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Témoignage de Mme Ancilla Kayiraba, fondatrice de l’association Hirwa Iwanyu

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Rwanda
  • Témoignage

Par Ancilla Kayiraba le 16/02/2015

Parlez nous de l’origine de votre association 


J’ai une enfant handicapée.  Elle s’appelle Espérance, elle a 19ans. C’est elle qui est à l’origine de cette association. Elle me disait « pourquoi je ne vais pas à l’école comme d’autres enfants ». 
Je me suis dit : peut-être y a-t-il d’autres parents qui ont les mêmes problèmes que moi. J’ai commencé à communiquer  à l’église et ailleurs. J’ai lancé l’invitation disant : on peut se rencontrer à la maison des prêtres si vous avez envie. 
Le lendemain il y avait 20 parents avec les enfants handicapés mentaux. Le prêtre était aussi intéressé. Nous avons fait la réunion avec ces parents là et nous avons inscrits les enfants. Dès le lendemain nous avons commencé l’école.
Nous avons commencé avec 20 enfants. Petit à petit d’autres parents sont venus s’informer. On leur a expliqué notre travail et ils sont revenus avec les enfants. Aujourd’hui, nous sommes plus connus et les gens viennent des environs proches parce que nous n’avons pas de transport.

Comment se déroule l’école?

Nous sommes présents à partir de 8h. Les enfants arrivent, on les accueille. Nous avons 3 maitresses qui font de l’enseignement spécialisé car nous avons été dans les séminaires pour savoir ce qu’il fallait faire, comment enseigner. Les parents les amènent parce qu’ils ne savent pas très bien le chemin ou risquent de rencontrer des obstacles. 
Après l’accueil, on travaille avec eux jusqu’à 10h. Le programme des cours diffère suivant les jours. Puis c’est l’heure de la collation, on leur apporte quelque chose pour reprendre des forces (beignet, bouillie). Mais juste avant, c’est le temps du jeu. Nous avons trouvé que les jeux étaient importants pour pouvoir développer les idées. Par exemple on avait mis des poteaux sur le sol sans but précis. Les enfants venaient en courant pour sauter par-dessus. Un enfant avec handicapé associé a vu qu’il ne pourrait pas sauter donc il a enlevé la barre et il a sauté par dessus sans rien. C’est très important, il a pensé qu’il ne pourrait pas sauter donc il a sauté sans obstacle. Les jeux développent énormément l’activité des handicapés mentaux. 

Nous dansons, nous chantons donc en classe en mangeant  notre petite bouillie pour prendre des forces. Ensuite vient à nouveau le programme des cours, jusqu’à 13h30, l’heure du repas. 

On travaille aussi avec les parents. Il est important pour nous de connaître leur situation et de leur parler du travail que nous faisons avec leurs enfants. Nous les invitons à continuer ce travail à la maison ; nettoyer, ranger, jardiner etc…  L’enfant sait faire à l’école mais il ne saura plus s’il ne le fait pas aussi avec les parents. Nous nous assurons dans le même temps que les familles font vraiment attention à ces enfants là. 


Y a-t-il des enfants qui ont pu rejoindre l’école ordinaire ?

Oui nous avons 3 enfants à l’école secondaire. Ils étaient épileptiques avec des difficultés pour écouter mais la tête fonctionne. Ils étudient très bien, ils sont intelligents. Nous avons aussi des aveugles. Nous avons réussi à ce qu’ils passent à chaque fois premiers de la classe. 
A l’école primaire aussi on a aussi des enfants épileptiques qu’on essaie de soigner.
Nous faisons des visites avec les médecins et des examens. Selon leur maladie, ils leur prescrivent un traitement qui les empêche de faire des crises. Lorsqu’ils ne font pas de crise, l’intelligence revient et ils peuvent suivre les cours avec d’autres enfants. Nous sommes en lien avec les enseignants des écoles et les conseillons pour qu’ils prêtent une attention particulière. Nous suivons 7 enfants à l’école primaire et 4 à l’école secondaire. L’un d’entre eux est représentant national pour les autres handicapés. Il s’appelle Eric.

Quel est votre principale source de préoccupation pour l’avenir de votre association ? 


Notre préoccupation est de donner une formation professionnelle aux jeunes pour qu’à la sortie de l’école, ils puissent gagner quelque chose. Par exemple la menuiserie, la vannerie, la fabrication  de colliers… Leur donner un avenir professionnel est notre défi.
Actuellement, les enfants habitent chez les parents ou dans la famille proche. Mais quand ils seront grands, on se demande où ils vont vivre. Le gouvernement s’intéresse aux handicapés, mais question d’argent, c’est encore difficile. La visite d’un membre du gouvernement s’accompagne de quelques aides, mais nous ne recevons pas de fonds réguliers de la part de l’Etat. Avec la convention internationale sur le droit des personnes handicapées qu’il a ratifié, le gouvernement commence à comprendre. De temps en temps nous recevons des outils pédagogiques ou du matériel scolaire  mais c’est tout pour l’instant.

Une autre préoccupation urgente est de trouver un endroit pour continuer nos activités puisque, les locaux de la paroisse de Nyamirambo que nous occupions gratuitement, et ou vous nous aviez rendu visite, nous ont été retirés et nous sommes dans l’incapacité de louer ou de construire un centre pour nos enfants (ce qui serait l’idéal).Nous venons de passer tout un trimestre en étudiant sous un manguier. Ce n’est sécurisant, mais les enfants sont heureux comme d’habitude. Nous faisons seulement 2 ou  3 heures d’activités pour éviter la pluie et le soleil ardent.  Nous avons fait beaucoup d’effort et nous avons pu acheter un terrain ou nous pouvons construire l’école et tous les locaux nécessaires au centre. Mais nous n’avons pas des fonds pour construire.

Quelle est votre espoir pour demain ? 


Pour ma fille Espérance, je souhaite qu’elle puisse trouver un emploi dans les emplois ménagers, car elle aime  faire les lessives, laver les objets, servir à table, débarrasser. C’est un avenir professionnel, pour elle et tous les autres, qui est mon « espérance ».  

Langue d'origine : Français
Martin Caouette
02/03/2015 16:48
Bonjour,
Votre témoignage est très touchant. Bravo pour le travail que vous réalisez. Comment pourrions nous venir en aide à votre association? Est-ce que certains enfants trisomiques fréquentent votre école?
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