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Comment un séjour professionnel à l'étranger permet de changer l'image de la personne handicapée ?

  • Travail et activité : Travail adapté
  • Europe : France
  • Témoignage

Par ESAT de Valognes le 13/07/2012


En septembre 2010, un groupe constitué de 12 travailleurs et de 2 membres du personnel (moniteur d’atelier et éducatrice spécialisée) appartenant à l’ESAT de Valognes ont effectué un séjour de découverte professionnelle de 5 jours en Allemagne. Le projet de « jumelage » avec un ESAT à l’étranger s’est concrétisé par le partage d’expériences professionnelles et culturelles avec le Lebenshilfe de Celle, en Basse-Saxe.

Dans un ESAT, les personnes accueillies, dans la représentation de la société et parfois de leurs propres familles, sont d’abord des personnes handicapées, avec tous les clichés qui leur collent à la peau (personnes non productives, souvent sous traitement médical invalidant, bruyantes, instables..). A l’ESAT de Valognes, un travail très important a été réalisé pour qu’elles soient, avant tout, des travailleurs, sachant se comporter comme tels, en particulier dans la relation avec la clientèle. L’identité professionnelle a donc été travaillée pour améliorer l’image que les personnes atteintes d’un handicap ont d’elle-même.
Un séjour à l’étranger permet également de changer le regard que le travailleur handicapé porte sur lui-même et que son entourage porte sur lui.
 
Le déplacement dans un pays autre permet de se regarder d’un autre point de vue que celui dans lequel on se situe d’habitude (dans un lieu de travail destiné aux « handicapés », dans un séjour de vacances adapté aux personnes handicapées).
En Allemagne, les travailleurs de l’ESAT se sont d’abord présentés comme de nationalité française, ce qui pour la plupart, était une première. Se présenter comme venant d’un autre pays est une grande source de valorisation personnelle. On se sent plus important, plus grand, plus fort, par le fait d’être différent, d’être d’ailleurs. La distance parcourue (1200km) révèle chez les participants une capacité à s’aventurer dans un espace géographique très élargi et inconnu.
 
Les participants au séjour se sont dits travailleurs d’un établissement qui ressemble fort à une entreprise, qui est structuré comme telle avec des horaires de travail, un règlement intérieur, une production diversifiée, des outils de travail, ….Ils ont été contents de présenter l’organisation de leur travail d’autant plus qu’elle était plus proche de celle du milieu ordinaire de travail que celle de l’établissement d’accueil.
  
Les travailleurs handicapés ont pu aussi parler de leur vie sociale qu’ils ont construite en fonction de leurs capacités ou des opportunités. J. vit en appartement seul en semaine et rentre en famille le week-end. S. vit à l’année dans un studio, avec son petit ami. Un travailleur explique qu’il pratique des activités sportives. Son collègue se vante de pratiquer le djembé ou la danse, ou de partir en séjour de vacances.
Le fait de communiquer avec des personnes très éloignées, géographiquement et culturellement (non partage de la même langue, des mêmes habitudes de vie…) incite à parler de soi et permet de se voir différent des autres, et de trouver une valeur à sa façon de vivre. Cet exercice d’identification est source d’estime de soi, de valorisation personnelle.
Le regard porté par les allemands sur notre groupe a permis aux travailleurs de se voir autrement. Le handicap n’était plus le premier critère d’identification comme il peut l’être très souvent dans la vie quotidienne des personnes, en particulier dans la sphère familiale.
Ils étaient les français qui avaient roulé toute la nuit pour venir jusqu’à eux ; ils étaient arrivés les bras chargés de cadeaux pour la plupart confectionnés par eux-mêmes ; ils ont offert un repas français préparé par leur soin (photo ci-dessous) ; ils avaient appris quelques mots d’allemands pour être capables de saluer et de remercier….
 
Au retour du voyage, certains parents ont été étonnés de la capacité d’adaptation de leurs enfants et valorisé en quelque sorte qu’ils puissent aussi accéder à des expériences auxquelles tout le monde n’accède pas. Culturellement, pour la plupart des familles des travailleurs, partir en vacances à l’étranger est un privilège rare et une marque d’autonomie, de capacité à s’adapter.
Les travailleurs ont donc ressenti une certaine admiration de la part de leurs parents mais aussi de leurs collègues (tous n’étaient pas candidats au « grand voyage »).
 
On sait combien pèse le poids des représentations, des clichés sur l’évolution personnelle des individus. Certains travailleurs souffrent d’être sous-considérés à cause de leur déficience intellectuelle. Pourtant dans la vie, tout ne repose pas sur des compétences cognitives. Il existe bien des domaines où les barrières peuvent tomber et où les « citoyens différents » peuvent trouver leur place.
Les personnes handicapées doivent se libérer de ce carcan d’impossibles et ouvrir leurs yeux sur tout ce qu’il est possible de réaliser dans une vie si l’on se voit autrement. Et pour réussir à se voir autrement, il faut faire des rencontres, des expériences, regarder autour de soi. Il faut faire l’effort de refuser la routine, le tout joué d’avance.
Pour elles-mêmes comme pour leur entourage, nous devons encourager et aider les personnes handicapées qui le souhaitent à aller au bout de leurs projets.
 
Colette Talémi,
Educatrice spécialisée à l’ESAT de Valognes
  
 
E.S.A.T.
Etablissement et Services d’Aide par le Travail
Espace d’activités d'Armanville
BP 302 - 50700 Valognes
02.33.95.40.60  02.33.95.40.69
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Langue d'origine : Français
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