelles structures dans d’autres régions du pays malgache est essentielle car elle répond à un besoin local d’accompagnement ; Madagascar compte aujourd’hui 15-20 structures d’accueil, la majorité étant dans la capitale (et les autres à Tamatave, Manaca et Diego) : mobiliser, faire des réunions pour les parents et les éducateurs permet d’impulser la création de structures comme les Orchidées Blanches ; cela évite à long terme les difficultés de la distance pour trouver un accompagnement adapté (changer de lieu de vie handicaperait encore la famille ; et la capacité d’accueil des centres existants est trop limitée).

Pionnière dans son secteur, l’ONG a souhaité aider les autres familles et permettre que les enfants, qui sont avant la création de structure dans leur région, rejetés, sans école, restant en famille et sans structure adaptée pour les accompagner.

Objectif : permettre aux personnes ayant un handicap mental d’avoir une école pour eux dans leur quartier ; faciliter l’approche et l’accompagnement ; leur permettre de s’épanouir dans la région.

Bien sûr, les craintes de départ concernaient les moyens nécessaires pour former des personnes pour devenir éducateurs, et la crainte de faire de la sensibilisation sans pouvoir offrir le soutien financier nécessaire pour mettre ensuite les actions en marche.

 

3. La mise en œuvre : partager et impulser, méthode

 

Animée par son envie d’aider et de solliciter les familles et éducateurs à créer sur place un service adapté, l’ONG a débuté dans ce domaine du partage surtout dès l’an 2000 avec son rôle de présidence de la fédération panafricaine des personnes ayant un handicap (PANAPH), lors d’un grand séminaire dont l’objectif était la mobilisation de tous les décideurs pour mettre en place des structures d’accueil dans chaque région et pour aider les structures existantes

De plus l’ONG se devait d’apporter une réponse aux demandes des parents et éducateurs qui la sollicitaient expressément pour de la formation, pour tester/diagnostiquer les enfants, faire une présentation sur l’association…

L’ONG agit donc comme une plateforme de plaidoyer auprès des décideurs (frappant à la porte des personnalités et élus pour exprimer la situation).

Puis elle forme les éducateurs en leur donnant l’occasion de faire des stages dans son centre ; ou se rend sur place dans la région des familles et éducateurs la sollicitant pour du partage expérience en province. Tous les 2 ans, elle propose un regroupement sur 3 jours pour des échanges autour des problèmes rencontrés ; chacun a et apporte son expérience.

En raison des difficultés liées à la crise malgache qui perdure, les moyens financiers limités n’ont pas donné l’occasion de se rencontrer de nouveau depuis 3,5 ans ; elles ont dès lors été remplacées par des rencontres téléphoniques, mails et courriers, bien qu’il a été observé que le déplacement d’1 parent, de 2 éducateurs, est plus efficace (partage en direct davantage positif).

Dans la capitale même (Antananarivo), l’ONG développe des activités de sensibilisation et de formation où les autres structures d’accueil sont invitées.

Pour soutenir les familles et éducateurs dans leur région, l’ONG connaît la nécessité de se rendre sur place pour voir la situation et comprendre les enjeux ; les porteurs d’un projet de nouvelle structure cherchent des solutions dans leur propre situation, qui étudiée ensemble ; chaque enfant a sa demande ; le projet et son contexte dépendent aussi de la région, des objectifs de chaque association. Les Orchidées Blanches suggère, comme un simple guide, et les porteurs du projet cherchent et trouvent les bonnes solutions pour eux.

Toujours dans le cadre des objectifs de l’association, l’ONG a organisé avec les moyens du bord une exposition itinérante pour les écoles dans Antananarivo, à l’occasion des 40 ans du centre, dans le but de partager et donner à voir ce qui a été réalisé à long - sans masquer les problèmes, en informant sur la situation des personnes ayant un handicap mental, pour arriver à terme à l’éducation inclusive. Avec 40 enfants par classe dans l’éducation ordinaire, l’inclusion dans l’éducation doit être soumise à étude préalable nécessaire pour l’intégration, au sein des écoles publiques et privées. L’ONG ne peut pas remplacer l’Etat… mais la thématique du handicap n’est pas encore une priorité des pouvoirs publics.

En l’absence d’une politique publique inclusive à grande échelle, les associations se voient dans l’obligation de créer et demander la mise en place de structures ; les enfants sont amenés aux les Orchidées Blanches par leurs familles car ce centre est connu ; en retour, l’ONG propose aux parents de se regrouper dans leur région et que l’ONG leur donne les renseignements nécessaires pour la création d’une association, les démarches réflexives et administratives nécessaires, et l'accueil ; après 2-3 mois de réunions, l’ONG propose une visite sur place avec son équipe technique pour tester les enfants et déterminer leur handicap, et confirmer le besoin d’ouverture d’une structure. La nouvelle association se créée par les porteurs du projet sur place, qui emploient 2 éducateurs, envoyés en stage à l’ONG (ce stage est une modalité d’aide par l’ONG, en l’absence de moyens).

La temporalité d’un tel développement d’une nouvelle structure dépend de chaque projet : à Tamatave, plus proche de la capitale, le processus a été rapide ; à Manacar, cela a duré 6 mois ; à Diego, l’on est toujours en phase d’échanges même si les structures sont en bonne voie.

Cette durée dépend de la façon dont travaille l’association en question.

 

4. Moyens faibles, soutien humain et notoriété

 

Le soutien aux nouvelles structures est donc une des activités de l’association, régulièrement sollicitée en tant qu’association pilote et ONG la plus ancienne dans ce secteur. L’expérience et l’historique permet aux Orchidées Blanches de savoir mettre sur les rails, sans pour autant prendre la place des familles et éducateurs dans leur projet ; leur autonomie repose sur le principe de ne pas s’immiscer dans le fonctionnement des nouvelles structures.
La présidence de la PANAPH ainsi que de l’Union Nationale des Associations de Handicapés de Madagascar (UNAHM), liée à l’ONG Orchidées Blanches, a permis d’aider les gens à mettre en place des structures (incitation et soutien).
Ce partage est effectué sur le temps de travail habituel des équipes : psychoclinicien, éducateur spécialisé, psychiatre, tous donnent le peu qu’ils peuvent pour pouvoir travailler sur place (transmission des informations et données générales, application locale dans la région du projet et orientation des porteurs vers les écoles d’éducateurs spécialisés).
Les Orchidées Blanches n’a pas bénéficié d’aides et/ou d’aménagements  sur le plan financier pour ce soutien constant donné aux autres structures ; l’ONG bénéficie néanmoins d’une notoriété nationale et internationale.

 

5. Toujours une chance

 

La fédération panafricaine des personnes ayant un handicap (PANAPH), avec Les Orchidées Blanches, a organisé plus de 2000 séminaires à Madagascar, mobilisant les acteurs concernés.

La création de structures n’est pas le principal objectif de l’ONG ; cet objectif a été atteint en partie, mais non dans sa totalité en raison du blocage des moyens financiers.

Les 5 dernières années, le développement de nouvelles structures a été plus rapide : le pays est passé de 5 à 15 structures ; mais aujourd’hui la situation est plus difficile, même si le nombre d’éducateurs spécialisés à Madagascar a augmenté (avec l’apparition des écoles de formation d’éducateurs spécialisés).

L’accompagnement dans les nouvelles structures, de fait, ressemble à celui des Orchidées Blanches (phénomène d’identification). Le bilan général est positif pour l’heure, en l’absence de subventions de l’Etat. Les décideurs doivent prendre en compte les besoins des personnes ayant un handicap, et c’est le regroupement pour une plaidoirie commune qui permet que ces droits se fassent entendre - les moyens devant être développés pour la fédération également.

Seule, l’ONG les Orchidées Blanches ne peut porter l’ensemble de ce développement ; d’une part l’investissement proactif de l’Etat, et d’autre part la fédération nationale (22 associations membres, réparties sur l’île) et l’action en lien avec la PANAPH.

Mme ANDRIANARIVONY, Coordinatrice de l’ONG

Langue d'origine : Français
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