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Accueil Les enfants de maman Nono Le métier de ré-éducateur spécialisé dans une classe intégrée auprès de jeunes autistes, Douala, Cameroun
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Les enfants de maman Nono
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Le métier de ré-éducateur spécialisé dans une classe intégrée auprès de jeunes autistes, Douala, Cameroun

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Cameroun
  • Témoignage

Par Late Lawson le 09/06/2015

Témoignage de M. Late Lawson . Ma première satisfaction est de voir des enfants sortir de leurs difficultés ! Voir les enfants sortir vers l'école ordinaire, c'est mon vrai salaire.

Quel est votre parcours?
Après mon niveau de terminale, j’ai passé un concours à l’école nationale de Lomé au Togo et j’ai eu un diplôme d’agent de formation sociale. J’ai été affecté au CHU de Lomé au service social, puis au centre de réinsertion sociale de Cacadoly, avec des enfants en exclusion. Je suis parti ensuite au Congo Brazzaville pour y découvrir une autre réalité. Après un temps au Togo à nouveau, je suis allé au Cameroun pour travailler comme éducateur chef dans un centre géré par une église évangélique qui accueille les enfants en danger moral. J’ai ensuite à travaillé à la FEDEME - Fondation pour l’éducation des déficients mentaux- à Douala, puis assuré la direction de la Fondation Anaissa durant un an et je suis aujourd’hui responsable de la section rééducation de l’école des enfants de Maman NONO, ici à Douala.

Cette section accueille des enfants de 2 à plus de 20 ans. Ils sont autistes, trisomiques, avec infirmité moteur cérébrale et, plus rarement, psychotiques. Il y a deux groupes, le premier accueille les enfants dont la stabilité n’est pas acquise et moi j’accueille le groupe stable. Nous avons environ 14 enfants par groupe. L’effectif est pléthorique et il nous faut avoir une très bonne organisation pour pouvoir suivre chacun individuellement. Nous accueillons l’enfant avec son examen clinique transmis par le psychiatre ou le psychologue. Nous  passons ensuite à son évaluation du niveau de développement. Nous arrivons alors à l’évaluation de son âge mental, de son comportement et à celle des domaines opérationnels de l’enfant. Cela nous permet d’établir son projet personnalisé. Nous devons connaitre son mode de vie, le souhait de ses parents. Tout est alors consigné sur une fiche qui suit l’enfant.
La première fiche est pour les enfants qui ont un âge mental de 3 ans. Une autre pour les enfants d’âge mental de 4 à 5 ans et une pour celle de 5 ans à 6 ans.  


Ré-éducateur spécialisé, entre éducation et pédagogie
 
-    Pouvez-vous définir ce que recouvre la fonction de ré-éducateur pour vous, entre rééducation et pédagogie ?
L’enfant qui nait reçoit une éducation de base. Mais s’il n’a pas pu avoir cette éducation de base, il faut passer par la rééducation. Il faut parfois revenir au programme de  la maternelle avec des enfants de 12 ans. On dit souvent que le métier de l’enfant est de jouer. Il faut commencer par là. Certains doivent apprendre à jouer pour pouvoir faire des acquisitions.  

-    Sur quoi insistez vous particulièrement pour amener l’enfant autiste ou ayant des troubles du développement à acquérir des connaissances qui lui seront utiles ?
Les enfants autistes par exemple ont des problèmes de langage, de communication. Pour eux il faut que  l’enfant arrive à se connaitre d’abord, à connaitre son corps, pour avoir une expression orale. Il fait qu’il arrive à nommer les différentes parties de son corps, grâce à la gestuelle, nous pouvons lui permettre de les nommer.  


-    Quelle place tient l’évaluation dans votre approche. Avez-vous développé votre propre méthode de suivi individualisé ?
Lorsque j’ai développé les trois niveaux d’évaluation, c’est pour amener ceux des enfants qui le peuvent à rejoindre l’école ordinaire. C’est pourquoi nous développons la mathématique aussi bien que la vie pratique, le langage, la lecture, la gestuelle, le graphisme. Nous pourrions faire le même travail sans document, mais il nous permet d’apprécier le développement de l’enfant de suivre son progrès et son évolution. Pour les parents ils peuvent suivre aussi les progrès. Il sert de moyen de communication entre les parents et moi. Il aide à la compréhension entre nous et entre les parents et l’enfant.  
Je change les fiches et les revoit tous les ans. Elles ne sont pas gravées dans le marbre.  

-    Avez-vous un dialogue avec les familles, et si oui, de quelle nature ?

Nous collaborons avec les parents. Grace à cette fiche envoyée à la maison, les parents lisent les informations et nous la retourne. Cela leur permet de connaitre l’évolution de l’enfant et de nous faire part de leurs remarques. Ce que nous faisons à l’école nous souhaitons que cela soit reproduit à la maison.
On collabore aussi avec les cliniciens qui nous envoient l’enfant. Ils nous donnent des pistes et des conseils pour la prise en charge, et pour faire face aux problèmes que nous avons.

   Quels types de difficultés rencontrez-vous ?
Souvent nous faisons face aux difficultés alimentaires de l’enfant. On fait alors appel aux parents  pour connaitre ses pratiques à la maison. Sur le plan éducationnel, il nous arrive de dialoguer avec les parents sur le contrôle des sphincters. A la maison les parents ne sont pas toujours là, certains enfants sont seuls. Lorsqu’il y a des troubles de comportement, nous essayons par la douceur de lui faire comprendre que son comportement n’est pas acceptable. Nous avons un coin d’isolement aussi en cas d’excès.  Certains enfants ont des traitements qui les font s’endormir. Notre relation avec les pédiatres est très utile pour lui dire que l’enfant n’arrive pas à apprendre et cela permet d’ajuster le traitement.
 

Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui de la prise en charge des enfants ayant un handicap mental?
 
 
-    Quelles satisfactions vous donne aujourd’hui votre métier ?  
Ma première satisfaction est de voir des enfants sortir de leurs difficultés. Nous travaillons pour des salaires qui ne sont pas très élévés. Il me faut une autre activité en dehors de l’école pour pouvoir joindre les deux bouts.
Ma satisfaction n’est donc pas financière. Trois enfants sont partis de ma section vers l’école ordinaire, c’est mon vrai salaire. Les parents me font confiance et m’apprécient. C’est l’absence de reconnaissance qui pèse le plus. Les difficultés ne sont pas avec les enfants. Avec mon expérience, je trouve des solutions pour chacun. Les difficultés sont liées aux moyens financiers. Les classes sont trop chargées avec 14 enfants par classe.

-    Quelles évolutions attendez-vous des autorités gouvernementales, de la société, des familles ?
J’attends des autorités qu’elle prennent véritablement en charge les enfants, qu’elles subventionnent les pensions, qu’elles parrainent et allouent chaque année telle somme pour aider les enfants. Si la scolarité pouvait passer de 40 à 20 000 FCFA, cela serait déjà bien. Le regard commence à changer Dans la vile de Douala, il y a 4 à 5 centres qui accueillent des enfants handicapées. Les parents comprennent qu’il ne faut pas garder les enfants à la maison mais les envoyer à l’école. Avant, ils étaient cachés, maintenant on les voit. Mais il fait aller plus loin.    
 
 
 
 
 

Langue d'origine : Français
Mme NKOMO
18/06/2017 16:17
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