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Accueil Miwadagbé Une école spécialisée pour les enfants porteurs d'un handicap mental à Cotonou, Bénin.
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  • Miwadagbé (Etablissement)


Une école spécialisée pour les enfants porteurs d'un handicap mental à Cotonou, Bénin.

  • Enfance
  • Afrique : Bénin
  • Fiche d'expérience

Par Théodule Bagan le 24/09/2010

Constituée le 30 décembre 2006 à Cotonou, l'Association MIWADAGBE a été enregistrée le 16 mai 2007 au Ministère de l'Intérieur et publiée au Journal Officiel.

Résumé: le fonctionnement d'une école spécialisée dans la prise en charge du handicap mental à travers le Programme d’Intégration des mineurs handicapés mentaux Non Scolarisés (PINS).

Le contexte


Constituée  le 30 décembre 2006 à Cotonou, l’Association MIWADAGBE a été enregistrée le 16 mai 2007 au Ministère de l’Intérieur et publiée au Journal Officiel. Son objectif est de lutter contre la fatalité (discrimination, marginalisation, fétichisation, vie sans lendemain …) du handicap mental.

Dans le cadre du Programme d’Intégration des mineurs handicapés mentaux Non Scolarisés (PINS), elle a ouvert le 04 mai 2007 sa première salle de classe multigrade au Centre d’Etudes et de Documentation (CED), face à l’Eglise Sacré-Cœur d’Akpakpa. Cette première année d’activité dite phase pilote a enregistré à son début trois enfants en situation de handicap mental, et  douze à sa fin en juillet 2007.

Le 21 novembre 2008, un reportage a été fait pour informer la population béninoise sur l’existence de la première école spécialisée accueillant les enfants handicapés mentaux à Cotonou. Cette communication a favorisé un accroissement rapide de l’effectif de ces enfants, dont la prise en charge nécessitait des infrastructures plus adéquates.

C’est alors que des fonds ont été recherchés pour mobiliser une maison entière qui est devenue à partir du lundi  05 octobre 2010, avec la messe de bénédiction et d’ouverture, le « Centre Saint François d’Assise », un centre d’éducation spécialisé pour enfant handicapé mental et ceci grâce à l’appui ponctuel d’une Fondation française. Aujourd’hui, ce centre compte trente enfants réguliers aux activités.

Ajoutons cependant qu’à la suite de la première célébration au Bénin de la Journée Mondiale de la Trisomie 21 organisée par l’Association MIWADAGBE en partenariat avec le  Ministère de la famille, le dimanche 21 mars 2010, plusieurs parents d’enfants en situation de handicap mental issus de différents départements du Bénin nous ont contacté et sont en attente d’être consultés pour une prise en charge dès la rentrée prochaine.

 

Finalité de l’expérience vécue 

 

 Au Bénin, quelques Associations et le programme de Réadaptation à Base Communautaire (RBC) élaboré et géré par le Ministère de la Famille, mettent à la disposition des handicapés mentaux, des « Espaces Contact » dans lesquels  ces enfants bénéficient de la socialisation et participent à des activités ludiques.

Malgré la gratuité de l’école maternelle et primaire instituée par les autorités gouvernementales, l’instruction demeure inaccessible aux enfants handicapés mentaux. A cause de leur handicap et de l’absence de programmes éducatifs spécialisés, ils parcourent plusieurs écoles ordinaires sans résultat satisfaisant, avec des retards scolaires considérables (10 ans au CP).

C’est justement en réponse à ce besoin de Conception d’un programme éducatif intégrateur,  de Planification pédagogique individualisée, de Mise en œuvre rigoureuse avec une psychopédagogie appropriée aux réalités socioculturelles et environnementales et de pratique d’un système de Suivi – évaluation de l’impact des interventions sur les bénéficiaires – ce qui n’était pas encore de pratique au Bénin -  que MIWADAGBE développe le Programme d’Intégration des mineurs handicapés mentaux Non Scolarisés (PINS.) et a ouvert le centre Saint François d’Assise. Il importe de noter qu’avec l’Association des parents, un appel de fonds est en cours pour l’ouverture d’un Centre d’Aide par le Travail (CAT) qui accueillera les enfants après leur formation au PINS.

Le Programme (PINS) apporte à l’enfant plusieurs choses :

- En français, le bagage pour qu’il soit capable de lire et de produire un texte de lui-même.

- En calcul, le bagage pour qu’il puisse calculer et résoudre des problèmes très simples de la vie quotidienne.

Nous qualifions ce programme d’intégrateur car chaque enfant a un projet éducatif individualisé. Leur environnement, leur personnalité, leurs parents ont un réel impact sur leurs acquisitions. Nous en tenons compte pour que l’enfant trouve son autonomie. Cela reste notre objectif principal.

 

Mise en œuvre 

  • Le processus comprend trois étapes dont les deux écoles suivies de la phase d’insertion pour l’instant.

- Le CESO  ou Classe d’éducation spécialisée et d’orientation. Celle-ci est proche d’une maternelle associée à des rééducations.

- La CA ou Classe alternative qui comporte des apprentissages scolaires et des apprentissages de métier. La durée est de 5 ans au plus, découpée en 9 modules à raison de trois modules par an.

- Le CIP ensuite est une cellule d’insertion professionnelle. Nous essayons d’avoir idéalement un parent, un éducateur du centre, un tuteur qui suive le jeune en insertion, si l’enfant le peut.

Nous travaillons également sur un projet de CAT (centre d’aide par le travail) pour compléter notre proposition pour les adultes.

 

  • Parmi les 3 enfants accueillis en mai 2007, il y a Francky, un enfant trisomique très affecté par le handicap. Il présente des comportements d’autiste.

Plusieurs approches ont été expérimentées pour améliorer sa relation, pour développer un contact avec son environnement (humain, matériel,…). Parmi celles-ci nous faisons mention de l’idée de la conception d’un cahier de communication. L’expérimentation de ce cahier lui a donné : 

- la possibilité de manifester l’activité désirée ; de participer activement à cette activité ; de changer quand il n’en veut plus ;

- le goût d’aller vers l’autre pour demander ;

- de saluer ses amis dès son arrivée le matin au centre et de dire avec des gestes au revoir quand il veut rentrer.

 

Moyens 

 

L’Equipe multidisciplinaire  se compose d’une Infirmière, d’un Assistant social diplômé d’Etat spécialisé, d’un Psychologue clinicien, d’un Educateur spécialisé, de 3 enseignantes spécialisées, Art et couture, d’une Secrétaire, de  2 gardiens, sans oublier les stagiaires belges (éducatrices spécialisées, orthophonistes, orthopédagogue).

Des matériels didactiques, informatiques et électroniques sont utilisés.

L’association bénéficie également de l’appui financier ponctuel de personnes morales ou physiques (ami de l’un de nous ou d’une connaissance…).

 

Evaluation 

 

Tant qu’il y a à faire, rien n’est encore fait. Je n’ose pas apprécier parce que nous sommes dans un processus. Cependant, nous sommes très heureux de déclencher la prise en charge scolaire spécialisée, malgré notre contexte anthropologique et socioéconomique difficile.

Nous avons fait l’expérience du courage et de la persévérance, de la qualité de réflexion en équipe composée de personnes averties et nous croyons qu’il est possible d’aller encore plus loin.

Il faut ajouter que nous admettons dans notre école des enfants qui ont des capacités cognitives avérées. Je peux comprendre que cette réponse ne soit pas valide pour tous les enfants. L’école est ouverte depuis mai 2007 et nous avons fait deux rentrées après une phase pilote.

Ce que nous avons pu observer, c’est le retour des parents qui constatent que leur enfant a progressé. Après avoir tourné dans plusieurs écoles, l’un d’entre eux, à 16 ans, a enfin pu ouvrir la porte du calcul grâce à l’individualisation de la pédagogie. Il effectue aujourd’hui une addition avec retenue. Un autre, qui ne parlait pas, sourit et prononce très correctement : « Au revoir, merci Tonton... »

Cette réussite est due à plusieurs facteurs : la motivation du personnel, la coordination pour que chaque enfant puisse suivre réellement son projet personnel et le soutien des parents.

Il reste que faute de moyens, nous sommes freinés dans nos ambitions. Nous ne pouvons recevoir autant d’enfants ni réunir les compétences et les qualifications à hauteur de ce qui serait souhaitable.

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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