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Formation professionnelle des accompagnants aux personnes ayant un handicap mental, moteur et/ou psychique, à Homs, Alep et Damas (Syrie)

  • Travail et activité : Formation
  • Asie : Syrie
  • Fiche d'expérience

Par Emilie Luciani le 02/08/2012

L'IECD met en place des formations à destination de professionnels accompagnant des personnes en situation de handicap, en s'appuyant sur les partenaires locaux.
  1. Le contexte
 
L’Institut européen de Coopération et de Développement (IECD), fondé en 1988, est une Organisation Non Gouvernementale (ONG) dont le siège est situé à Paris.
La Délégation Proche-Orient de l’IECD est à Beyrouth, et il existe un bureau Syrie à Damas.
 
L’organisation souhaite être « semeurs d'avenir » en donnant les moyens à toute personne de se former pour trouver sa dignité et devenir un acteur responsable dans la société.  La méthodologie de l’IECD est d’inscrire le partenariat local au cœur du projet.
L’IECD compte 2 domaines privilégiés d’intervention :
- la formation technique et professionnelle (métiers de l'agriculture, de l'industrie, de l'hôtellerie et de la santé) ;
- l’appui à la très petite entreprise.
Les projets de l’IECD contribuent aussi au renforcement des structures éducatives, sanitaires et sociales.
 
 Le projet de formation professionnelle des accompagnants concerne des enfants en situation de handicap mental, moteur et/ou ayant des troubles envahissants du développement. Au total, près de 2000 enfants (de 0 à 21 ans environ) bénéficient du projet.
Près de 30 associations de Damas, Homs, et Alep bénéficient des activités du projet.
Une centaine de professionnels - éducateurs spécialisés, instituteurs, kinésithérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, psychologues et ergothérapeutes  - suit les formations.
 
Le projet prévoit un volet de formation professionnelle théorique et pratique et du financement de matériel.
 
  1. La finalité des formations des professionnels à l’accompagnement des personnes
 
On estime qu’en Syrie, plus de 500 000 personnes se trouvent en situation de handicap moteur ou mental. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur le handicap, et la prise en charge est moindre. Les professionnels manquent de formation.
 
Parmi les attentes principales des personnes ayant un handicap et de leur entourage, il y avait le souhait de l’amélioration de la prise en charge, et parfois de mettre des mots sur le handicap (en Syrie, l’établissement du diagnostic et des causes du handicap est plus difficile). Du côté de l’organisation, l’attente est d’essayer de répondre aux besoins des personnes et des professionnels (formulés ou non).
                                                                           
L’objectif final du projet est l’identification et l’accompagnement de futurs formateurs parmi les professionnels formés (ainsi, les personnes formées et repérées transmettent leurs compétences), et la création d’une plateforme pluridisciplinaire de professionnels syriens compétents.
 
Il n’y avait pas vraiment de crainte préalable à la mise en place du projet ; néanmoins, la situation de conflit/révolte depuis mars 2011 a été un gros frein.
 
  1. La mise en œuvre
 
Les formations ont débuté en 2010 ; elles sont structurées en formations théoriques sur 2 jours régulièrement et un accompagnement terrain quotidien. Tous les professionnels sont concernés : éducateurs spécialisés, instituteurs, kinésithérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, psychologues et ergothérapeutes.
 
Des actions sont mises en œuvre avant, pendant et après travail sur le terrain. Le formateur de l’IECD analyse le terrain puis effectue un repérage des besoins/lacunes puis procède à la formation théorique.
Il peut s’agir de formations sur les différents types de handicap : les troubles envahissants du développement, la myopathie, l’infirmité motrice cérébrale (IMC),… sur l’accompagnement : les causes du handicap, le projet d’établissement, le projet individuel…
L’IECD forme à la mise en place de supports type snoezelen, etc., et forme les professionnels à l’accompagnement terrain, au quotidien.
 
La formation fonctionne actuellement au niveau théorique et pratique à Alep pour les associations d’Alep, et dans un autre temps sur Damas (pour les associations de Damas et Homs.) Depuis 6 mois, l’IECD forme au Liban également, à travers ses partenaires libanais.
 

  1. Les moyens
 
Sur le plan humain :
Deux formateurs de l’IECD travaillent main dans la main avec des partenaires locaux (responsables d’associations, médecins, etc.) afin de préparer puis mettre en place le programme de formation.
Une formation d’éducateur spécialisé et de formateur paraissent indispensables pour la personne qui est amenée à former les professionnels. La langue arabe, parlée par ces formateurs, est un avantage certain ; l’IECD disposait d’un traducteur en complément.
 
Sur le plan financier : Le projet a été financé dans sa totalité par la fondation Drosos.
 
Sur le plan technique et matériel :
Les formateurs interviennent directement au sein des associations locales. Certaines ont bénéficié de financement de matériel. Ces équipements sont utilisés lors des formations.
 
  1. Evaluation
 
Le projet démarre sa 3ème et dernière année [à la date de juillet 2012] ; pour le moment les objectifs à court terme sont atteints.
 
Les satisfactions principales sont les suivantes :
Près de 30 associations de Damas, Homs, et Alep bénéficient des activités du projet. Une centaine de professionnels a réussi son examen de passage en année 3 et  suit de nouvelles formations. Près de 1500 enfants et leurs familles suivis par les associations qui participent au projet ont vu leur prise en charge améliorée.
 
A l’avenir, l’évolution souhaitable est que les pouvoirs publics s’investissent davantage ; cette nécessité est due au coût de la prise en charge, trop élevé pour une famille pauvre. Mais c’est surtout une modification des programmes universitaires qui est nécessaire, afin d’assurer une meilleure formation de base aux professionnels travaillant dans le secteur du handicap.
 
Compte tenu de la situation dans le pays d’une part et d’une très forte demande sur tous les plans (formation, matériel, etc.) d’autre part, nous ne pouvions pas toujours y répondre.
 
En tant qu’équipe mettant en œuvre le projet, nous tirons beaucoup d’enseignements de ces formations : je constate que les sociétés sont toutes enclines à questionner et à agir sur les questions liées au handicap et que les échanges interculturels sont très intéressants.
 
Notre conseil à ceux qui souhaiteraient entreprendre ce type de projet :
Prendre le temps de l’analyse puis agir en partenariat avec les acteurs locaux sur le long terme.
 
Hakim Kabour
Psycho-éducateur et formateur
Projet Handicap Syrie, IECD
  
Langue d'origine : Français
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