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APEIM Association de Parents d'Enfants Inadaptés de l'Ile Maurice
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L'agriculture biologique, une opportunité pour Maurice, APEIM, Trianon, Ile Maurice

  • Travail et activité : Insertion professionnelle
  • Afrique : Maurice
  • Fiche d'expérience

Par Irene Alessandri le 31/08/2011

L'agriculture biologique a démarré à Maurice après avoir vu d'autres expériences à la Réunion et en France et constaté que c'était une activité propice pour les adultes.
Le contexte
 
L’APEIM, association des parents d’enfants inadaptés de l’île Maurice, a été créée en 1970. Elle compte 4800 bénéficiaires, dont 700 reçoivent un service régulier assuré par environ 100 membres du personnel. Installée dans 6 régions de l’île, elle a ouvert des services d’intervention précoce, d’inclusion en maternelle, primaire et collège, des écoles spécialisées, des visites à domicile et des ateliers pour des adultes. 
Le jeune adulte porteur d’une déficience intellectuelle est pris en charge selon un programme de réhabilitation vocationnel. 

Ce programme est encadré par une équipe de professionnels composée d’éducateurs, d’un médecin, d’un psychologue, d’une orthophoniste et d’une ergothérapeute.

A travers des activités visant à une mise au travail en situation réelle et d’un apprentissage des comportements sociaux, nous voulons renforcer chez ces adultes le développement personnelle et favoriser une intégration sociale et professionnelle.

Nous avons par la mise au travail, des activités agricoles, d’artisanat, de cuisine, de bois, d’entretien d’espaces vertes, de plomberie et de maçonnerie.

Les activités récréatives, sportives et cognitives visent à développer des compétences pour l’insertion sociale.
 
Actuellement, il y a deux sites qui ont un terrain à vocation agricole : Trianon et Bonne Mère. A Trianon le terrain a été donné par le gouvernement, une partie a servi à la construction des ateliers et des bureaux. A Bonne Mère ce sont les usines sucrières FUEL qui ont fait un don d’un terrain d’un hectare sur lequel est construite également l’école.
 
L’agriculture bio, une opportunité pour Maurice et l’APEIM
 
L’agriculture, nous l’avons démarrée après avoir vu d’autres expériences à la Réunion et en France et constaté que c’était propice comme activité pour les adultes. Le côté thérapeutique de la terre, c’est aussi celui de voir directement le travail qu’ils font avec la sortie de la graine, la plantule, avec la vie.
 
L’agriculture biologique est venue après un premier détour par l’agriculture raisonnée.
Maurice est dans un contexte de développement durable et protéger la nature a pris un sens éducatif. Elle permet d’éviter les désagréments dus aux produits chimiques avec leurs conséquences néfastes,. Le marché commence à s’ouvrir et l’on voulait apporter quelque chose de spécifique. Nous allons être les premiers certifiés à Maurice, ce qui valorise d’autant notre travail.
 
Les étapes de la reconversion et les premières implantations
 
La première étape a été de collaborer avec le PNUD, répondant à un appel à projet. Le projet sur les 2 sites a été retenu fin 2008,  il comprenait un volet agricole, à savoir la reconversion des terres avant la certification par ECOCERT qui a un bureau à Madagascar. Le certificateur est venu trois fois, et nous bénéficions également des services d’un conseiller technique sur place ici à Maurice.
 
Le programme comporte aussi un volet social qui est la mise au travail de jeunes adultes de 18 à 55 ans. Ce projet fait une place entière aux filles, alors qu’à Maurice, l’agriculture était surtout une affaire d’hommes. Nous avons prévu en final, comme débouchés, la vente sur place et la vente directe aux hôtels de légumes et fruits locaux, voire l’exportation.
 
Pour l’instant, nous écoulons par la vente sur place ce que nous produisons. Les productions envisagées sont la banane, la goyave, les mandarines,  les mangues, avocats. Comme légumes nous testons haricots, poireaux, carottes, betteraves, brèdes.
 
Nous expérimentons également la culture de thym citron, romarin, basilic, citronnelle et autres plantes aromatiques. Le CAT la Vie en Herbes, spécialisé dans ce type de production en France nous a fait des propositions de partenariat.
 
 
 
Moyens
 
Un hectare et demi est consacré à cette culture. Notre partenaire, le PNUD a versé en différentes tranches la subvention, et la certification devrait être acquise dans les mois qui viennent. Sur Trianon un groupe de dix adultes travaillent, mais tous les jeunes des autres ateliers passent ( ?) également à cultiver la terre. Sur Bonne Mère actuellement ils sont cinq après avoir été jusqu’à douze. Quatre moniteurs éducateurs, formés en interne et avec une formation initiale dans le social, conduisent l’activité. Deux d’entre eux ont une formation agricole. J’assure la supervision comme chef de service.
 
Le projet a bénéficié d’aides du PNUD à hauteur de 40 000 euros environ. La Barclays, une banque mauricienne a participé en apportant plants et outils. Une partie du programme européen DCP a été consacrée à cette activité agricole. Il n’y a pas de locaux spécifiques consacrés en dehors des deux serres présentes chacune sur les deux sites.
 
Premiers enseignements et évaluation
 
Il est encore tôt pour tirer des leçons définitives. On peut cependant déjà noter que les personnes handicapées ont beaucoup appris en voyant pousser les plantes, en utilisant les techniques. Ils ont surtout progressé à travers les comportements et habitudes, être régulier, ponctuel, bien se comporter. Ils peuvent vraiment voir la finalité du travail, faire les différents étapes.
Dans l’atelier bois leur participation est de 5 à 10 %, alors que là elle est près de 80%. Ceux qui sont plus en difficultés peuvent donner un coup de main à des tâches très simples.
 
Manier la terre permet à ceux qui ne peuvent rester en atelier de se défouler. Le contact de la terre a cette vertu thérapeutique que nous cherchions. Les familles par contre ne voient pas toujours cela d’un bon œil, car le souvenir du laboureur pauvre, parfois exploité est encore vivace ici à Maurice.
 
Les difficultés que nous rencontrons sont l’exposition au soleil qui est parfois source de malaise. Certains ne peuvent pas faire cette activité. La formation réclame beaucoup d’attentions. Presque personne ne connait l’agriculture bio ici, pas de graines bio et très peu de produits bio pour se défendre contre les insectes et autres maladies.
 
On a eu pas mal d’accidents de cultures, les tomates, les brocolis…mais on progresse. On identifie petit à petit ce qui pousse bien ici, sous serre ou en pleine terre.
 
Cette activité parait bien sûr tout à fait possible d’être menée ailleurs. Ce qui nous a manqué ce sont les données de base au départ et je suis bien sûr prêt à conseiller ceux qui veulent tenter cette conversion.
 
    Langue d'origine : Français
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