Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil Découvrez le village d’Aigues Vertes, unique en son genre en Europe et dans le monde ! Bernex / Canton de Genève / Suisse
Pour aller plus loin
Fondation Aigues Vertes
  • Route de Chèvres 29 1233 Bernex Suisse
  • + 41 22 555 85 00
  • village@nullaigues-vertes.ch
  • Tara Zillweger
  • tzillweger@nullaigues-vertes.ch


Découvrez le village d’Aigues Vertes, unique en son genre en Europe et dans le monde ! Bernex / Canton de Genève / Suisse

  • Vie sociale et quotidienne : Projet de vie
  • Europe : Suisse
  • Fiche d'expérience

Par Tara Zillweger le 17/11/2015

Un village dont tous les habitants présentent une déficience intellectuelle, un handicap mental ou psychique. Mais leur niveau d’autonomie leur permet de gérer intégralement la vie de cette commune sur le plan économique, social et politique.

1.    Contexte :

Le village d’Aigues Vertes est situé à Bernex en Suisse, à 20 kilomètres de Genève. Il a été construit il y a 50 ans, dans un cadre naturel remarquable. La commune compte aujourd’hui 115 habitants, âgés de 18 à 87 ans, répartis dans 18 maisons. C’est une commune comme les autres, à une chose près : tous ses habitants – y compris la maire, élue par les villageois, sont porteurs d’un handicap ou d’une maladie mentale.


2.    Finalité :

Fondé en 1960, Aigues Vertes a été construit par des parents d’enfants handicapés pour y faire vivre et travailler leurs enfants. Le village a accueilli pendant les premières années une dizaine de malades, qui y ont vécu en « vase clos » avec leurs familles et leurs éducateurs. Depuis 2001, le village s’ouvre à l’extérieur et les habitants peuvent aller et venir comme bon leur semble. A l’exemple de Jean, qui reste dans le village toute la semaine mais qui assiste à la messe à Genève tous les dimanches.

C’est un village unique, qui offre aux personnes en situation de handicap et âgées de plus de 18 ans un cadre ouvert, dans lequel elles peuvent exercer une activité professionnelle, et s’épanouir librement et normalement. Elles peuvent y rester toute leur vie, sans être déplacées d’une institution à l’autre, comme certains des habitants ont pu l’être auparavant.


3.    L’organisation du village :

En amont, ce sont les institutions ou les familles qui font la demande de l’admission au village d’Aigues Vertes. Toutes les demandes transitent par le Canton de Genève. Pour chaque nouvel arrivant, la procédure est la suivante : un premier stage d’observation de 15 jours/3 semaines pendant lesquels l’équipe pédagogique managériale de la Fondation Aigues Vertes, qui accompagne et encadre les villageois, va déterminer avec l‘individu si le village est la bonne institution pour lui ou elle, suivant ses désirs, ses capacités et son niveau d’autonomie. Ensuite, si ce stage est probant, un deuxième stage probatoire de 3 mois aura pour but d’affiner les résultats du premier, afin que le nouveau villageois puisse à la fin de cette période avoir une vraie place au sein de la communauté.

Les habitants vivent dans des maisons communes, où ils ont chacun leur propre chambre. Céline, 26 ans, souffre de schizophrénie et de retard mental. Elle est l’une des plus jeunes villageoises, et vit dans une maison avec 10 autres villageois âgés de 20 à 57 ans. Les repas se font en commun, autour d’une table, pour plus de convivialité. Tous les habitants exercent une activité professionnelle. Céline travaille à l’atelier textile depuis 2 ans. Auparavant, lorsqu’elle vivait dans un foyer pour handicapés, elle travaillait dans une entreprise privée dont le rythme de production était trop élevé.

Emilio, quant à lui, est maraîcher. Emilio a 33 ans et vit à Aigues Vertes depuis 14 ans. Porteur d’un retard mental de naissance, il est conscient d’être différent. Il a souffert du rejet et la maltraitance physique des autres enfants étant jeune, mais aujourd’hui Emilio est un jeune entrepreneur qui plante, cultive et récolte des légumes pour les vendre sur son stand hebdomadaire dans la banlieue de Genève avec Alexis, un autre villageois. Le chiffre d’affaire d’Emilio sert à alimenter la caisse du village. En dehors de son travail, l’autre passion d’Emilio, c’est Eddy Mitchell : dès qu’il a un jour de congé, il fait 20 minutes de bus pour aller à Genève et acheter les disques de son artiste préféré.


4.    Moyens :

Dans le village, il n’y a pas de médecins, juste des éducateurs. 90 éducateurs sont là pour les accompagner dans les gestes du quotidien et pour que tous puissent bénéficier d’un encadrement personnalisé, tout au long de leur vie. Dans la maison où vit Céline, deux éducateurs sont présents. Leurs pensions d’invalidité leur permettent de payer les frais d’hébergement.

Tout le quotidien des villageois est financé par des subventions publiques et privées. Leur travail leur permet de gagner entre 1 et 4 € de l’heure.


5.    Et l’avenir, comment s’annonce-t-il ?

Le village est en constant essor, et la liste d’attente pour l’admission est longue. Sur le plan des infrastructures, les rénovations et les constructions de bâtiment vont permettre d’ouvrir de nouvelles places. Une restructuration et une réorientation de la prise en charge est également en cours, au sein de l’équipe pédagogique : les handicaps des nouvelles personnes accueillies ne sont pas les mêmes que ceux des habitants qui vivent à Aigues Vertes depuis 30 ou 40 ans. Les méthodes d’accompagnement et de prise en charge sont appelées à s’adapter à ces « nouveaux » handicaps.

Du côté des habitants, Céline est heureuse de vivre dans le village pour le moment. Mais elle ne veut pas y rester toute sa vie : elle aimerait dans le futur s’installer avec son petit ami, qui vit dans un foyer non loin de là. Pour le moment, Céline est sous contraception obligatoire et ne peut pas choisir seule d’être enceinte. Ses parents décideront si elle peut ou non avoir un enfant et, le cas échéant, du moment opportun. Quant à Jean, âgé de 67 ans et atteint de troubles autistiques, il habite à Aigues Vertes depuis 50 ans, depuis la construction du village. Il se rend souvent au cimetière d’Aigues Vertes où sont enterrés des anciens villageois, des personnes qu’il a connues. « C’était mieux comme ça pour eux » dit-il, d’autant plus qu’il y a de plus en plus de nouveaux arrivants. Jean sait qu’il finira sa vie au village et a déjà réservé l’emplacement de sa tombe.

Si, comme nous, cette fiche vous a fait réagir, un seul conseil : allez leur rendre visite !

Interview avec Tara Zillweger

Site d'Aigues Vertes: http://www.aigues-vertes.ch

Reportage sur Aigues Vertes à visionner:

http://www.wat.tv/video/folie-douce-3apoh_2flv7_.html

Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 5 + 5 = ?
Votre réponse: