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La place de l'Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) vue par une enseignante, France

  • Enfance : Intégration scolaire
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Claudine Blancou le 17/09/2010

La finalité du travail d'une AVS est de devenir « inutile ». Je m'explique, si on parle d'intégration, c'est dans l'idée que les enfants dont nous nous occupons seront un jour le plus autonomes possib

Le contexte

Deux ans de travail en pédopsychiatrie m’ont permis de mieux cerner  et donc comprendre les enfants présentant des troubles envahissant du développement. Mais je dois ajouter que j’avais commencé bien avant cette expérience à intégrer des enfants en difficultés.

J’enseignais dans l’Ecole de quartier dans Nîmes dans une classe de grande section de maternelle dont l’effectif est de 24 élèves dont 4 présentent des troubles envahissant de développement.

 

Concernant les enfants accueillis, tel est le qualificatif que nous avons donné aux enfants présentant des troubles du développement, nous comptons des enfants autistes, un enfant trisomique, un enfant mutique. Ils ont de 6 à 10 ans. 

 

L’expérience qui va être décrite ci-dessous concerne l’intégration en milieu ordinaire d’enfants présentant des troubles du développement et le rôle de l’AVS dans cette intégration.

 


Finalité du travail d’AVS

La finalité du travail d’une AVS est de devenir « inutile ». Je m’explique, si on parle d’intégration, c’est dans l’idée que les enfants dont nous nous occupons seront un jour le plus autonomes possible, donc qu’à un moment donné ils n’auront plus (ou peu) besoin de notre soutien.

 

Aux côtés de l’enfant, l’AVS doit être une interface, un tuteur, un médiateur. L’interface, c’est la personne qui reçoit l’information d’un côté et qui la rend intelligible de l’autre. Le tuteur est celui qui se tient « à côté de »,il ne fait pas le travail à la place de l’enfant. Le médiateur est celui qui intervient quand la relation à l’enseignant ou aux autres enfants devient difficile.

Mes attentes en tant qu’enseignante concernant le travail de l’AVS : qu’elle soit attentive aux réactions des enfants de la classe de façon à anticiper ensemble le travail ; qu’elle fasse preuve de doigté de façon à stopper une crise éventuelle en éloignant momentanément l’enfant en difficulté ou en contournant la difficulté. Elle ne doit en aucun cas devenir enseignante, elle a un rôle différent, très important et difficile par la subtilité qu’il demande.
 

Le quotidien d’une AVS

L’AVS doit permettre à l’enfant en difficulté de rester centré sur la parole de l’enseignant et ensuite pouvoir mettre en application les notions abordées. L’AVS partage tous les moments de la classe et doit être prête à éloigner un ou des enfants qui s’agitent (accueillis ou accueillants). Elle est là aussi pour détecter les affinités éventuelles entre différents enfants et en favoriser l’expression. 

 

 


L’AVS doit tendre à instaurer une distance entre elle et l’enfant dont elle a la responsabilité toujours dans le but de favoriser l’autonomie.


 

Il est utile de définir le partage des rôles entre AVS et enseignante. Il doit y avoir une communication constante et sans faille de façon à corriger les orientations, adapter des comportements en fonction du vécu de tous les enfants de la classe.

 

Les moyens

Concernant ma propre expérience, je n’ai eu besoin que du soutien (inconditionnel je dois le dire) de mes collègues de travail, mais je pense que pour certains troubles spécifiques des ordinateurs ou des logiciels particuliers pourraient être nécessaires.

 

L’évaluation

Les satisfactions de chacun :

-          L’intégration bien comprise est satisfaisante à plus d’un titre pour tous les enfants de la classe, mais la préparation à une vie citoyenne de qualité me paraît être la plus importante.

-          Rendre à un enfant en devenir sa pleine dignité reste ma plus grande satisfaction. Voir s’épanouir des qualités cachées m’a enthousiasmé.

-          Je ne peux répondre à la place des différentes AVS que j’ai rencontré, mais chaque fois j’ai trouvé des personnes en recherche de la bonne place et de la meilleure efficacité.

 

La difficulté première est le manque de formation des AVS. La deuxième est la complexité des contrats qui ne sont pas toujours reconduits ou qui se terminent en cours d’année scolaire.

Les AVS ne peuvent intervenir qu’auprès des enfants dont l’intégration est cohérente avec un projet global adapté au trouble. Il est hors de question de demander à une AVS de se substituer à une équipe soignante.

 

L’évolution indispensable de mon point de vue est une professionnalisation des AVS. Pour motiver des personnes pour cette entreprise il faut que le statut de cette profession exigeante soit pérenne.

 

Langue d'origine : Français
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