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« Vivre la mixité », une réalité à la résidence du Cairn ouverte aux jeunes travailleurs, dont certains ont une déficience intellectuelle, Pau, France

  • Résidentiel : Vie autonome
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Marianne Paparemborde le 04/04/2016

Considérant que le foyer d’hébergement “traditionnel” peut être un frein à une certaine autonomie de la personne atteinte d’un handicap, l’association a fait le choix d’un logement plus individualisé tout en garantissant aux résidents et à sa famille une certaine sécurité, l’autonomie et l’intégration passant notamment par un rapprochement avec d’autres jeunes résidents, d’un foyer de jeunes travailleurs.

 

  1. Le contexte

 

La résidence Cairn se situe au centre ville de Pau. Construite par le bailleur social Habitelem, elle a été investie d’abord par les résidents de l’Association ‘Habitat Jeunes Pau Pyrénées’, des jeunes travailleurs en juillet 2012 puis par les résidents de l’Association ‘Vivre-en-Ville’, présentant une déficience intellectuelle en septembre 2012. Cette opportunité d’implantation a été cherchée et voulue par l’Association ‘Vivre-en-ville’ pour favoriser l’inclusion dans la Cité.

 

L’association, créée en 2007 est issue d’un groupe de parents ayant eu volonté de réfléchir sur le devenir de leurs enfants à l’âge adulte.  Leur souhait était de leur permettre une certaine autonomie tout en participant dans un petit collectif.

‘Vivre-en-Ville’ s’est donc rapprochée de Habitelem pour promouvoir à Pau une résidence mixte de 30 logements associant des jeunes travailleurs suivis par l’Association ‘Habitat jeunes Pau Pyrénées’ et des travailleurs en situation de handicap, suivis par ‘Vivre en ville’.

 

Les résidents admis par ‘Vivre-en-ville’ ont tous une déficience intellectuelle provenant essentiellement de la trisomie 21 ou d’autres maladies génétiques comme Par exemple le syndrome  Prader Willy, cardiopathie ou de dysharmonie... Ils ont entre 28 et 45 ans, la majorité se situant vers la trentaine.

 

Pour être admis, l’orientation de la MDPH est nécessaire en foyer d’hébergement (Maison des personnes handicapées),  être autonome dans les transports, avoir un travail, et ne pas présenter de troubles de comportement. Tous travaillent en journée en ESAT. L’un d’entre eux travaille en  milieu ordinaire.  

 

 

 

  1. La finalité de l’expérience

 

 

Une des raisons qui ont poussé les parents à promouvoir ce projet était de leur proposer un mode d’habitat qui leur permet de rester proche de leur enfant et de leur rendre visite lorsqu’ils le souhaitent. Ils souhaitaient un cadre souple dans le fonctionnement qui assure un bon équilibre entre protection et autonomie.

Les résidents ont un contrat de location et sont donc chez eux, avec tous les droits qui s’y rattachent. Ils sont inclus dans la ville dans un mode d’habitat conventionnel.

Bien que la résidence mixte a vu le jour à l’origine pour des raisons de mutualisation de moyens, aujourd’hui cette mixité représente un plus pour les résidents.

 

Il n’y a eu aucun frein, ni aucune crainte de la part du voisinage pour ce projet.

 

 

  1. La mise en œuvre, le déroulement

 

Les parents concernés se sont regroupés en créant l’association ‘Vivre-En-Ville’ afin de répondre à l’appel à projet du département des Pyrénées Atlantiques pour la création de quinze places d’hébergements.  Un partenariat a été recherché avec l’association ”Habitat Jeunes Pau Pyrénées”. C’est ainsi que le  lieu d’implantation de l’immeuble, en centre ville de PAU, a été adossé aux quinze autres studios de cette association et leur permet de bénéficier au maximum des services publics (commerces, transports,.....)

 

  • Comment ont été distribué les étages, les logements, les espaces collectifs ?

    Au rez-de-chaussée, il y a un espace dédié à la restauration pour les résidents de Vivre en Ville, une buanderie commune à tous, un accès poubelle et les sorties sur le boulevard et le parking.

    A l’étage c’est un espace de vie collective partagé entre tous les locataires de la résidence avec le bureau des éducateurs, une salle de réunion, le bureau de l’association ‘Vivre-En-Ville’ et un espace kitchenette.

    Aux étages 2,3, 4, 5 studios par étage réservés à Vivre en Ville qui sont équipés d’une salle d’eau et d’une kitchenette avec un micro onde pour les petits déjeuner mais sans plaque cuisson pour des raisons de sécurité.

    Les étages 5, 6, 7 sont réservés aux jeunes travailleurs suivis  par Habitat jeune, qui disposent des mêmes espaces.

 

 

  • Quel est le fonctionnement de cette résidence ?

    La relation de confiance est la base de tout. Les prises en charges sont très individualisées.

    Une maîtresse de maison prépare les repas les soirs de semaine. Le weekend nous sommes en liaison froide avec un traiteur. Les repas ne sont pas obligatoires, toutefois pour la logistique il faut se désister 48h avant.

    L’architecture du bâtiment étant verticale, nous ne pouvons vérifier les entrées et les sorties. Nous demandons donc aux résidents de signaler leurs entrées et sorties au bureau des éducateurs.

    Les résidents ont un libre choix d’activités. Ils peuvent exercer leurs loisirs aussi bien à l’extérieur que participer aux activités organisées par la résidence. Après 21h, les sorties sont au cas par cas.

    Les sorties sont travaillées via le projet individuel du résident, auquel les parents sont associés.

    Pour se rendre au travail ou sur les lieux d’activité, les résidents sont autonomes et prennent les transports en commun ou vélo, un dispose d’une voiture sans permis. Nous pouvons être amenés à travailler individuellement des trajets, soit pour se rendre chez leurs parents soit à un nouveau lieu.

    Les résidents peuvent recevoir des amis et cohabiter lorsque s’établie une relation affective. Un couple a intégré la résidence depuis son ouverture et disposent chacun d’un logement indépendant mais avec la particularité d’avoir une porte intermédiaire, ce qui leur permet de vivre leur relation de couple comme ils le souhaitent et avoir la possibilité de pouvoir se ressourcer chacun dans son logement.

     

     

  1. Les moyens nécessaires?

 

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Sur le plan accompagnement :

Une éducatrice spécialisée, une monitrice éducatrice, un AMP constitue l’équipe à temps complet. Deux AMP à temps partiel et une maitresse de maison à temps partiel complètent l’effectif. Le management de l’équipe éducative de Vivre-En-Ville est assuré par délégation à la direction d’Habitat-Jeunes-Pau-Pyrénées.

 

Sur le plan financier :

Le propriétaire de la résidence est Habitelem. Les résidents paient un loyer de 410 € sur lequel ils perçoivent des aides personnalisées au logement d’environ 200 €.  Le prix de journée tarifé pour notre service est aux alentours des 80€ par jour.

Sur le plan technique et matériel :

Les aménagements sont ceux de tout foyer de jeunes travailleurs, il y a des espaces collectifs comme ici le premier étage, la buanderie et des espaces individuels.

 

 

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

 

La mixité existe de fait. Les résidents se rencontrent dans les couloirs. Mais cela ne suffit pas. Aussi les équipes des deux associations travaillent ensemble pour favoriser la connaissance mutuelle et promouvoir des actions conjointes. Nous faisons des rencontres par trimestre avec un apéro dinatoire. Nous avons organisé des Quizz sur le recyclage, des animations à thème autour d’halloween, sportives, par exemple.

 

  • Quelles sont les satisfactions : pour les personnes bénéficiaires ? Pour l’entourage ? Pour vous ? sur le plan collectif ou individuel ?

    Les résidents se sentent pleinement chez eux. Ils acquièrent une certaine indépendance en fonction des capacités de chacun.

    L’une des grandes satisfactions a été l’organisation d’un séjour à Disney l’année passée pour l’ensemble des résidents. Ce sont eux qui ont pensé, écrit et porté ce projet avec le soutien de l’équipe éducative. Afin de mener à bien ce projet, l’équipe éducative a pensé de mettre en place des actions pour financer ce projet. Nous avons donc réalisé avec les résidents un calendrier, vente de gâteaux et réalisation de papiers cadeaux sur la période des fêtes de Noël.

     

  • Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Quelles sont les limites d’une proposition d’habitat de ce type ?

    Nous sommes toujours en recherche et en expérimentation. Nous sommes toujours en limite de ce que nous pouvons faire ou ne pas faire. Ce sont les faits qui nous prouvent s’il est possible d’aller plus loin dans la direction choisie. Nous nous sommes rendu compte qu’un règlement collectif n’avait que peu de chance de répondre aux attentes des uns et des autres. Nous avons été poussés à individualiser très fortement notre accompagnement. Néanmoins il reste un minimum de règles à respecter, sans les quelles le collectif ne peut fonctionner.

     

  • Quelle évolution vous semble souhaitable ?

    Pourquoi pas un futur hors de la résidence avec des appartements en habitat diffus qui pourrait correspondre à l’attente de certains résidents qui en ont la possibilité. Toutefois la question des repas reste délicate ainsi que le risque d’isolement ; car même s’ils acquièrent de l’autonomie, leur vulnérabilité  et leur avenir restent, principalement une préoccupation importante aux yeux des parents.

    C’est une belle expérience que cette résidence de jeunes travailleurs dont certains ayant une déficience intellectuelle bénéficient de locaux adaptés. Je conseille néanmoins de veiller à admettre avec discernement les résidents dans une telle structure.  

    Interview de Mme Paparemborde

     

Notre site : www.vivre-en-ville.org/projet.htm

 

Langue d'origine : Français
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