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Accueil EHPAD NOTRE MAISON ARMEE DU SALUT Notre maison, un établissement pour personnes âgées dépendantes, joue la carte de la mixité en accueillant 6 personnes handicapées vieillissantes. La Mothe Saint Héray, France
Pour aller plus loin
EHPAD NOTRE MAISON ARMEE DU SALUT
  • Rue des Grands Murs 79800 La Motte Saint-Héray France
  • 0549050038
  • notremaison@nullarmeedusalut.fr
  • Maryse Trouvé
  • mtrouve@nullarmeedusalut.fr


Notre maison, un établissement pour personnes âgées dépendantes, joue la carte de la mixité en accueillant 6 personnes handicapées vieillissantes. La Mothe Saint Héray, France

  • Résidentiel : Accompagnement
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Maryse Trouvé le 28/12/2016

Intégrée depuis le 1er janvier 2013 au réseau de la Fondation de l'Armée du Salut, Notre Maison est une maison de retraite médicalisée implantée depuis les années 1950 à la Mothe-Saint-Héray, une commune à mi-chemin de Poitiers et de Niort. Plus de 80 personnes âgées dépendantes y ont leur chez-soi, dont 6 personnes handicapées vieillissantes.

1.    Le contexte

-    Où se situe l’EPHAD Notre Maison? De quels locaux disposez-vous ? L’EHPAD Notre Maison établissement de la Fondation de l’Armée Du Salut, se situe dans l’Ouest de la France sur la commune de La Mothe St Héray, entre Niort et Poitiers. Nous disposons de locaux neufs, ouverts en décembre 2014. Ces locaux pensés par les professionnels de l’EHPAD, répondent aux besoins des personnes accueillies, et à ceux des professionnels.

-    L’Armée du Salut, un mot sur son projet et la place des personnes âgées parmi les bénéficiaires …  La Fondation de l’Armée Du Salut, porteuse de valeurs humanistes et chrétiennes, réalise des accueils inconditionnels auprès de la jeunesse, du handicap, de la dépendance, du soins, et de l’inclusion. Elle est engagée sur tous ces secteurs, et porte auprès des Ministères la dynamique, l’expérience, et l’innovation du terrain. Le secteur des personnes âgées, se développe depuis plusieurs années sur toute la France. Ainsi nous atteignons 763 places ouvertes dont 25 places en accueil temporaire, 44 en accueil de jour, et 6 places pour personnes handicapées vieillissantes. La FADS investit l’évolution du secteur tant sur les territoires qu’au niveau national.

-    Combien de personnes âgées accueillez-vous ? Quelle est la moyenne d’âge ? Avez-vous un accueil spécialisé avec soins spécifiques ? L’EHAPD Notre Maison, accueille 83 personnes, la moyenne d’âge est de 85.1 ans, moyenne d’âge atténuée du fait de l’accueil des personnes handicapées vieillissantes âgées de 52 à 60 ans. Nous avons une unité Alzheimer de 14 places, un PASA de 14 places, 1 place d’accueil temporaire, une unité de 6 places pour personnes handicapées vieillissantes (PHV).   

-    Parmi celles-ci, combien de personnes ayant un handicap accueillez-vous ? Quel type de handicap ont-elles ? Les 6 personnes handicapées vieillissantes sont porteuses d’une perte physique légère à moyenne, et d’une déficience intellectuelle légère à moyenne. Elles sont issues de 2 foyers de vie ADAPEI proches. L’avancée en âge de ces personnes  conjuguée à leur perte physique, ne permettaient plus aux établissements de  poursuivre l’accompagnement de manière satisfaisante pour tous. En ce qui nous concerne la dépendance physique était totalement appréhendable par l’équipe, la déficience intellectuelle était un peu pratiquée dans l’établissement avec 4 personnes accueillies depuis plusieurs années souffrant également de déficience intellectuelle.   

Séance collage et peinture à l’UPHV
 
2.    La finalité de l’expérience

-    Dans quel contexte avez-vous été amené à créer des places pour personnes ayant un handicap dans votre EHPAD ?    Le sud du département est largement pourvu en places d’EHPAD, nous connaissons par moment dans nos établissements des difficultés à remplir nos établissements.  Le secteur du Handicap quant à lui manque de places pour les jeunes personnes handicapées. Le Conseil Départemental et l’ARS ont réalisé un appel à projet pour l’attribution de 18  places sur le sud du département avec un maximum de 6 places par EHPAD. Le conseil départemental a eu la possibilité de répondre à un besoin en réduisant ses coûts, et les établissements avaient l’opportunité de réduire le déficit de journées tout en ayant des moyens supplémentaires, certes en dessous de ce qui est attribué aux structures pour personnes handicapées, mais au-delà de ce que les EHPAD ont en terme de moyens humains. La situation n’est pas pleinement satisfaisante, mais elle a créé une nouvelle dynamique dans l’établissement par sa diversité d’accueil.

-    Quelles étaient les questions préalables posées par l’accueil de personnes ayant un handicap mental dans votre EHPAD ? les professionnels avaient la crainte d’être dans l’incapacité de pouvoir accompagner un public trop différent de ce qu’il connaissait. Il souhaitait une formation sur le handicap et son accompagnement. Les personnes âgées n’étaient pas très inquiètes elles partageaient leur quotidien avec des personnes souffrant de maladies neurodégénératives (type Alzheimer, démence sénile…).  Les familles étaient plus inquiètes, elles imaginaient que la vie serait très différente, que leurs parents seraient perturbés, dérangés par des comportements irrationnels, asociaux, que le prix de journée allait beaucoup augmenter du fait du budget supplémentaire accordé.

   Quelle était l’attente des personnes handicapées ? de leur entourage ?  les personnes handicapées vieillissantes souhaitaient vivre dans un établissement moins bruyant, prendre le temps de faire, se reposer, recréer leur lieu de vie (décoration), et bénéficier d’un accompagnement individuel comme elles recevaient auparavant.  


   

Gym douce intergénérationnelle (2 PHV)

 

 


 
3.    La mise en œuvre, le déroulement


-    A quel moment avez-vous ouvert cette unité ? Où est-elle située dans Notre Maison ? L’autorisation d’ouverture nous a été donnée fin décembre 2014 pour le 1er janvier 2015. Nous avons pris le temps après le déménagement de l’EHPAD de nous installer, de faciliter le repérage, l’adaptation des personnes âgées avant de faire entrer un nouveau « public ».  L’allée des Roses, accueille les PHV, cet espace est situé sur un petit couloir composé de 7 chambres. Afin de compléter l’unité de vie avec un public similaire, nous avons dès notre entrée dans le nouvel établissement installé dans la 7ème chambre, une personne ayant un profil proche.   

-    Quelles dispositions en termes de fonctionnement avez-vous prises pour tenir compte de la spécificité du handicap, de la différence d’âge et des représentations ? Nous avons accueilli en juin les 2 premières personnes, puis en septembre 2 autres personnes, en octobre la 5ème personne, et en février 2016 la 6ème personne. Un partenariat s’est installé avec les foyers de vie d’où provenaient les candidats. Plusieurs professionnels sont allés les rencontrer sur leur lieu de vie, puis nous les avons reçus, ces échanges se sont renouvelés plusieurs fois, au cours desquels, nous avons noté leurs habitudes de vie, leurs goûts, leurs histoires de vie, ou nous nous sommes découverts, et avons tissé des liens. Nous avons également rencontré les familles. A leur entrée, les  PHV se sont repérées assez facilement, elles ont échangé avec les personnes âgées, et ne se sont pas senties en décalage, mais plutôt à l’aise dans l’établissement, elles appréciaient la gentillesse des personnes âgées. Au début quelques personnes âgées ont retrouvé dans les personnes accueillies, les traits de « caractère » de leur enfant handicapé, ces personnes ont été aidantes dans l’intégration des PHV.  Dans un second temps nous avons eu une période plus houleuse, avec une forme de rejet certaines avaient parfois des comportements inadaptés, capricieux, ce qui pouvait correspondre à l’idée que certaines personnes ont du handicap… Il y avait également de la jalousie car les PHV bénéficiaient d’une présence et d’une attention nettement plus importante. Nous avons dû intervenir, parler du handicap, des différences, réaménager voire déplacer l’espace activités afin  qu’il y ait une « protection par l’équipe » avec des passages plus nombreux dans les lieux d’activités ou de vie collective. Nous avons également dû intervenir auprès des PHV pour parler de « l’expression débordante de leur émotion », des difficultés que l’environnement pouvait avoir à supporter cela. Chacun a fait des efforts, de contrôle de ses émotions, de ses jugements, le regard a changé, l’acception des différences est mieux gérée. Depuis plusieurs mois les relations sont bonnes, certaines PHV bénéficient d’une attention particulière, maternante des certaines personnes âgées, chacun semble se retrouver dans cette relation. La différence d’âge n’est pas un problème ni pour les uns ni pour les autres.  

-    Quelles sont les temps collectifs partagés en pensionnaires ? Quels sont les temps et les activités réservés aux pensionnaires en situation de handicap ?  les temps collectifs sont des temps de jeux de société, d’animation avec intervenant extérieur, de danse, de gym douce, de chants, de repas, de programmes TV, de musique….

Les PHV bénéficient d’activités externes, de temps d’entretien individuel régulier, d’accompagnement sur des projets individuels spécifiques. Nous avons poursuivi certaines activités menées antérieurement, et le lien avec l’ancienne structure.

L’œuvre du jour
 
4.    Les moyens dont vous avez eu besoin ?

-    Sur le plan humain : Y a-t-il un personnel dédié à cette unité ? Ont-ils reçu une formation spécifique ? Les autres membres du personnel ont-ils été sensibilisés, formés à cet accueil ? Nous avons 1,5 ETP en plus pour accompagner ces 6 personnes, ce qui couvre les matins du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h et les week-end de 14 h à 21 h 30. Le personnel recruté avait une expérience auprès des PH. Le personnel de l’établissement a reçu une formation de sensibilisation au handicap, et nous avons été aidés par le personnel de l’ADAPEI. Des échanges existent encore, mais ils sont maintenant plus orientés vers des temps de loisirs communs.  
 
-    sur le plan financier : avez-vous bénéficié de compléments de financements pour cette unité de vie ? A quelle hauteur ? Une enveloppe complémentaire nous a été octroyée, elle couvre les 1.5 ETP d’AMP, et nous ouvre un budget de 3 000 € pour des animations/activités.   

-    sur le plan technique et matériel : Avez-vous dû aménager des locaux ?  Nos locaux sont neufs et adaptés à l’accueil de personnes dépendantes, nous n’avions pas de travaux à réaliser, l’allée des roses se prêtait à cet accueil, bien que le projet n’ait pas été connu au moment de la conception architecturale.


5.    Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?


-    Comment se vit cette mixité à Notre Maison ? Comment avez-vous tourné la page de l’ancien concept de l’asile mêlant des populations indigentes et dépendantes? La mixité se vit bien, elle est réalisable à dose modérée du fait de la conception architecturale de notre établissement. Les professionnels ont appris à travailler avec ce public, et il apprécie intervenir auprès de lui.  

-    Le principal frein à l’ouverture des EHPAD aux personnes ayant un handicap est la différence d’âge ? Est-elle réelle à Notre Maison et si oui, comment cette différence se vit-elle ? Nous ne le constatons pas, ils participent aux mêmes animations, les PHV vont d’un lieu d’animation à l’autre sans souci, ce qui est moins vrai avec les personnes âgées. L’ouverture par les professionnels est moins évidente dans ce sens, ce qui peut être un frein.  

-    Quelles sont malgré tout les difficultés auxquelles vous avez à faire face ? Quelles sont les limites de cet accueil? Nous avons été attentifs au profil du public, il nous semblait nécessaire d’avoir des personnes qui se connaissaient, pouvaient se soutenir, dont les pathologies permettaient une vie commune. Nous avons dû protéger les PHV de tension, être plus présent sur les lieux collectifs en fin de journée pour discuter, rassembler, faire le lien.  

-    Quels conseils pourriez-vous donner à un autre utilisateur de Handiplanet souhaitant s’inspirer de votre action dans un contexte similaire ?
  Communiquez autour du projet, prenez le temps du recrutement du public, demandez le soutien des professionnels connaissant bien le public adressé, formez, informez. Donnez du temps aux équipes pour mettre en place le projet, et soyez présent pour partager, soutenir tous les professionnels.

 

 

Langue d'origine : Français
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