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La leonessa per la zebra
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  • leonessaperzebra@nullgmail.com


Le Festival Leoness’art, l’inclusion sociale mise en pratique dans le quartier, Brescia, Italie

  • Vie sociale et quotidienne : Culture
  • Europe : Italie
  • Fiche d'expérience

Par associazione la leonessa per la zebra le 22/10/2012

Le quartier la Leonessa accueille tous les ans au printemps cet événement festif mêlant habitants du quartier et personnes ayant un handicap mental ou psychique... Pour l’association, la réalisation de cette fête a été vécue comme un projet toujours en crescendo, en découvrant que dans de nombreux cas, faire quelque chose auquel les gens ne s’attendent pas peut libérer vraiment beaucoup d’énergies positives.

1. Le contexte

L’Association La Leonessa per la Zebra se trouve dans la ville de Brescia, en Lombardie (nord de l’Italie), et agit à l’échelle de la ville.
Le projet de la Leonessa per la Zebra est de faire des activités de socialisation et d’intégration pour les personnes ayant un handicap (inclusion sociale) ; ces activités sont soit directes, c’est-à-dire directement avec le public des personnes handicapées, soit indirectes, avec l’organisation de cours de formation, d’événements culturels ou de projets de sensibilisation de la ville.
Les personnes ayant un handicap qui participent aux activités de l’association sont principalement des personnes avec un handicap psychique. Cependant, l’association reste ouverte aux projets et activités concernant d’autres réalités, et avec des personnes qui vivent ou s’occupent du handicap (par exemple, récemment une jeune femme ayant un handicap moteur a présenté une exposition photo de femmes mannequins ayant un handicap, sur un espace ouvert au sein du Festival Leoness’art).

Les services et les activités proposés par l’association sont principalement des projets de temps libre : un dimanche par mois, un groupe de bénévoles met à disposition sa journée avec les jeunes ayant un handicap. Le projet implique une dizaine de volontaires, et entre 12 et 15 jeunes ; les familles viennent pour assurer l’aspect d’assistance. Les personnes vont donc au cinéma, à des spectacles, et participent à des fêtes ou des événements de la ville,… Ceci permet d’éviter la marginalité et la catégorisation dans un groupe non inclus.
Ensuite, chaque volontaire peut s’il le souhaite dédier une soirée ou une journée à un jeune en particulier (par exemple, pour aller à des concerts, au cinéma, ou pour passer des journées ensemble, en cas de besoin ou pour un moment de distraction, en se mettant d’accord avec la famille).
L’Association couvre les frais de l’activité et les frais d’assurance des bénévoles impliqués.

2. Les objectifs de l’expérience Leoness’art

Le handicap a toujours été vu comme une condition de la personne qui a quelque chose “en moins”, “qui manque”, et normalement les gens ont tendance à mettre à part ces personnes, à les regarder avec pitié, compassion, en imaginant que la relation avec les personnes handicapées ne peut être vécue que comme une expérience à sens unique, en pensant « je leur donne quelque chose, mais eux ne sont rien capables de m’offrir » ; une relation déséquilibrée et déformée, qui marginalise la personne ayant un handicap, mais qui rend la personne normale toujours plus seule.
Dans d’autres quartiers de Brescia, il y a les fêtes de centres pour jeunes handicapés, fréquentées par les parents, etc. c’est-à-dire par des personnes qui connaissent déjà les jeunes ; ces fêtes sont des retrouvailles entre amis et connaissances, mais selon nous ne créent pas un véritable climat d’intégration sociale.
Avec cette fête en revanche, le Leoness’art, on a souhaité offrir au quartier (une zone de Brescia) une fête organisée par l’association.
Cette action de fête, offerte, a permis à ce que le quartier reconnaisse l’association et reconnaisse les personnes. Il a été possible de rendre les jeunes visibles et qu’ils soient partie des activités de la commune.
Quand nous avons lancé pour la première fois le Leoness’art, il y a 11 ans, les jeunes étaient très émus à l’idée que c’étaient eux-mêmes qui, pour la première fois, invitaient quelqu’un à leur propre fête. « C’est ma fête ! », disaient certains.
Il y avait, cependant, avant de lancer la première édition, une appréhension sur la façon dont le quartier aurait réagi - en relevant l’invitation ou non… L’on avait peut-être peur que ce soit donner un coup d’épée dans l’eau, un fiasco.

3. La réalisation

La préparation de la fête dure environ 6 mois. Mise à part l’organisation purement logistique, l’on essaye toujours de voir si l’on peut insérer des éléments nouveaux ; l’ossature de la fête est : le quartier est fermé aux voitures, des stands de « passionnés », soit privés (sous contrat), soit publiques (associations, habitants du quartier) animent le quartier. L’attention doit toujours être sollicitée à la fois sur le caractère festif et amusant, et sur la solidarité de ce groupe inclusif dans le quartier. Il y a des animations pour les enfants (groupe de clowns bénévoles, attractions gonflables).
Il y a également un point de restauration géré par deux groupe de chasseurs Alpins, et depuis 3 ans, il a été décidé d’intégrer une exposition qui traite du handicap ou de diversité en général : en 2011, il y a ainsi eu un focus sur les Paralympiades de Vancouver ; en 2012, il y a eu l’exposition de mannequins handicapées qui valorisait la féminité au-delà du handicap.
Les bénévoles de l’association, les citoyens et les jeunes ayant un handicap participent à l’organisation de Leoness’art.
Les jeunes sont les protagonistes de la préparation. Ils collaborent avec les bénévoles pour préparer toute la fête, ils aident au point de restauration, à la gestion de l’espace librairie.
Pendant les mois précédents, ils ont en charger la distribution des flyers, ils vont faire les achats nécessaires, ils organisent les espaces, les fonctionnalités et la gestion de la fête.
Les habitants placent les décorations, pour embellir le quartier.

Pour les jeunes ayant un handicap, le Leoness’art est vu comme l’occasion de s’occuper de quelque chose de sérieux. Ce n’est pas un jeu, mais un engagement, avec des responsabilités, et des devoirs.
Lors de la préparation et de l’organisation de la fête, les jeunes ont pu apprendre ou renforcer les concepts de nécessité de travailler avec des délais et des temps à respecter, d’avoir des objectifs, de se concentrer, et d’interagir avec les personnes de façon correcte.
Plus concrètement, la fête est l’opportunité de mettre en pratique et de mesurer les enseignements, avec une meilleure connaissance du territoire dans lequel les jeunes habitent.
En termes de temps consacré à l’action, l’organisation de la fête, qui dure 6 mois, fonctionne en crescendo ; les premiers quatre mois, les personnes ayant un handicap et l’association se consacrent à la préparation une fois par semaine ou une fois tous les 15 jours ; les deux derniers mois, c’est-à-dire en mars et avril, il s’agit d’un à deux jours par semaine.

4. Les moyens

Sur le plan humain :
L’association et le Leoness’art fonctionnent uniquement avec des bénévoles.
Le Leoness’art a obtenu le patronage de la circonscription (commune de Brescia), et l’association La Leonessa per la Zebra collabore avec une coopérative sociale.
Il y a également un partenariat avec une association de bénévoles (clowns, de Brescia).
Enfin, un chanteur se reproduit gratuitement lors de la fête.

Sur le plan financier :
Certains services de la fête, ceux qui sont proposés par des entreprises privées, doivent être rémunérés par l’association (par exemple : les installations gonflables).
Pour le reste, les connaissances et les porte-paroles de l’association permettent d’économiser un maximum sur les dépenses du Leoness’art.

5. Evaluation

Le Leoness’art est organisé dans un quartier résidentiel, très tranquille, où se trouve l’association la Leonessa per la Zebra. Dès le lendemain du premier Leoness’art, les personnes ont commencé à nous saluer dans la rue... Avant nous (l’association et les personnes ayant un handicap) étions seulement « supportés » dans la zone. Alors qu’après, les habitants sont venus frapper à notre porte et disaient : « L’an prochain, je suis des vôtres, je vous donnerai un coup de main. » C’est devenue la fête de tous.
Ce n’était plus une « fête des handicapés » mais bien une fête de quartier.

Pour l’association, la réalisation de cette fête, qui a désormais lieu tous les ans au printemps, a été vécue comme un projet toujours en crescendo, en découvrant que dans de nombreux cas, faire quelque chose auquel les gens ne s’attendent pas peut libérer vraiment beaucoup d’énergies positives.
Avant, nous nous ignorions avec nos voisins ; et ensuite, cela s’est très bien passé, tout a changé.
La seule limite de la fête Leoness’art est le nombre de personnes qui décident d’y travailler.
L’évolution souhaitée serait de faire plusieurs jours de fête, avec des événements collatéraux.

Les conseils que la Leonessa per la Zebra pourrait proposer sont :
- impliquez tout de suite les gens du quartier, les gens du coin ; n’imposez pas une initiative de ce type depuis l’extérieur ;
- écoutez les gens du quartier ;
- soyez disponibles et ouverts au changement : la fête peut changer et s’enrichir des contributions de tous ;
- que personne ne reste en dehors.

Mario Biazzi
Président de l’association
La Leonessa per la Zebra

 

Voir l'interview de M.Biazzi en italien sur teletutto.it : cliquez ici.

Langue d'origine : Français
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