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Accueil L'Elan Retrouvé Un service expérimental visant à favoriser l'insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap psychique, le SAIPPH, Paris, France.
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Un service expérimental visant à favoriser l'insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap psychique, le SAIPPH, Paris, France.

  • Travail et activité : Activités de jour
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Muriel Furbury le 09/05/2011

Le SAIPPH (Service d'aide à l'insertion professionnelle des personnes handicapées) est un service médico-social de l'Association l'Elan retrouvé, active depuis 1948 dans le domaine de la psychiatrie..

Contexte et finalité

 

Le SAIPPH (Service d’aide à l’insertion professionnelle des personnes handicapées) est un service médico-social de l’Association l’Elan retrouvé, active depuis 1948 dans le domaine de la psychiatrie et de la réhabilitation psychosociale.

 

Le SAIPPH est situé 42-52rue de l’aqueduc, dans le 10ème arrondissement de Paris, métro Stalingrad.

 
                                         

 

Il s’agit d’un service expérimental né d’une demande de la DDASS, ayant pour objectif de prendre en charge :

 

-          des personnes travaillant en ESAT souhaitant intégrer le milieu ordinaire (axe 1);

 

-          des personnes venant d’avoir la reconnaissance de travailleur handicapé et souhaitant travailler en milieu protégé (il s’agit là d’un accompagnement dans la recherche d’ESAT) (axe 2)

 

Lors du montage du projet avec nos partenaires, en particulier la MDPH de Paris, il est apparu important d’inclure un troisième axe : les personnes qui sont suivies en psychiatrie, soit dans un hôpital de jour, soit dans un Centre médico-psychologique.

 

Notre service accueille environ 80% de personnes en situation de handicap psychique, principalement schizophrènes. Les autres personnes accueillies sont en situation de déficience intellectuelle. Il dispose d’une file active de 190 places (agrément ARS), cela revient à recevoir en réalité près de 300-350 personnes chaque année. La moyenne d’âge est de 39 ans.

 

La population est très diverse. Par exemple, de nombreuses personnes ont vécu des expériences traumatisantes en milieu ordinaire. D’autres ont fait plusieurs petits boulots, mais ont dû arrêter en raison de leur maladie. Certaines personnes sont longtemps restées dans les emplois protégés de la Fonction publique (La Poste, Mairie de Paris).

 

D’autres n’ont au contraire jamais travaillé. Souvent, la maladie est apparue à l’adolescence ou pendant les études supérieures, ce qui a obliger la personne à arrêter tout ce qu’elle avait entrepris, afin de pouvoir se soigner.

 

Mise en œuvre

 

-          Axe 1 : il s’agit de l’intégration en milieu ordinaire. L’ESAT nous interpelle, puis nous travaillons avec lui.

 

-          Axe 2 : Il s’agit des personnes ayant obtenu une orientation de la MDPH afin de travailler en milieu protégé. Ces personnes appellent, nous remplissons une fiche déclinant leur identité, leur parcours professionnel et exposant leurs souhaits, leurs envies. De plus, il est obligatoire de nous fournir les coordonnées du psychiatre chargé du suivi de la personne, afin que notre médecin coordinateur puisse disposer de toutes les données médicales qui lui seront nécessaires.

 

En effet, pour pouvoir travailler, lorsque l’on souffre d’un handicap psychique, deux choses se révèlent primordiales:

 

- Avoir un cadre et un suivi thérapeutique. Si la personne n’est pas suivie par un médecin, elle ne pourra pas travailler de façon pérenne. Il faut qu’une structure médicale continue à suivre la personne, peu importe sa forme (il peut s’agir d’un médecin libéral, d’un hôpital de jour…)

 

 

- Avoir une certaine stabilité sociale (un cadre, un minimum de logement)

 

Sans ces deux éléments, l’insertion professionnelle est souvent impossible.

 

Le parcours type d’une personne souhaitant travailler en milieu protégé peut se résumer à cela : la personne vient en entretien individuel, participe aux groupes, fait son choix, visite plusieurs ESAT et si le stage  lui plait, elle intègre l’ESAT. La préparation est donc primordiale. Ensuite, c’est un travail de maintien dans l’emploi qui est effectué.

 

L’intégration en milieu ordinaire est bien entendu plus compliquée, car il existe une véritable méconnaissance du handicap psychique. Les personnes sont rarement embauchées, et lorsqu’elles le sont, il s’agit surtout de postes dans la restauration collective, ou dans des structures à taille humaine, où le côté humain et relationnel est présent. Mais l’accompagnement dans le milieu ordinaire reste compliqué.

 

Les groupes de parole mis en place au sein du service se révèlent très utiles. Nous y effectuons des activités de mise en situation, à travers lesquelles les personnes peuvent obtenir des réponses pour se sortir de telle ou telle situation stressante, perturbante.

Le travail du service est également d’accompagner les personnes nécessitant encore des soins vers les structures adéquates. Par exemple, le service travaille en lien avec les SAVS et SAMSAH.

 

 

 

Les moyens

 

-          Au plan humain, 8 personnes travaillent dans le service, à savoir un psychologue, 5 chargés d’insertion à temps plein, une secrétaire et la chef de service.

 

-          Au plan financier : le service bénéficie d’une dotation globale de l’ARS et de financement provenant des entreprises qui prennent en charge les formations des travailleurs handicapés. Mais il s’agit là d’une pente très descendante ! Si ces entreprises ont signé des accords d’entreprise et peuvent nous donner une petite partie de ces sommes, trouver des fonds n’est jamais chose aisée, sans compter que nous n’avons aucun donateur privé.

 

 

Evaluation

 

Ce service expérimental montre son utilité en laissant la possibilité aux personnes qu’il reçoit de prendre leur temps et de réfléchir à leur avenir. Les personnes peuvent ainsi se positionner sur la question du travail :

 

-          Ont-elles vraiment envie de travailler ?

-          Se sentent-elles capables de surmonter leurs difficultés psychiques ?

 

Le service leur permet de se lancer dans un réel processus de réflexion personnelle : réfléchir à ses capacités, à son projet de vie. Certaines prendront conscience qu’elles ne peuvent pas travailler, d’autres s’engageront dans une formation, des stages, afin de se remettre à niveau.

 

Nous sommes  obligés de travailler en amont avec les structures de soins, les structures médico-sociales, la MDPH et en aval avec le CAP emploi, les ESAT, les entreprises ordinaires. Nous avons un rôle central et tisser le lien entre ces diverses structures est parfois très long, car il s’agit de créer un véritable réseau de partenariat.

 

 

 

 

 

Ce travail est lourd, en partie à cause de la méconnaissance réciproque des milieux. Par exemple, les équipes de soins ne connaissent pas le monde du travail et inversement. Il est donc primordial d’établir une meilleure articulation afin de gagner en efficacité et de garantir un suivi continu de la personne.

 

 

Langue d'origine : Français
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