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Solliciter la motivation dans la thérapie en psychomotricité par une écoute et un regard appropriés, Douala, Cameroun

  • Santé : Soins paramédicaux
  • Afrique : Cameroun
  • Fiche d'expérience

Par Florence Nkembé le 13/08/2013

La question qui détermine mon travail au centre Anaïssa est celle du processus de guérison, long et parfois aléatoire. Mais comment les personnes accueillies appréhenderont-elles la vieillesse avec leurs handicaps si elles ne deviennent pas autonomes.

Le contexte

 

Le centre Anaïssa a ouvert ses portes en septembre 2004 et est situé au sein du lycée polyvalent de Bonabéri à Douala, Cameroun, dans des locaux en matériaux écologiques.

La fondation Anaïssa a de nombreux projets aussi bien pour des aménagements, des recherches de fonds pour le développement du centre et pour le recrutement de personnel spécialisé.

Le centre Anaïssa accueille entre huit et dix personnes ayant tout type de handicap psychomoteur. En fonction du handicap de la personne, du matériel didactique à disposition et de l’intérêt exprimé par la personne, les services et activités proposées varient.

Les professionnels du centre Anaïssa parlent d’ailleurs non pas de services ou d’activités mais de thérapies. Ces dernières sont basées sur les recherches personnelles du (de la) psychomotricien(ne) en fonction des personnes accueillies et du matériel disponible.

 

Finalité de l’expérience vécue

 

La question qui détermine mon travail au centre Anaïssa est : pourquoi le processus de guérison est long et parfois  aléatoire  et comment les personnes accueillies appréhenderont-elles la vieillesse avec leurs handicaps si elles ne deviennent pas autonomes.

L’objectif du centre Anaïssa est de répondre aux besoins des personnes accueillies en termes d’attention et de partage affectif tout en répondant à un objectif thérapeutique particulier. Comme les personnes sont uniques, les thérapies se doivent d’être individuelles.  Le cadre de travail des professionnels du centre ne permet pas de déterminer un objectif éducatif particulier mais certains enfants accueillis ont davantage besoin d’éducation et moins de thérapie et vice-versa.

 

Je suis arrivée à la Fondation Anaïssa en 2007 et mon travail consiste à assurer une psychothérapie pour les enfants du centre et de faire correspondre cette psychothérapie au désir de chaque enfant. La disponibilité et la ponctualité  sont de rigueur.

 

La mise en œuvre

 

J’ai fait partie d’une promotion de formation entre 2003 et 2007 et ai effectué des stages dans différents centres scolaires et médicaux (pédiatrie, maternité…). En juillet 2007, un échange a été organisé au Cameroun et trois étudiants français sont venus partager leurs connaissances et expériences avec leurs homologues camerounais. Ce séminaire a été suivi par la mise en place d’un partenariat entre la France et le Cameroun et des échanges réguliers avec 14 étudiants.

Au départ l’évolution de la psychomotricité au Cameroun a été très difficile dans la mesure où tout était à imaginer et créer. Dans la pratique quotidienne, quand un patient présentait un nouveau comportement,  l’approche n’était pas facile. Au fil de  temps, grâce à Internet, à des études et des mémoires des étudiants français du séminaire de l’été 2007, j’ai pu débloquer certaines situations des enfants accueillis. Ce qui était le plus frustrant était l’attitude des parents et leur refus de participer, mais ce refus était compréhensible car on introduisait de nouvelles façons de faire qui étaient plus compliquées et plus lourdes à mettre en place.

 

Mon rôle s’articule autour de celui de la pédagogue et de l’éducateur. Pendant une réunion de synthèse chacun détermine son rôle et les limites à ne pas dépasser pour ne pas empiéter sur le travail de son collègue.

L’alternance entre le collectif et l’individuel est importante et même obligatoire. En face de la psychomotricienne chaque enfant a envie d’être pris à part, et certains ont un handicap profond. Leur suivi ne peut pas se faire dans le groupe. Mais parfois, en prenant un enfant plus actif que les autres on peut demander aux autres de l’imiter et profiter de l’effet de masse à ce moment-là. 

 

 

 

Les moyens nécessaire à mon travail

-Sur le plan humain : Sur le plan humain, j’ai bénéficié d’une formation en psychomotricité, à l’Institut Panafricain de Psychomotricité et Relaxation à Douala.

- Sur le plan technique et matériel : Le Centre Anaïssa est constitué de locaux à matière finie au milieu des espaces verts.

Le Centre utilise souvent des matériaux de récupérations et certains matériaux de bourrelier tel que les Géo puzzles : exercices de discrimination visuelle et approche de la symétrie,  organisation spatiale, repérage.

La géo topologie permet le développement du raisonnement logique mathématique.  Plusieurs méthodes concourent à l’intervention en psychomotricité. J’utilise entre autre la  méthode de relaxation G. B. SOUBIRAN ET WINTREBERG.

 

 

Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

 

Pour les personnes bénéficiaires de ces séances de psychomotricité, la satisfaction est grande, aussi bien sur le plan psychique que physique. Dans mes échanges verbaux avec les enfants, j’utilise le français -une déformation de métier- . Cela permet aux enfants d’apprécier plus facilement une certaine harmonie.

Concernant les moyens du centre Anaïssa, l’augmentation du nombre de personnels est une urgence tout comme l’acquisition de nouveaux matériels  didactiques.

Le travail psychomoteur est une tâche très expansive dans la mesure où tout le monde peut bénéficier de la rééducation, de la relaxation. D’une manière ou d’une autre, les séances de relaxation ne sont pas réservées aux seuls handicapés psychomoteurs. Bref c’est une activité à large spectre dans la vie humaine. Sa seule limite peut se situer peut-être au nivaux des objets.

Un enseignement à partager : aimer la collaboration avec les autres dans leurs difficultés.

Fiche rédigée par Madeleine Bopda, psychomotricienne

 

 

Langue d'origine : Français
Dubois
02/10/2013 09:55
Merci pour cette belle description, je découvre dans un langage à ma portée un travail et métier qui me parait fait avec beaucoup d'attention et d'amour: merci en effet de considérer que chaque cas est un individu unique. Bien Cordialement et avec tous mes encouragements à toute l'équipe
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