Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil CREEVIE Centre de rééducation et d'éveil à la vie L’évolution de l’accompagnement des enfants en situation de handicap mental qui deviennent adultes,Tananarive, Madagascar
Pour aller plus loin
CREEVIE Centre de rééducation et d'éveil à la vie
  • LOT II A 119 J A Soavimbahoaka 101 Antananarivo Madagascar
  • 0+261 0344173656
  • sandi.rtsoa@nullgmail.com
  • CREEVIE Centre de réeducation et d'Eveil à la Vie
  • sandi.rtsoa@nullgmail.com


L’évolution de l’accompagnement des enfants en situation de handicap mental qui deviennent adultes,Tananarive, Madagascar

  • Enfance : Jeunesse
  • Afrique : Madagascar
  • Fiche d'expérience

Par CREEVIE Centre de réeducation et d'Eveil à la Vie le 25/03/2013

Les enfants en situation de handicap mental il y a une dizaine d’années sont aujourd’hui de jeunes adultes pour qui il faut envisager un avenir. Les associations se voient dans l’obligation d’adapter leur accompagnement et de proposer des alternatives à ces « grands » qui sont encore en classe avec les plus jeunes. CREEVIE a débuté un programme pour eux.

1. CREEVIE et la situation des enfants et jeunes adultes handicapés mentaux à Madagasca

CREEVIE est le Centre de Rééducation et d’Eveil à la Vie, situé à Tananarive.

 

La situation des enfants et jeunes adultes handicapés mentaux à Madagascar commence à évoluer car leurs parents décident de s’ouvrir, de commencer à scolariser leur enfants. Les enfants et personnes handicapées mentales commencent à pouvoir jouir de leurs droits : droit à la scolarisation, à l’épanouissement, aux loisirs.

 

CREEVIE existe depuis novembre 1999. Depuis le début, le Centre accueille des enfants en situation de handicap mental. Il est né de l’association de quelques parents d’élèves qui ont décidé de sa création. Il y avait des élèves trisomiques, autistes et des enfants épileptiques. Il s’agissait uniquement d’enfants à cette époque-là âgés de 5 à 13 ans.

 

Ces enfants sont accueillis depuis 1999 à Soavimbahoaka et depuis quelques années nous avons un centre annexe à Ambohimangakely à 9km du centre-ville. Les jeunes y pratiquent du sport adapté (athlétisme, piscine, pétanque) et sur place nous avons déjà construit, grâce à l’aide de partenaires étrangers, le CAT (centre d’aide par le travail) mais qui n’est pas encore opérationnel. Il était prévu de créer au départ une unité d’élevage de poules pondeuses mais nous n’avions pas (et n’avons toujours pas) les moyens de rendre ce centre opérationnel.

 

2. Les préoccupations liées à ces enfants qui deviennent de jeunes adultes

 

Les enfants sont devenus grands et ont posé d’autres questionnements que les acquisitions scolaires.

Parmi les 7 « grands enfants » de CREEVIE, certains sont déjà partis mais il en reste 3. Quand ils sont arrivés ici, ils étaient enfants mais ce sont des adultes aujourd’hui et on commence à se préoccuper de leur avenir car ils ne peuvent pas rester chez nous éternellement. C’est pour cela que l’on veut casser la routine scolaire. On voit qu’ils ne sont plus motivés pour rester en classe 4 heures par jour. Depuis quelques années on a commencé à avoir une autre vision des choses qui concerne notamment leur avenir professionnel, leur épanouissement personnel.

 

3. Les réponses mises en œuvre face à ces questionnements

 

En termes d’avenir professionnel, nous avons commencé à intégrer dans notre programme une petite insertion professionnelle grâce à l’initiation à l’informatique. En ergothérapie, on a introduit le programme court de pâtisserie et pour les jeunes garçons adultes, ils ont été initiés à la boiserie, à la peinture en bâtiment. Ce programme est destiné aux jeunes adultes à partir de 20 ans.

En termes de développement personnel, on a commencé à casser la routine scolaire quand on a vu que les jeunes commençaient à ne plus être motivés par les activités scolaires. Nous organisons depuis 3 ou 4 ans, une petite colonie de vacances par an à la plage.

Etant donné qu’aucun parent n’a choisi d’avoir un enfant handicapé, les familles desquelles ces enfants sont issus ont un niveau social différent. Il y a des adultes qui n’ont jamais vu la plage de leur vie. Il s’agit de leur faire plaisir, de leur faire connaître quelque chose, un autre environnement que ce qu’ils voient tous les jours, à la maison, à l’école, dans la salle de classe. Depuis 4 ans on essaie d’organiser ces petites colonies de vacances, ces petites sorties éducatives et récréatives.

 

Depuis l’année dernière, on a également introduit l’éducation à l’autonomie quotidienne dans le programme. On essaye de leur apprendre des notions de bricolage, de savoir-vivre.

 

4. Les moyens sont là mais encore limités ?

 

Ces activités se sont mises en place comme ça, sans personne en particulier. En pâtisserie, les éducateurs ont eu des formations et chacun apporte un minimum. En matière d’initiation professionnelle, on travaillait en collaboration avec le Point Multiservice, l’entreprise du Président de l’association car le personnel connaît la situation des enfants et des jeunes et ils veulent bien nous aider mais nous n’avons pas fait appel à des personnes particulières.

Certains éducateurs ont eu une formation en pâtisserie. Avant de travailler ici, certains ont eu une formation en couture et acceptent de l’apprendre aux élèves.

 

Pour l’instant les locaux à 9km ne servent qu’au sport adapté car il y a une piscine, des terrains de tennis et de baskets et c’est un peu en pleine campagne. Malgré la construction d’un bâtiment, il n’est pas sûr que le CAT voie le jour.

 

5. Bilan, enseignements et évolution 

 

Ce que ces activités ont apporté ! Du plaisir !

Les jeunes sont motivés à venir ici ne serait-ce que pour partir en vacances à la fin de l’année scolaire. C’est différent maintenant car il y a des activités. Avant ils ne sortaient pas de l’école, ils venaient le matin et rentraient le soir. Ils sont plus motivés car quand on va en colonie de vacances dans ce programme il y a des sorties boîte de nuit pour les jeunes donc ça les motive.

Et même les parents sont plus motivés parce qu’ils ont un petit avant-goût de ce que leurs enfants pourraient faire plus tard. Il y a des jeunes qui sont plus habiles en pâtisserie, ou en bricolage. Parfois, les parents en ont assez de faire venir les enfants ici à cause les frais de scolarité, ce n’est pas évident pour tout le monde de payer. Ils sont également motivés car leur enfant à un autre cadre de vie.

 

On a rencontré (et on en rencontre toujours) des difficultés surtout autour du financement ne serait-ce que pour organiser des activités. On ne peut pas toujours demander aux parents parce qu’ils sont issus de milieux assez différents, leurs revenus sont différents et ce n’est pas évident de faire partir tout le monde. Pour certains ça ne veut rien dire de payer à chaque fois mais pour d’autres ne serait-ce que les frais de scolarité c’est vraiment un grand problème. A chaque fin d’année scolaire il faut trouver quelqu’un pour parrainer leur enfant pour qu’il puisse revenir l’année d’après.

 

Il y a également des parents qui ne veulent pas travailler avec nous. Une fois que l’enfant vient chez nous, nous en avons la charge et ils ne veulent pas en savoir davantage. Il y a des parents qui demandent des miracles. Quand ils viennent ici on leur demande ce qu’ils ont comme attentes.  Ils répondent qu’ils veulent que leur enfant soit guéri. On leur explique alors que le handicap mental n’est pas une maladie et qu’ils ne doivent pas attendre guérison ni miracle. A la fin de l’année scolaire, certains d’entre eux voyant leur enfant avec le même handicap disent qu’on n’a rien fait tout au long de l’année et que rien de positif  n’en ressort.

 

Je souhaiterais avec CREEVIE de pouvoir faire davantage pour ces jeunes qui sont devenus adultes. Il faudrait pouvoir les intégrer à des travaux de secrétariat, de standardiste, dans une petite entreprise dans le cadre d’un stage, même pour une semaine. Sur le terrain, ils découvrent ce qu’ils peuvent faire.

 

Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 15 - 5 = ?
Votre réponse: