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Théâtre sur cour : une expérience jouée au SAMSAH de Vitry, France

  • Vie sociale et quotidienne : Culture
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par winter le 06/08/2010

Le SAMSAH-SAVS (service d'accompagnement médico-social pour adultes Handicapés et Service d'accompagnement à la vie sociale) accueille au total 60 personnes réparties dans sa moitié sur les deux servi
Le Contexte particulier de Vitry sur Seine

Le SAMSAH-SAVS (service d’accompagnement médico-social pour adultes Handicapés et Service d’accompagnement à la vie sociale) accueille au total 60 personnes réparties dans sa moitié sur les deux services. Le SAVS crée en 2008 a suivi d’un an la création du SAMSAH en 2007, ils sont implantés sur la ville de Vitry sur Seine, ville de tradition ouvrière et sociale dirigée par une municipalité communiste.
Ces services ont pour mission d’accompagner individuellement des personnes ayant un handicap psychique ou un handicap mental.
Des temps collectifs sont également proposés aux personnes accueillies des deux services avec entre autre des ateliers cuisine, du sport - foot tennis de table, des temps de partage, de repas, des sorties culturelles. Parmi celles-ci des sorties sont proposées au théâtre municipal Jean Vilar. Cette structure a développé une grande ouverture aux associations pour faciliter l’accès à la culture des citoyens de la ville en conformité avec la politique menée par la municipalité.

La rencontre avec le Théâtre Jean Vilar

Au départ notre but lorsque nous sommes allés voir la secrétaire générale des relations avec les publics du théâtre, était d’avoir des places à des tarifs préférentiels. Après un échange sur nos missions elle nous a fait un certain nombre de propositions en lien avec le chargé de relation de proximité et un partenariat s’est engagé.
L’objectif global étant de faciliter l’accès des personnes accueillies à la culture dans un sens large.
Au fur et à mesure, cet objectif s’est précisé et s’est étoffé.
Dans un premier temps, le but était d’emmener les personnes dans un théâtre, lieu dans lequel les personnes accueillies en général ne s’autorisent pas à entrer. L’intention était de démocratiser l’accès au théâtre et de désacraliser l’image élitiste qu’elle véhicule.

Dans un deuxième temps, nous avions le souci de favoriser l’inscription des personnes accueillies dans la cité, en allant au théâtre et aussi en invitant le théâtre a venir faire une représentation dans nos locaux. Cette volonté de créer la mixité sociale dans ses lieux agit aussi sur l’inscription des personnes accueillies dans la vie de leur commune.

L’objectif final reste de permettre aux personnes accueillies d’aller seules au spectacle à un coût compatible avec leurs revenus.


Un partenariat fécond

Le partenariat a commencé par une rencontre mutuelle et une visite de nos locaux. Assez rapidement, la responsable de relation avec le public, nous a accordé le tarif préférentiel de 4.90€ consenti aux membres des associations de Vitry ayant un but social.
Sur la base de ce tarif quelques personnes accueillies ont répondu à notre invitation pour la première pièce ; c’était « l’Ogrelet », une pièce de Suzanne Lebeau qui aborde le thème de la différence.
Par la suite nous avons fait un travail autour de cet auteur en lien avec le théâtre et plus particulièrement sur la pièce « Petit Pierre ». Les personnes du théâtre, nous ont permis de rencontrer l’auteur et partager le thème de la pièce, à savoir le personnage de Petit Pierre, qui a réellement vécu.
Cela nous a amené à un endroit « merveilleux » de l’Yonne qui s’appelle « la Fabuloserie » où est exposé son d’œuvre : le manège de Petit Pierre.
Nous avons également organisé des séances de lecture des autres pièces de Suzanne Lebeau.
Puis d’autres spectacles ont suivi dans la programmation, au nombre de 7 sur l’année 2008-2009.
Un groupe de 5 à 6 résidents viennent régulièrement, d’autres viennent en fonction de la pièce, en tout 11 sur 2007- 2008 et 15 sur 2008-2009 ont assistés à un spectacle ou une lecture. Cela concerne environ 20 personnes.
Nous nous sommes ensuite posé la question : que faire pour ceux qui ne viennent pas ? Partant de cette interrogation, nous avons proposé et organisé toujours avec les personnes du théâtre des visites de coulisses afin de permettre aux personnes accueillies de faire connaissance avec le lieu.
En allant voir une pièce qui se jouait dans une résidence pour personnes âgées, et trouvant l’idée intéressante, nous avons proposé d’accueillir une pièce dit « hors les murs » dans notre structure.
Après discussion avec le théâtre, nous avons retenu la pièce « Regard en coulisse » de la compagnie de la Girandole et la représentation a pu avoir lieu dans notre structure en mai 2009. Nous avons souhaitez profiter de l’extérieur et pour cela nous avons aménagé la cour intérieure du service.
Les personnes accueillies du service ont travaillé à l’accueil du public et aussi à la création d’une ambiance cabaret. Nous avons construit 10 tables rondes en mosaïque et fabriqué des photophores pour l’occasion.
Comme la mise en scène de la pièce s’organisait autour de la confection d’un plat de pâtes qui a été partagé à la fin du spectacle, les personnes accueillies étaient tenues d’amener un gâteau de leur choix au titre de leur participation. Nous avons lancé des invitations aux habitants du quartier et plus largement aux partenaires et une vingtaine de places étaient en vente libre auprès du théâtre.
Tout le monde est reparti ravi, sans à priori, après avoir échangé avec les résidents des mots des paroles en plus d’un repas.



Enseignement, limites, évaluation

Les objectifs annoncés se réalisent progressivement. Les personnes accueillies viennent au théâtre, elles y prennent plaisir. Elles s’approprient le lieu.
Elles se mélangent au public dans une certaine mixité. Elles échangent avec le personnel du théâtre, les acteurs et les spectateurs. Elles s’inscrivent dans leur cité.

L’organisation d’une pièce de théâtre au sein de la structure avait aussi comme intérêt de créer la réciprocité. Les personnes accueillies font l’effort de s’ouvrir au monde du théâtre, celui-ci fait aussi l’effort de venir vers eux.
Et ce travail permet aussi quelquefois de changer le regard sur le handicap.

L’objectif final était de permettre aux personnes accueillies d’aller seules au théâtre.
L’accès à la culture, en dehors des musés dont l’entrée est gratuite pour les personnes en situation de handicap, est bien souvent onéreux. Notre partenariat permet d’avoir un tarif préférentiel.
Ce tarif est aussi valable lorsque la personne accueillie souhaite se rendre seule au théâtre.
Cet objectif se réalise peu à peu aujourd’hui et l’équipe du service ainsi que le personnel du théâtre travaillent dans ce sens lors des rencontres programmées en début de saison.

Une des difficultés rencontrées est liée à la pathologie des personnes accueillies. En effet, elles sont pour une majorité isolée socialement. Leur projet individualisé prend en compte cette solitude et notre mission est donc de répondre à une demande : sortir de chez soi et rencontrer d’autre personnes.
La difficulté de notre travail ne réside pas seulement dans la prise en compte de cette demande mais dans la gestion d’une certaine ambivalence. La personne souhaite rompre cet isolement mais sa pathologie la freine bien souvent dans cette démarche (peur de l’extérieur, peur des autres, de l’inconnu).
D’où l’intérêt d’un partenariat sur du long terme qui permet à la personne de mieux connaitre le lieu et les personnes qui y sont rattachés. Et donc de lui permettre de sortir en ayant moins d’angoisses.

En ce qui concerne la représentation de la pièce au service. La difficulté réside principalement dans l’organisation. A savoir :
- le choix de la pièce : choisir un thème accessible, une mise en scène permettant la représentation en dehors d’une scène classique, privilégier un jeu en interaction avec le public,…
- la logistique : une salle ou un extérieur assez vaste est nécessaire. Pour les chaises et le chapiteau ci-besoin, ne pas hésitez à solliciter la commune.
Et bien entendu, les personnes accueillies doivent être actrices de ce projet. Elles accueillent dans leur structure, le théâtre, la compagnie et le public.
Il faut les faire participer. Dans la distribution des tracts aux voisins de quartier, dans la confection de gâteaux à partager après la pièce ou dans la décoration du service par exemple.

Ce partenariat fonctionnant bien nous avons créé un second partenariat avec « Gare au théâtre », le second théâtre de la ville. Celui-ci est différent du premier de part sa programmation et également du lieu en lui-même. C’est un endroit moins formel et une programmation plus contemporaine qui convient plus à certaines personnes. Nous nous y rendons régulièrement pour les cabarets du jeudi où nous pouvons prendre un repas pendant le spectacle et en été pour le festival « Nous n’irons pas à Avignon ».
Nous avons eu l’occasion d’effectuer un atelier d’écriture avec une compagnie venue à l’occasion du festival et participer à un sondage/interview utilisé pour la création d’une pièce de théâtre.

Notre nouvel objectif aujourd’hui est de mettre en place sur le service des ateliers théâtre. Ce projet est une demande des personnes accueillies. Et cette demande est une preuve de leur implication et de leur intérêt pour le théâtre.

Langue d'origine : Français
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