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Accueil Un partenariat de longue date entre la France et le Mali pour l'amélioration de la prise en charge des enfants handicapés, AAPEI et AMALDEME, France-Mali.


Un partenariat de longue date entre la France et le Mali pour l'amélioration de la prise en charge des enfants handicapés, AAPEI et AMALDEME, France-Mali.

  • Afrique : Mali
  • Fiche d'expérience

Par Gérard Lefebvre le 25/07/2011

Il existe un partenariat entre l'AAPEI en France et l'AMALDEME au Mali (Association Malienne de Lutte contre la Déficience Mentale chez l'Enfant).

Contexte

 

Créée en 1959, l’AAPEI est l’Association Angevine de Parents d’Enfants en sItuation de handicap, affiliée à l’UNAPEI et l’URAPEI. Le conseil d’administration est composé de parents. L’association, dont le siège social se situe à Angers, accueille des enfants et adolescents âgés de 0 à 20 ans, déficients intellectuels, autistes, déficients moteurs, et polyhandicapés.

 

L’association relève du secteur médico-social français, elle est sous le contrôle de l’ARS. Ses structures sont diversifiées : SESSAD, instituts médico-éducatifs et professionnels, d’éducations motrices pour enfants et adolescents… L’association intervient également de façon importante en milieu scolaire. L’accompagnement proposé se révèle donc très diversifié et adapté aux situations des enfants.

 

A l’heure actuelle, 400 enfants sont pris en charge par l’association, qui emploie environ 230 salariés aux qualifications pluri-professionnelles. Si la mission première de celle-ci est bien sûr l’accueil, l’association a développé des activités annexes, plus militantes, à l’initiative des parents.

 

Parmi ces activités annexes au projet principal, il existe un partenariat engagé avec l’AMALDEME au Mali (Association Malienne de Lutte contre la Déficience Mentale chez l’Enfant). L’AMALDEME est une association de parents, créée par une malienne, maman de deux enfants en situation de handicap, formée en France et ayant exercé le métier d’assistante sociale, Madame Kadiatou SANOGHO.

 

 

 le partenariat

 

 

La ville d’Angers est jumelée avec Bamako depuis 1974. Le jumelage a pris son essor à partir des années 1990. Le Maire de l’époque, Jean Monnier, avait été très sensibilisé par cette relation avec le Mali, et allait régulièrement y séjourner. A l’heure actuelle, une part importante du budget de la ville d’Angers est consacrée aux actions mises en œuvre à Bamako. Chaque année, la ville réalise un certain nombre d’investissements.

 

En 1994, le Maire a eu l’idée d’organiser à Bamako un séjour d’une semaine pour un nombre conséquent de responsables angevins, afin de les mettre en relation avec de potentiels partenaires maliens. Ce fut le point de départ d’une formidable et riche rencontre. Monsieur Lefebvre est ainsi parti et a rencontré plusieurs associations œuvrant dans le secteur du handicap à Bamako. La présidente de l’AMALDEME et lui-même ont eu l’idée d’imaginer un partenariat plus approfondi entre leurs associations. Les projets ont mis du temps à se mettre en place, en raison du décalage existant entre le niveau d’avancement des deux pays. L’AAPEI était prête à mettre à disposition des personnes afin d’effectuer des formations au Mali.

 

En 2001, la présidente de l’AMALDEME a été félicitée de son action par le gouvernement malien, qui lui a demandé de l’étendre à l’ensemble du territoire malien.

 

Et c’est à partir de 2002 que le partenariat s’est véritablement développé. L’AMALDEME a proposé à l’AAPEI de l’accompagner dans le développement de son action à travers  l’ensemble des régions du Mali (Ségou, Sikasso, Kaye, Tombouctou, Gao, Kidal, Mopti et le cercle de Bougouni).

 

Mise en œuvre

 

Monsieur Lefebvre et l’un de ses collègues, ont sillonné toutes les capitales régionales du Mali, afin d’accompagner leurs collègues maliens dans leurs rencontres avec les gouverneurs, les présidents des assemblées régionales, les présidents des cercles et les maires des communes, et ce pendant plusieurs années de suite.

 

Dans chaque capitale régionale, l’AMALDEME a constitué une antenne composée de parents. Il est important de souligner que le gouvernement a soutenu cette démarche puisqu’il a envoyé, dès 2003, des enseignants dans chaque antenne régionale. Ils ont ainsi été détachés de l’éducation nationale et mis à disposition de l’AMALDEME pour s’occuper des enfants handicapés.

 

L’action de l’AAPEI se révèle être plus importante depuis 3 ans. Monsieur Lefebvre et deux collègues assurent la formation des familles, des responsables d’antennes et des agents qui travaillent au contact des enfants handicapés, en co-animation avec les responsables maliens, salariés de l’AMALDEME.

 

Au Mali, l’appréhension de la déficience intellectuelle relève très souvent du tabou. Les enfants sont cachés, peu investis, quelquefois abandonnés. La présence d’un tel enfant dans une famille est une fatalité qu’il faut accepter. Cet enfant attire tous les malheurs sur lui. Il peut être là aussi pour réparer une faute. Mais la déficience intellectuelle a toujours une image défavorable et les enfants concernés sont souvent délaissés. Les autres expressions de handicaps, moteurs ou sensoriels, sont mieux prises en compte. Cela vient aussi du fait que les personnes concernées peuvent défendre elles-mêmes leurs intérêts.

 

Les enseignants sont peu ou pas formés à la prise en charge du handicap, ils ont les bases pédagogiques pour travailler avec des enfants normaux, mais ne savent pas  précisément ce qu’est le handicap mental. Ils reproduisent donc auprès des enfants handicapés un mode de fonctionnement destiné aux enfants ordinaires, qui, bien évidemment, ne fonctionne pas. L’AAPEI essaie alors de leur apporter une connaissance du handicap, ainsi que des outils pédagogiques pour s’occuper d’une manière plus pertinente des enfants.

 

L’AAPEI et les responsables nationaux de l’AMALDEME interviennent sur le long terme auprès de deux catégories de populations : les agents et les associations de parents. Il s’agit de les accompagner dans le fonctionnement d’une association, dans la construction de dossiers administratifs et de demandes de subventions, dans l’élaboration des plans d’actions, ou encore à l’organisation d’une assemblée générale. Les antennes régionales sont regroupées par pôle géographique nord/sud, avec quatre antennes au nord et quatre antennes au sud. Elles sont ainsi réunies sur une période d’une semaine. Il existe une bonne assiduité puisque les mêmes personnes reviennent une année sur l’autre, ce qui permet un vrai suivi.

 

L’association mère à Bamako a compris la nécessité d’accompagner directement les gens dans les régions, et 2 personnes sont chargées du suivi et du lien avec les antennes.

A noter que dans les régions, les réalités sont tout à fait différentes. Les antennes régionales sont parfois dans un dénuement total, avec un équipement limité et des locaux délabrés. En effet, si le siège de l’association donne l’impression de bénéficier de moyens importants, (beaux locaux, fax, internet…) il n’y a rien de tout cela dans les antennes locales.

 

En 2008 l’AMALDEME a connu de graves difficultés, ce qui a failli remettre en cause le partenariat. Des problèmes d’argent ont amené certains partenaires financiers à se désengager.

 

Mais l’AAPEI a élaboré en 2008 une charte de coopération internationale, signée par les présidents de l’AMADEME, le Docteur Brulaye TRAORE et de l’AAPEI, Monsieur Michel VINSONNEAU, en présence du directeur national du développement social à Bamako, ce qui a redoré le blason de l’association AMALDEME, alors dans la tourmente.

 

L’AAPEI à chacun de ses passages au Mali, profite de l’occasion pour faire des actions de communication, à la radio, à la télé, ou bien dans le journal. L’AAPEI apporte aussi un soutien matériel, à la hauteur de ses possibilités (matériel de bureau, matériel pédagogique, etc.)

 

Les formations sont assurées par un malien et un français de façon systématique. Cela permet aux maliens de se positionner d’une manière forte et cela les a encouragé à développer les formations. La préparation se fait ensemble, avec une vraie concertation. Il est primordial pour l’AAPEI de valoriser les compétences des maliens. Les contenus de formation sont choisi par les responsables maliens et développés en communs : français – maliens.

 

Actuellement, en raison de l’insécurité et des consignes du Ministère français des Affaires étrangères, il est impossible pour les représentants de l’AAPEI de sortir de Bamako. Ce sont donc les responsables des antennes qui se rendent à la capitale.

 

Moyens

 

-          au plan humain : trois personnes de l’AAPEI sont directement impliquées dans ce partenariat : le directeur général de l’association, le directeur adjoint, ainsi qu’un chef de service possédant une très bonne connaissance du Mali. De même, trois personnes de l’AMALDEME élaborent les formations. Mais une fois sur place, l’ensemble des professionnels de l’AMALDEME est concerné, de façon ponctuelle, en fonction des projets.

 

-          Au plan financier : le Conseil régional du Pays de la Loire, le Conseil général du Maine et Loire financent ce partenariat, ainsi que des entreprises privées (Orange par exemple). Les moyens financiers ne sont pas considérables et permettent de se rendre au Mali deux fois par an.

 

 

Evaluation

 

En octobre 2011, la formation se poursuivra au profit des antennes régionales mais cette fois, des représentants des collectivités territoriales et des services de l’Etat sont invités. Ainsi, plutôt que de faire des visites de courtoisie, faire participer les responsables aux formations pourrait permettre de rendre ces derniers plus sensibles à la question du handicap et donc de les inciter à s’engager de manière plus poussée financièrement, en particulier.

 

Les responsables de l’AAPEI ont noué des liens très forts et sincères avec les personnes de l’AMALDEME, qui ont prouvé qu’elles avaient de réelles compétences. Une certaine confiance importante s’est installée entre les deux associations.

 

L’important est de comprendre qu’on ne travaille pas au Mali comme en France. Le rapport à l’enfant, à l’éducation est complètement différent. Il faut s’adapter au rythme du pays, à leur façon de faire. Il faut être très vigilant avec les financements, et définir clairement le montant des sommes apportées et leur destination. Cela fait partie du contrat moral fixé.

 

C’est une chance inouïe, extraordinaire que de pouvoir découvrir un pays aussi riche et diversifié que le Mali, de l’intérieur. Le rapport avec les personnes n’est pas le même en raison des différentes interventions réalisées.

 

Pour finir, il est important de souligner ce point : un pays qui a encore tant de difficultés et qui décide néanmoins d’investir dans la scolarisation d’enfants handicapés montre bien une réelle prise de conscience et ne peut qu’être félicité et encouragé.

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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