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Accueil Centre d'Education et de Formation pour Déficients Intellectuels (CEFDI) Depuis 1980, le CEFDI, un centre public permet à des enfants déficients intellectuels de recevoir gratuitement un enseignement spécialisé, Dakar, Sénégal
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Centre d'Education et de Formation pour Déficients Intellectuels (CEFDI)
  • sis Centre Talibou dabo Grand Yoff ----- Dakar Sénégal
  • +221776154040
  • ndecky.dominique@nullyahoo.fr
  • Dominique Ndecky
  • ndecky.dominique@nullyahoo.fr
  • Centre d'Education et de Formation pour Déficients Intellectuels (CEFDI)


Depuis 1980, le CEFDI, un centre public permet à des enfants déficients intellectuels de recevoir gratuitement un enseignement spécialisé, Dakar, Sénégal

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Sénégal
  • Fiche d'expérience

Par Dominique Ndecky le 25/03/2014

Le CEFDI n’est pas une école de proximité, c'est l’unique structure de prise en charge publique d’enfants ayant une déficience intellectuelle, un handicap de développement ou atteints d’un trouble envahissant du développement à tendance autistique .

 

  1. Le contexte

 

Historique

Après des démarches  infructueuses de plusieurs années pour créer avec des parents un établissement pour  enfants déficients  intellectuels, Madame Ali  Kramer, épouse  de l’ambassadeur des Pays Bas au  Sénégal finit par poser le problème à Monsieur André SONKO, ministre de l’éducation de l’époque qui accepta d’insérer  dans le système éducatif  l’éducation  spéciale des personnes vivant avec un handicap mental.  Cette expérience  a débuté en 1997 au Centre Verbo tonal.  Elle sera transférée en 2004 dans ses propres locaux à Grand-Yoff. Le CEFDI est actuellement le seul centre public d’enseignement à destination des enfants déficients intellectuels.

Présentation

 Le centre d’éducation  et de formation pour déficients intellectuels (C.E.F.D.I) se compose d’un bâtiment  de trois salles de classe,  d’un bloc de toilettes et d’un bloc administratif de trois pièces, donc le CEFDI est très pauvre en infrastructures pour une forte demande d’inscriptions.  

Cibles

 Le CEFDI s’occupe des enfants déficients intellectuels âgés à partir de 4 ans,  tous types confondus. On y trouve  des trisomiques, des psychotiques,  des Infirmes moteurs cérébraux, des épileptiques, des autistes, des microcéphales, hydrocéphales, des séquelles de convulsions retards, de traumatismes crâniens et ceux de causes inconnues.

Le nombre d’enfants fréquentant le centre est actuellement d’environ 130. La limite d’âge est celle de la fin de scolarisation, à savoir 18 ans.

Le troisième niveau pour l’enseignement professionnel prévu n’est pas encore pris en compte par manque d’ateliers de formation. Arrivés à ce stade, les enfants sont remis aux parents sans avoir pu terminer le processus de prise en charge, selon notre point de vue.

 

  

  1. La finalité du CEFDI

 

Au CEFDI, nous avons compris que ces  enfants même mal nantis au départ peuvent être épaulés et assistés aussi longtemps que nécessaire pour pouvoir accéder à une certaine liberté et à une certaine autonomie.

Si notre objectif est la scolarisation de l’enfant, il s’agit aussi de contribuer à la promotion et à leur intégration sociale grâce à une prise en charge spécialisée et adaptée à leur état mental et intellectuel.

Une de nos finalités est d’être les défenseurs de la cause de l’enfant déficient intellectuel. En effet de tous les enfants handicapés, le déficient intellectuel ou mental est le plus mal loti.

Partout, nous saisissons l’occasion pour expliquer au peuple sénégalais ce qu’est un enfant handicapé mental, et ce qu’on peut faire avec lui.

 

  1. La mise en œuvre, le déroulement

 

Les enfants sont amenés à l’école par les parents ou les proches. Nous n’avons pas encore de moyen de transport. Souvent c’est un facteur d’échec de la scolarisation pour les parents les plus démunis.

 

Notre programme d’éducation se fait à travers des activités telles que :

  • La socialisation, l’apprentissage des bonnes habitudes, la propreté et l’autonomie
  • Le langage et la communication, exercices de correction orthophonique et langagière
  • Le corps : l’activité physique et psychomotricité fine ou globale
  • La cognition et les activités logico mathématiques
  • Le graphisme, les activités manuelles et l’expression artistique
  • La guidance parentale
  • Le suivi médical

Deux piliers constituent le socle de notre démarche :

 La scolarisation : c’est le volet pédagogique. Le CEFDI est également appelé Ecole des Déficients Intellectuels. A travers des classes tenues par des enseignants, nous appliquons le programme d’alphabétisation d’instruction de l’Etat comme les autres écoles, mais avec une démarche particulière pour répondre aux capacités d’assimilation et de progression de nos enfants.

L’approche inclusive : le CEFDI est certes une structure d’Education générale mais nous adhérons fortement à l’approche inclusive dans l’esprit conclusion et Jomtienne et Salamanque pour éviter « la ghettoïsation » de nos enfants. L’enfant ne doit passer au centre que le temps qu’il  faut pour déclencher en lui l’élan nécessaire pour continuer ailleurs ses études ou sa formation professionnelle.

 

Une initiation préprofessionnelle est assurée dans l’optique d’un futur métier. Par des activités manuelles, on apprend à l’enfant à produire une œuvre utile ou artistique. Mais ce n’est pas une véritable formation profesionnelle. 

 

  1. Les moyens dont vous disposez 

 

  • sur le plan des ressources humaines

L’équipe pédagogique compte huit éducateurs dont le directeur pour la coordination des activités.

 Le personnel d’appoint compte 5 membres (femme de charge, AVS, cuisinière, 2 gardiens)

Nous sommes loin de la norme qui voudrait que deux éducateurs encadrent une classe de 15 élèves.

Nous avons développé avec des centres de santé un partenariat pour le suivi de nos élèves.

  • sur le plan financier, technique et matériel :

Bien reconnu par le Ministère de Education National à travers l’arrêté de création qui rattache le CEFDI à la DEE, le Centre n’est pas encore très outillé pour la prise en charge entière d’une personne vivant avec le handicap intellectuel. Le budget de fonctionnement qui reste très insuffisant pour cette prise en charge globale et très couteuse, est basé sur :

  • Les frais d’inscription (5.000fr CFA par enfant).
  • Les cotisations mensuelles de 1.000fr  par membre de l’APE.
  • Aides de  bonne volonté.

Les parents des enfants participent à la gestion de l’établissement par l’intermédiaire de leur association : l’Association Sénégalaise des Parents d’Enfant Déficients Intellectuels (ASPEDI) dont le siège sociale est le centre même. L’ASPEDI a joué un rôle central dans l’histoire du centre. Elle s’est levée pour dire « non » à la mise à mort du projet en 1997.

    Elle cotise et cherche des fonds pour palier le défaut de budgétisation de l’Etat. Elle organise des fêtes et des sorties pour les enfants. Elle est une actrice éminente dans l’action de lobbying et de plaidoyer. Chaque parent assure également le transport de son enfant puisque nous n’avons pas encore de car de ramassage

 

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

De nos jours le CEFDI est une réalité dans le système éducatif dakarois. Nous sommes respectés et invités dans les grandes rencontres du MEN où notre voix est attendue et entendue.

L’enfant Déficient Intellectuel est mieux connu et le regard qu’on lui  porte a changé positivement. Dans la population dakaroise on le voit : élève en uniforme, apprenti dans un atelier, ou sportif participant aux compétitions nationales et internationales (SOS).  Les parents sont libérés, plus confiants et portent eux aussi un regard moins angoissant sur leur enfant. Ils se sentent soutenus, compris, accompagné dans leur action parentale.

 

Le travail de soutien, de conseil fait en direction des familles aide les parents à se soulager le plus possible de l’énorme fardeau que constitue le fait de s’occuper d’un enfant handicapé.

 

Les difficultés principales restent liées aux moyens dont dispose le centre. La gratuité attire les plus démunies des familles. Mais lorsqu’elles sont obligées de renoncer à la scolarité de leur enfant à cause des transports, cela nous fait regretter amèrement l’absence d’un véhicule. De même le manque de locaux nous empêche d’aller au bout de notre travail en assurant une formation professionnelle. Pour les familles qui n’ont pas de ressources pour l’avenir de leur enfant, il arrive que nous le retrouvions à mendier dans la rue.

Néanmoins depuis la création du centre 361 enfants ont été inscrit sur la prise en charge. La demande dépasse de 100 fois notre capacité d’accueil. Nous accueillons largement les filles aussi bien que les garçons, contribuant à l’égalité sur le genre.

Nous comptons donc sur l’évolution des mentalités allant de paire avec l’allocation de notre ministère de tutelle pour arriver progressivement à une éducation de qualité pour tous et jusqu’à la formation professionnelle. 

 

 

Langue d'origine : Français
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