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Groupe percussionniste Esat, percussions et répercussions sociales

  • Inclusion : Accessibilité
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par LAROCHE JEAN le 09/07/2012

Un groupe à part entière, connivence, cohésion, cohérence, gestion autonome d'un concert, rythmes endiablés ou ambiances feutrées, l'art de la percussion dans des rencontres festives

1 Percussions et Repercussion:

4 adultes TH en Esat Saint-Sauveur ou en Ea [Entreprise adaptée] Vesoul (Adapei 70) de 22 à 36 ans, 4 batteurs, dont une femme, 4 battants du champ de la déficience intellectuelle et de l'efficience émotionnelle.

Répercussion trimballe son sens du rythme et de la rencontre (+ de 200 concerts) dans toute la région dans les établissements spécialisés mais aussi et surtout pour des associations, des fêtes, des écoles-collèges-lycées, des centres sociaux, des maisons de retraites, des carnavals, des fêtes de rues.

Des participations à des projets culturels du département-région, à des débats ou colloques (IRTS). Des milliers de personnes rencontrées sur la base des compétences et non des déficiences. Le tout dans le punch, la reconnaissance locale en douceur en lieu et place de la discrimination en douleur.

Répercussion est un groupe à part entière, on répète, on crée, on reprend, on discute, on pousse des analyses, on tire des conclusions, on écoute de la musique. Dans les rapports avec le public après les concerts on surprend aussi par notre connaissance de la percu, de la musique, et notre aisance à battre et à débattre.

2 Superbe à l'aise plus que super-balèze, l'aventure pas la devanture

Passionné par le rythme et voulant le transmettre dans l'exercice de ma profession et ayant perçu leur intérêt pour la musique ; s'agissant d'adolescents une question me taraudait : Pourquoi n'auraient-ils pas leurs années guitare, leur droit de rêve ? J'ai donc lancé un atelier musique avec une idée force : je voudrais que ce soit une aventure. Il s'agissait de percussion ; beaucoup d'enfants se sont révélés happés, beaucoup ont surpris, quelques uns ont montré leurs véritables talents.

Batteur certes, mais amateur, je craignais de n'être pas à la hauteur mais envisageais de collaborer avec des écoles, et nous avons débarqué dans une école associative , au milieu de tout le monde, nous avions des soucis de mémorisation mais en improvisation on se rattrapait.

Le prof de percu ne connaissait pas le handicap, et craignait un peu, nous nous sommes formidablement entendus, Repercussion s'est étoffé.

L'objectif final a été plusieurs fois repoussé, jouer en public mais en interne, se fondre dans d'autres groupes, jouer à l'extérieur, puis jouer seul sans éducateur, sans 'édubatteur', puis enregistrer un CD, et on n'a pas fini !

3 Ils frappent et tapent et d'étape en étape épatent…

Un principe moteur, le plaisir, l'envie, l'en-vie, le désir d'aller plus loin, le désir de se faire connaître et reconnaître. L'objectif final, on l'a vu, a sans cesse été repoussé plus loin. La reconnaissance, les repercussions autant que les percussions, être - à dose modeste bien sûr - reconnu comme musicien, figurer dans les pages culturelles plus que dans la case « handicap », générer de l'énergie, de la communication du plaisir. Nous avons à chaque fois mis la barre un peu plus haute et avons souvent été fier de notre travail.

Nous avalons des kms et des sandwichs et des concerts depuis 1998, la seule chose qui n'ait pas changé : la gnac ! Ce qui a le plus changé ce sont les échanges après les concerts où chaque membre est beaucoup plus participatif et s'exprime plus sur cet échange étrange et ce transfert d'énergie entre le public et le groupe que représente un concert.

4 Des battants, des arguments frappants et percutants, beaucoup de solide à rythmer, beaucoup de solidarité

Cette action a été possible grâce à la conviction, individuelle et collective, la conviction du groupe et de nos soutiens (amis, parents, professionnels de la musique ou collègues de travail, journalistes, quelques politiques, public en général). Quelques magasins de musique ou artisan facteur d'instruments nous soutiennent, nous choisissons ensemble et avons acquis petit à petit - grâce à l'inscription de notre projet dans le projet d'établissement et associatif - un matériel de qualité varié, esthétique et original. Il a fallu patienter et avons perdu quelques occasions faute de moyens suffisants, mais c'est surtout le temps qui fait défaut et la difficulté de réunir plusieurs institutions autour de nous.

5 La différence est un plus

Nous avons donné des concerts, plus de 200, parfois devant plus de 1000 personnes, dans des grandes manifestations, avec des musiciens prestigieux (Carlo Rizzo), nous avons « enseigné » notre art dans des écoles maternelles primaires secondaires, des lycées, monté des spectacles, convaincu des milliers de gens que « la différence est un plus ».

Nos objectifs de départ, vivre une aventure (tel que formulé dans le projet initial) est toujours d'actualité, mais les ambitions ont été pulvérisées, alors comme le dit souvent Fredo « on est fier de ce qu'on fait ».

Les limites sont dues aux contraintes institutionnelles, gestion de planning, amplitudes horaires et autres joies administratives des contraintes qui, bien qu'assouplies au maximum, restent un carcan, sans parler de la diversité des institutions - Esat, foyers, parents, trois façons de voir le monde.

Un conseil à donner ? S'appuyer sur son groupe, débattre des grandes décisions, ne pas changer de cap même si on choisit d'autres voies, d'autres moyens, d'autres chemins. « Nul vent ne sert au capitaine qui ne connaît pas sa destination » Sénèque

Concours: Concours HANDIPARTAGE 2012
Langue d'origine : Français
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