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Témoignage d'une mère d'auto-représentante auprès d'Inclusion International, APEIM, Maurice

  • Inclusion : Accessibilité
  • Afrique : Maurice
  • Témoignage

Par Irene Alessandri le 12/12/2012

Formatrice pour le réseau Inclusion International, Fadia Farah parcourt le monde avec sa fille Mia. Mia souffre du Syndrome de Down, mais cela ne l’empêche pas d’être une jeune femme épanouie et une porte-parole convaincante de la cause des personnes handicapées, au niveau mondial. Mia siège sur le comité de la Fédération Inclusion international et a participé aux discussions à New-York pour l’élaboration de la Convention Internationale des Droits des personnes handicapées. Rencontre avec Fadia, une maman très fière.

[Sous-titres disponibles en plusieurs langues pour la vidéo]

« Arrêter de parler à la place des personnes handicapées »

- Pouvez-vous expliquer votre mission ?

- Je suis membre d’Inclusion International, une organisation comprenant des parents d’enfants souffrant de retard intellectuel et des auto-représentants, c’est-à-dire des personnes handicapées qui mènent elles-mêmes leur propre plaidoyer. Nous souhaitons que chaque continent compte des auto-représentants, qui soient entendus lors des discussions au niveau mondial. Donc nous formons des personnes handicapées dans différents pays pour qu’elles se fassent entendre au niveau local, puis plus loin. Je crois qu’il est temps qu’on arrête de parler à la place des personnes handicapées, mais plutôt qu’on les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes, d’où cette formation organisée à Maurice.

- Quel rôle a joué votre fille Mia dans les discussions sur la Convention des Droits des personnes handicapées ?

- Au départ, il y avait un auto-représentant sur le panel et six ans plus tard, ils étaient six, dont Mia. Quand on m’a contactée pour que Mia participe, j’étais effrayée, je ne comprenais pas moi-même le langage des Nations Unis, mais finalement tout s’est bien passé. Aujourd’hui, avec Inclusion au niveau international, nous travaillons en particulier sur le rôle de la famille, sur l’importance de l’éducation inclusive et sur le droit des personnes handicapées à vivre dans la communauté. Ce sont des enjeux qui nous tiennent à cœur.

- Votre fille peut-elle voyager seule pour participer à des conférences ?

- Non, ce n’est pas possible jusqu’à présent.

- Est-ce qu’il n’y a pas un risque que les personnes souffrant de retard intellectuel se fassent berner par la langue de bois des politiciens quand ils vont faire leur plaidoyer ?

- Effectivement, mais si des changements sont intervenus dans plusieurs pays, c’est bien parce que des personnes comme Mia ont parlé, leur mots sont forts. Mais bien sûr, les auto-représentants ont besoin de support, de personnes-ressource, notamment des avocats. C’est comme quand vous achetez une maison, vous allez prendre les conseils d’un ingénieur civil, d’un évaluateur, d’un notaire… Dans la vie, c’est un Droit d’avoir des supports.

- Est-ce que tous les déficients intellectuels peuvent devenir auto-représentants ?

- Oui, mais cela ne veut pas dire que tous forcément pourront parler devant le public, par exemple. Nous allons travailler avec eux, mais on ne va pas prendre les décisions à leur place. Et tous peuvent participer à cette prise de décision, à l’émergence d’idées, de pistes pour le plaidoyer…

- Quel était le but de l’atelier et allez-vous revenir à Maurice ?

- En trois jours, nous avons posé les bases d’une synergie entre les 14 associations membres d’Inclusion Maurice et surtout les bases d’une synergie entre leurs bénéficiaires. Les leaders des ONG étaient habitués à se rencontrer, à travailler ensemble, mais pas les personnes handicapées des différentes associations.

La base c’est aussi que ces personnes handicapées s’acceptent telles qu’elles sont et aient confiance dans leur pouvoir de faire bouger les choses. Ensemble, ils pourront abattre des montagnes ! Nous avons déjà tiré des idées fortes pour le plaidoyer mauricien, notamment leur désir de pouvoir travailler, d’être rémunérés justement… ce qui sous-entend qu’ils ont besoin de formation de qualité. Apprendre, avoir accès à l’éducation, c’est leur cri du cœur ! Côté plaidoyer, ils devront avancer de leur côté et s’ils ont besoin de moi, je reviendrai. Mais d’abord, ils doivent avancer, car vis-à-vis des financeurs, je ne vais pas revenir à Maurice pour faire le même atelier, ce ne serait pas correct ! 

- Quelles sont les rêves de carrière des auto-représentants mauriciens ?

- Ils aspirent à devenir masseur, cuisinier, musicien, chanteur… J’ai senti qu’il y avait en eux beaucoup de peine d’être analphabètes et de ne pas avoir pu étudier davantage pour avoir accès à un métier qui les intéresse…

- Enfin, quelle est la situation des personnes handicapées au Liban ?

- Elle n’est pas bonne. Nous avons des problèmes, notamment avec des résidences fermées, qui maltraitent des personnes handicapées. Par contre, comme à Maurice la population est solidaire, il y a cet esprit de « grande famille », qui fait qu’en cas de décès des parents, la plupart des personnes handicapées retrouvent un toit, chez un proche qui va prendre le relais des parents.

Langue d'origine : Français
Dubois
29/06/2013 01:57
Je transmets à un ami Mauricien Facebook :) pour qu'il partage
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