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Accueil Centre d'Aide Intégré par le Travail C.A.I.T. La Source, Antananarivo, Madagascar En route vers l'autonomie et l'intégration sociale et économique grâce au CAIT La Source ! Antananarivo, Madagascar
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Centre d'Aide Intégré par le Travail C.A.I.T. La Source, Antananarivo, Madagascar
  • IVL 24 H Bis Anosivavaka Ambohimanarina 101 ANTANANARIVO Madagascar
  • +261 34 76 491 92 / 33 02 505 15
  • ramasinoronirina@nullyahoo.fr
  • Daniela RAMASINORO
  • ramasinoronirina@nullyahoo.fr


En route vers l'autonomie et l'intégration sociale et économique grâce au CAIT La Source ! Antananarivo, Madagascar

  • Santé : Handicap mental
  • Afrique : Madagascar
  • Fiche d'expérience

Par Daniela RAMASINORO le 09/02/2012

Le Centre d'Aide Intégrée par le Travail accueille et forme des jeunes en situation de handicap mental de 6 à 32 ans pour qu'ils développent leurs capacités actuelles et en développent des nouvelles.
  1. Le contexte
 
Le Centre d’Aide Intégrée par le Travail (C.A.I.T.) « La Source » a ouvert ses portes dans les années 90 à Anosivavaka Ambohimanarina, un quartier de la capitale. Il accueille 29 enfants, adolescents et jeunes en situation de handicap mental, âgés de 6 ans à 32 ans. L’objectif de cette structure d’accueil et de rééduquer et former ces jeunes afin qu’ils puissent atteindre un niveau d’autonomie suffisant pour être socialement et économiquement intégrés au sein de la société malgache.
 
L’équipe d’accompagnement et d’encadrement est constituée de 12 personnes, dont quatre éducatrices et deux moniteurs d’ateliers. Elle comprend également du personnel affecté aux responsabilités annexes du Centre, telles que la cuisine pour la cantine, le ménage, etc., une psychomotricienne, une assistante sociale, et une coordinatrice qui supervise la globalité des activités.
 
Le CAIT est membre de l’Union Nationale des Associations pour les Personnes Handicapées Mentales à Madagascar (UNAPHAM), fédération présidée actuellement par l’ONG des Orchidées Blanches. Elle est également liée au bureau national de Handicap International à Madagascar.
 
 
  1. Un centre d’apprentissage à l’autonomie
 
Le handicap mental est encore méconnu et très peu pris en charge à Madagascar. Souvent, les enfants et jeunes qui sont dans cette situation sont cachés par leur famille aux yeux de la société. Ils n’ont donc aucune part à la vie sociale, et les familles, très peu conscientes des capacités que présentent pourtant ces enfants, ne cherchent pas non plus à travailler à leur épanouissement, ni a mettre en œuvre des activités ou des moyens pour les accompagner dans leur développement comme ils le feraient pour leurs autres enfants non handicapés. Ils sont ainsi totalement délaissés, livrés à eux-mêmes, et leurs besoins sont ignorés, même de la part de ceux qui ont la responsabilité de prendre soin d’eux.
 
Parfois, les jeunes en situation de handicap mental sont scolarisés dans le cursus ordinaire, et ils sont orientés vers l’équipe par des professeurs ou des médecins après que ces derniers aient identifiés chez eux des besoins différents de ceux des autres enfants. Souvent, c’est à l’équipe du CAIT, et notamment à l’assistante sociale, d’effectuer les démarches pour retrouver ces enfants, adolescents et jeunes, en allant à la rencontre des autorités communales de la capitale et des familles. C’est ce qui arrive dans la plupart des cas : le CAIT va chercher les enfants qui ont été dissimulés aux yeux des autres pour appuyer l’insertion de ces jeunes. Il s’agit d’alléger les charges des parents, mais aussi de permettre aux jeunes, à l’avenir, d’être le plus indépendant possible en développant leurs capacités et à en acquérir de nouvelles au sein de l’établissement, grâce aux diverses activités proposées.
 
 
  1. Le fonctionnement
 
Le CAIT possède le même fonctionnement qu’un centre d’activités de jour. Les journées commencent à 8h30 et finissent à 16h30 avec une pause déjeuner qui commence à 11h30 entre chaque demi-journée.
 
Les personnes accueillies sont réparties dans quatre sections suivant leur niveau d’autonomie et leurs capacités à l’arrivée dans le Centre. La répartition ne se fait donc pas suivant les tranches d’âge. Les placements sont individualisés, afin d’assurer le meilleur accompagnement possible pour les jeunes. Dans la première section, les jeunes vont apprendre à effectuer seuls les gestes de base de la vie quotidienne (se coiffer, s’habiller, manger seul, etc.), vont participer à des activités d’éveil intellectuel avec des ateliers musicaux et artistiques. Dans les sections les plus avancées, les jeunes effectuent des tâches plus élaborées et plus complexes. Ils apprennent à lire ou à écrire et ont accès à la scolarisation de base, et participent aussi a des ateliers professionnalisants en cuisine, pâtisserie et/ou couture. Au fil des progrès et de l’acquisition en autonomie, les jeunes passent d’une section à l’autre. Cette dernière classe est la porte de sortie du Centre vers l’intégration dans la société !
 
 
  1. Les moyens
 
Le Centre effectue une enquête au sein des familles des jeunes accueillis en début d’année scolaire pour déterminer si les parents ont ou non les moyens de payer les droits d’inscription. Si ce n’est pas le cas, l’enfant est inscrit sur une liste d’attente pour parrainage, tenue par le Centre, et qu’elle croise avec une liste de parrains en Angleterre qui sont en attente de filleul(le). Le parrainage dure toute l’année scolaire. Les frais d’inscription et le parrainage sont des moyens financiers qui permettent de couvrir une partie des besoins les plus importants et des dépenses du Centre.
 
En dehors de cela, les moyens sont maigres. L’établissement ne bénéficie pas d’aménagements financiers de la part de l’état, malgré son statut d’institution sociale. Elle reçoit cependant de l’aide d’acteurs étrangers, tels que le Consulat de Monaco, l’Ambassade du Japon, et un soutien en termes de formations pour le personnel et les éducateurs de la part de l’association Handicap International.
 
 
  1. Retours et perspectives
 
Mme Daniela, la coordinatrice, nous explique le sentiment de fierté et de satisfaction qu’elle ressent en voyant les progrès des enfants « Au fil du temps passé au Centre, ils gagnent en autonomie et développent leurs capacités, par exemple en communication. J’ai en tête deux jeunes qui ont particulièrement bien réussi à s’insérer dans la vie sociale de notre pays : l’un travaille actuellement en tant qu’agent d’accueil de jour dans un hôtel, et l’autre au sein d’un Ministère. Ils sont suivis par une assistante sociale qui les revoit régulièrement et rencontre aussi leur(s) supérieur(s) hiérarchique(s) et/ou employeur pour s’assurer que l’expérience professionnelle se déroule bien pour chaque partie ».
 
Des difficultés se posent en revanche sur le plan financier. Même si les parrainages permettent aux familles les plus démunies d’envoyer leur enfant au CAIT, la liste des enfants en attente de parrainages s’allonge et celle des parrains se raccourcit. Actuellement, le Centre est en recherche active de bonnes volontés qui ont à cœur de soutenir ces enfants. Une autre difficulté concerne cette fois l’implication des parents, jugée trop insuffisante. Un trop grand nombre d’entre eux ne se préoccupe pas du développement de leurs enfants, ne voyant en eux qu’un handicap difficile à accepter, et ne cherchant pas à voir des capacités qui ne demandent qu’à être révélées.
 
Fort de 22 années d’existence, le CAIT a de nombreux projets pour l’avenir. Mme Daniela nous partage un de ces souhaits, motivé par une expérience personnelle : « J’ai adopté une petite fille trisomique, que j’élève comme ma propre fille avec mes autres enfants. Elle est orpheline de père et de mère et n’a donc plus de famille. Il y a d’autres enfants comme elle, et aujourd’hui, le fait de ne pas pouvoir offrir de résidentiel à ces enfants et ces jeunes et l’une de nos faiblesses. Je souhaiterai qu’à l’avenir, le CAIT puisse ouvrir une annexe ou un autre bâtiment dédié à l’hébergement en internat, pour les enfants handicapés qui n’ont plus de famille. »
Langue d'origine : Français
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