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Accueil Fondation Franco-Arménienne pour le Développement Une action de plaidoyer de la FFAD – Fondation Franco-Arménienne pour le Développement - en faveur des personnes handicapées auprès de l’Etat et des responsables politiques armeniens, Yerevan, Arménie
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Fondation Franco-Arménienne pour le Développement
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Une action de plaidoyer de la FFAD – Fondation Franco-Arménienne pour le Développement - en faveur des personnes handicapées auprès de l’Etat et des responsables politiques armeniens, Yerevan, Arménie

  • Inclusion : Citoyenneté / Transport
  • Asie : Arménie
  • Fiche d'expérience

Par Nune Balyan le 15/03/2013

La situation  en Arménie en 2009

 

Lorsque nous avons débuté notre programme, la situation en Arménie était particulièrement difficile pour les enfants en situation de handicap mental. Ils étaient marginalisés dans des écoles spéciales, il y avait un manque enorme de communication entre l'école et leurs parents. Nous avions remarqué, lors de petits projets menés dans une école spéciale que les enfants étaient la plupart du temps prostrés sans plus de contacts avec leur milieu de vie.

 

Une histoire simple, qui pose le problème

 

Comme nous réalisions un film, au cours de ce tournage, nous avons été touchés par l'histoire de H. Nous avons proposé de voir sa famille et nous nous sommes rendus chez elle pour les filmer. Lorsqu'ils nous ont vus,  ils ont été effrayés. Ils nous ont dit n’être pas prêts à revoir leur enfant, mais finalement ils se sont laissés convaincre. Nous avons donc tourné des scènes chez eux puis ramené leur enfant à l'école.  Le retour a été difficile pour lui. Il ne voulait plus quitter ses parents.

Les spécialistes de l’école spéciale nous disaient qu'ils étaient des experts, les plus capables d'assumer les besoins d'un enfant. Nous sentions qu’il y avait une rupture entre la famille et l’école qui n’était pas favorable à l’enfant, et qu’elle était due à une histoire, une approche et des représentations sur lesquelles on pouvait agir.  

 

Les différentes actions menées

 

Nous avons commencé par travailler avec ces deux groupes ; les enseignants et les parents dans les 3 écoles. Les familles se sentaient très seules car aucune association de parents d’enfants ayant des problèmes de Santé Mentale n’existe en Arménie. Ils portent leur fardeau, seuls. Après un an de rencontre nous avons organisé des réunions entre les parents et ces écoles, c'était très intéressant de les entendre se parler sans intermédiaires. La formation des groupes d’auto-support pour les parents d’enfants ayant des problèmes de Santé mentale a été le résultat de ces rencontres.

Nous avons rencontré la Commission Permanente de l’Assemblée Nationale chargée des questions de Santé, de Maternité et d’Enfance, puis réalisé trois tables rondes entre journalistes, ONG, experts, parlementaires et parents, afin de mettre les problèmes sur la table. Nous avons ensuite tenté de classer les problèmes et d’envisager des solutions.

Auparavant nous avions organisé une enquête sur un panel généralisé de la population de mille personnes portant sur leur attitude envers des enfants ayant un handicap mental. Nous avons envoyé le rapport au gouvernement.

Ensuite deux amendements législatifs prévoyant des modifications dans les lois sur ’’Les droits de l’enfant’’ et ’’L’Assistance psychiatrique’’ ont été élaborés de notre part et soumis à l’Assemblée nationale de la RA.

En parallèle nous avons rédigé un guide sur les attitudes à avoir avec ces personnes. Ce guide a été diffusé auprès des écoles, des ONG et des personnels administratifs.

Nous avons amené des enfants à la rencontre de différents publics, dans des restaurants, des universités, des entreprises. On a eu des réactions qui nous ont surpris et des questions : sont-ils dangereux, contagieux ?

Cependant comme résultat immédiat dans l’année, il y a eu 15 enfants qui ont rejoint la formation professionnelle et ont pu occuper un emploi. Cela a été très positif en particulier dans le domaine de l’artisanat.

 

 

On a aussi organisé un concours pour récompenser les articles et documentaire parus dans la presse sur le sujet. Le jury était composé de deux parents, d'un enseignant, d'un psychiatre d’un avocat et un représentant de la Fondation.

 

Les personnes impliquées dans cette action

 

L'équipe était composée au total de 11 personnes, des éducateurs psychologues, travailleurs sociaux, un juriste. Ces personnes ont travaillé trois ans sur ce programme. Au début nous étions six, puis ce sont rajoutés cinq autres dont des parents et des enseignants. La Fondation Franco Arménienne de Développement et l'Union Européenne ont financé ce programme à hauteur de 112211 €.

 

Evaluation et enseignement

 

Bien que l'Etat ait ratifié de nombreuses réformes législatives, néanmoins les mécanismes d’application et les services fournis sont encore loin des résultats attendus.

Un mouvement s'est amorcé certes avec pour finalité l'emploi des personnes avec des handicaps mentaux. Mais l’Arménie est un nouveau pays qui n'a que 20 ans.

Les principales difficultés restent dans la représentation du handicap mental. Il reste encore un tabou. Si un enfant a un problème mental, toute la famille se sent coupable. Sa famille le cache car la société le montre du doigt et la stigmatise.

Il y a aussi un grand travail à faire pour informer les familles et les professionnels sur les différences entre la déficience intellectuelle et la maladie mentale.

J'ai cependant de bonne raison d'espérer. Nous sommes partis bien  loin du système soviétique et de nombreuses réformes législatives depuis ont été engagées. Les approches et les représentations évoluent et se modifient au fur et à mesure. 

 

Langue d'origine : Français
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