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Accueil Témoignage de M. Cédric Lefevre, sur le métier d’éducateur spécialisé travaillant en libéral.


Témoignage de M. Cédric Lefevre, sur le métier d’éducateur spécialisé travaillant en libéral.

  • Inclusion : Accessibilité
  • Europe : France
  • Témoignage

Par Cedric Lefevre le 12/02/2018

J’ai décidé de me lancer en libéral, parce que le cadre institutionnel ne me convenait pas. La mission que j’imagine aujourd’hui, en statut libéral, c’est une mission à domicile. Je viens pour travailler au besoin et au projet de cette personne, en dehors de toute contrainte collective imposée par le cadre institutionnel.

Ma réflexion sur un nouveau cadre pour exercer ma profession ne date pas d’hier. Cela fait 10 ans que je suis éducateur spécialisé diplômé et salarié. J’ai décidé de me lancer en libéral, parce que le cadre institutionnel ne me convenait plus. Une phrase résume un peu où j’en suis aujourd’hui : « Le leurre de l’individualité en collectivité. »

J’ai eu la chance d’occuper différents postes, dans différents structures. J’ai eu la chance d’avoir des responsabilités en tant que coordonnateur d’équipe. Mais la réalité des établissements  en France veut qu’on se retrouve le plus souvent avec un groupe en collectif. Or le taux d’encadrement ne permet pas de travailler correctement avec une personne lorsqu’on a tout un groupe  à accompagner. Au final la demande collective l’emporte sur l’accompagnement individuel. On n’a pas le temps de mettre vraiment en place le projet individuel. Les points individuels, trop souvent, ne sont  pas bien connus par les membres de l’équipe.

La mission que j’imagine aujourd’hui, en statut libéral, c’est une mission à domicile. Je viens pour travailler au besoin et au projet de cette personne. On est dans un échange entre elle et moi, en dehors de tout collectif.

Je me destine vers un public ayant un handicap intellectuel, polyhandicap ou handicap moteur, aussi bien enfants qu’adultes

Avant de me lancer dans le projet, j’imaginais de nombreuses possibilités pour le financement. Or il n’y pas grand chose qui existe.

Pour être agrémenté, on est assommé de contraintes administratives, qui réclament de la part du postulant  des notions juridiques, un local soumis à des normes de sécurité strictes, des journées d’astreintes … Je devrais créer les outils de la loi 2002, tous les outils d’un établissement. Or ce n’était pas le projet d’une personne seule.

J’ai privilégié une autre voie, celle de l’emploi direct d’une tierce personne, reconnue par la MDPH – Maison des personnes Handicapées-. Ce qui fait que la personne handicapée peut être remboursée à hauteur de 14 € par heure, à concurrence du nombre d’heures accordées par la commission d’évaluation des besoins.  Aujourd’hui la vraie ressource pour les familles, c’est donc l’Allocation Personnalisée de Compensation du Handicap –ACPH-. Mon prix d’intervention étant de 27 € de l’heure, il reste à charge 13 €.

Les types d’intervention vont être classiques : autonomie, apprentissages des gestes de la vie quotidienne, repas hygiène corporelle, repères temporels.

Je me démarque cependant des gestes de l’aide personnelle accordée par l’aide à domicile. L’accompagnement que je souhaite apporter est avant tout éducatif. Mon but dans la toilette s’il reste la propreté, consiste surtout en un apprentissage de l’hygiène.

La socialisation est une autre de mes missions. Cela passe par des activités culturelles, sportives, des sorties comme le shopping, la piscine, toutes activités d’intégration sociale qui permette vraiment la sortie du domicile.

S’ajoute la communication non verbale  par des pictogrammes ou autres techniques reconnues. Par le biais de jeu, on travaille les acquits intellectuels, couleurs, chiffres, stratégies, jeu coopératifs. Tout étant fonction du niveau de handicap.

Cela peut être aussi un accompagnement administratif pour les démarches de demande d’aide ou allocation. Cela concerne aussi bien la personne handicapée que sa famille.

Je viens à domicile pour intervenir auprès de la personne, mais c’est un accompagnement aussi de la famille à qui je peux apporter un soutien. Ma présence permet aux parents d’avoir un répit dans la journée.

Cela peut être un accompagnement ponctuel, pour travailler ‘le demain’, l’orientation, les inscriptions dans un établissement, à un service.

Des services aux familles existent, mais pour c’est de l’aide au ménage, au nursing. Un accompagnement éducatif qui va au fond des choses, cela n’existe pas ou alors sur très peu d’heures.  L’éducateur, en institution, est le centre de toutes les intervenants qui gravitent autour de la personne. Dans ma proposition, au niveau du domicile, ce peut être aussi lui qui recueille et dispatche les informations, avec un report à la famille.

Le travail avec les familles est délicat, car elles peuvent avoir des demandes conflictuelles avec les demandes de la personne. Dans ce cas mon travail est celui d’être médiateur. Les parents étant H 24 avec leur enfant, ils ne sont pas dans le même déni que celui qu’on connait dans les institutions.

Pour faire connaître mes propositions, je suis passé par les kinésithérapeutes, les assistantes sociales, les infirmières. Ensuite j’ai procédé par articles de presse. Mes premiers contacts sont venus par ce biais.

Certes cette idée j’y pense depuis deux ans. Comme c’est nouveau, on ne sait pas ou nous ranger. Un éducateur à domicile, on ne sait pas trop pourquoi l’appeler. La culture en France est surtout institutionnelle. Suite à l’article de presse, j’ai eu un appel d’un éducateur, à bout de souffle en institution. Il n’envisageait pas cet aspect du métier.

Je crois que si on a envie de poursuivre son métier, le domicile est l’avenir. On fait un travail de meilleure qualité à domicile qu’en institution.  Les listes d’attente s’agrandissent. Or en développant les interventions, nous pouvons prendre en charge ceux qui restent sur le carreau.

Cedric Lefevre : educathomeservices@gmail.com

Langue d'origine : Français
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