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Formation de professionnels d’Arabie Saoudite sur l’accompagnement de personnes ayant un handicap mental, en vue de l'ouverture d'un centre de jour

  • Santé : Santé au quotidien
  • Asie : Arabie saoudite
  • Fiche d'expérience

Par Denis Pelsy le 25/07/2013

Dans le cadre du projet "Mothers of Riyad", commandité et financé par l'ambassade de France à Riyad, deux accompagnantes ont animé la deuxième session de formation en vue de l'ouverture en Arabie Saoudite, d'un centre de jour pour personnes ayant une déficience intellectuelle grave et de troubles du spectre autistique .

Contexte :

Présentation :

Meriem : Je suis accompagnante à la MAS la Source, de la Fondation des Amis de l’Atelier pour des personnes ayant un handicap mental et psychique et quelques personnes ayant un handicap lourd. Je suis diplômée DEAMP. J’ai une expérience auprès des personnes avec Alzheimer et Parkinson et j’ai travaillé en institut médico pédagogique, institut médico-éducatif et un foyer de vie pour personnes ayant un handicap moteur.

Bakhta : je suis accompagnante diplômée DEAMP de l’école IRFASE, je travaille  auprès des personnes avec un handicap mental «  le Foyer de vie Idalion » de la Fondation des Amis de l’Atelier à Combs la ville. Auparavant, j’ai travaillé auprès de personnes autistes, de personnes avec Alzheimer et également des personnes polyhandicapées et en situation de handicap moteur. J’ai suivi des formations sur l’autisme (méthode PECS) et sur l’approche de la vie affective et sexuelle pour les personnes handicapées en général. En ce moment je travaille avec un groupe de femmes sur la vie affective et sexuelle.

Engagement dans le projet « Mothers of Riyad » :
M : Comme j’avais déjà fait plusieurs formations, mon directeur m’a demandé si j’étais intéressée par aller former des professionnels au Moyen-Orient.   Madeha et Amal en sont les fondatrices. Je suis de culture musulmane donc je connais les difficultés des femmes et des personnes handicapés dans ces pays. Je voulais apporter une ouverture dans un pays où les femmes rencontrent des difficultés à insérer leurs enfants handicapés dans la société.

B : Le directeur m’a transmis l’information du projet « Mothers of Riyad ». L’organisateur du projet est ensuite passé dans mon établissement. J’ai décidé de poser ma candidature et m’engager à participé à ce projet afin de tendre la main à ces femmes  qui luttent pour l’insertion du handicap mental dans la société saoudienne et de découvrir leur mode de vie.
Ainsi une expérience professionnelle et action humaine pour moi rapporteront que du positif.

Finalité de l’expérience :

M : Notre objectif était de former des professionnels et de transmettre notre expérience dans l’accompagnement des personnes avec un handicap mental. Notre objectif était aussi d’aider à l’ouverture d’une structure pour que des jeunes puissent être accueillis.

B : A la base nous ne sommes pas des formateurs, mais nous avons des expériences riches alors pourquoi ne pas les partager. L’objectif était aussi le partage d’expérience et le contenu du programme c’est de mettre  en place la notion - TO CARE TO CURE-
C’était l’occasion de découvrir un autre mode de vie et de voir comment il était possible de les aider. On a essayé de former des professionnels qui seront eux-mêmes formateurs par la suite. Ils demandent d’ailleurs plus de formations ou d’autres approches pour qu’ils puissent développer leurs connaissances. 

Le déroulement de l’action

Durée de l’action :
M : J’ai fait les 2 sessions : une première en octobre 2011 qui était une session de sensibilisation. C’était une  première approche pour voir quels professionnels il y a avait en face et quelles étaient leurs attentes. Nous avions rencontré des familles et  visité des centres. La deuxième session a duré deux semaines.

Déroulement de l’action :
B : Pour la deuxième session, nous sommes donc parties deux semaines, et nous avons fait la formation sur  deux fois cinq jours. Pour compléter la première session de sensibilisation de 2011, nous avons commencé par  trois jours de théorie avec les professionnels, les parents. Ça s’est très bien passé, il y avait une salle avec du matériel audiovisuel et l’équipe était motivée et à l’écoute. La participation était très dynamique, et les échanges très riches. Nous sommes parties avec de nombreux documents et des supports d’images que l’on a pu utiliser pour travailler.
Le directeur général de la Fondation des Amis de l’Atelier est venu pour la fin de la formation théorique et l’accueil des premiers jeunes. Cela s’est fait en présence de l’ambassadeur de France à Riyad, de son épouse et de la correspondante de France Télévision. Ce projet de formation a été cofinancé par la France.

 

M : Ensuite il y avait sept jours de pratique. L’équipe saoudienne demandait ce qu’ils pouvaient mettre en place. Ils avaient des idées ; donc nous les avons laissés réaliser le programme des activités. En fonction de leur proposition, nous choisissions ensemble pour définir comment mettre cette activité en place, pourquoi c’est intéressant pour le jeune, quel est l’objectif recherché derrière cette pratique.
Les activités avaient lieu  le matin. Ils arrivaient à 9h30 et repartaient à midi. Les parents participaient parfois mais n’étaient pas toujours là. A 9h30 on accueillait les jeunes, on avait une activité principale de 30 à 45mn, une pause détente avec une collation et nous avons aussi fait des sorties au gymnase ou juste une promenade. Le rituel de départ à midi était une sorte de fête.

Analyse des pratiques :
M : On préparait la veille la pratique du lendemain. Il y avait des questions pertinentes. C’était très intéressant.

B : Pour faire l’analyse de la pratique que les professionnels avaient faite, on commençait toutes les deux par dire ce que l’on avait observé. On leur demandait aussi leur ressenti, leurs propres observations. Ensuite nous faisions un échange sur la façon de mener une activité et de là arrivaient leurs questions.

Moyens :

Les locaux :
B : La formation théorique se faisait dans une unité spécialement utilisée pour les formations. Nous étions dans une salle réservée, toute équipée.
Pour le centre de jour où nous avons accueilli les jeunes, nous étions dans l’un des appartements qui normalement accueillent des médecins. Il y avait une grande pièce avec une kitchenette, et un salon. Nous avons aménagé une pièce pour les activités manuelles, organisé un salon de relaxation, et le coin cuisine servait à prendre les collations. Nous avons d’ailleurs organisé une activité cuisine où ils ont préparé des sandwichs. Une réussite !
Cet appartement se situait à Humanitarian City, appartenant à la fondation du frère du roi. C’est un grand centre consacré à la réadaptation des personnes ayant un handicap. A la base c’est un hôpital avec tous les corps de métiers médicaux. Aujourd’hui c’est devenu une sorte de village.
Toutes les activités se faisaient dans Humanitarian City. Seul l’équithérapie se faisait à l’extérieur mais la personne qui y travaille est liée à la fondation.

Personnes accueillies:
8 personnes formées :
- 2 éducateurs sportifs
- 1 Ergothérapeute
- 5 éducateurs spécialisés.

Accompagnement de 6 jeunes ayant un handicap :
2 filles et 4 garçons. Les filles sont les enfants des créatrices de l’association Mothers of Riyad. Elles ont 17 et 22 ans. L’une est autiste et l’autre polyhandicapée. Chez les garçons, 2 étaient autistes et 2 étaient psychotiques. Seuls les garçons avaient acquis la communication verbale et deux d’entre eux s’exprimaient très bien.

Evaluation :

 

M : Le travail que l’on a fait avec les jeunes c’est le travail que je fais à la Fondation, donc ça m’a aidé. Mais sur place il fallait les motiver au départ. Nous avons commencé avec les 2 filles de Amal et Madeha, auxquelles se sont adjoints 4 garçons. Une fois que le noyau a été formé avec les 6 il y a eu une évolution. Les 4 garçons qui nous ont rejoints et les familles étaient très impliqués. Le dernier jour nous sommes parties avec l’espoir qu’il allait y avoir quelque chose. En 2010 on a laissé Madeha et Amal toutes seules avec une collaboration à mettre en place avec Humanitarian City. Là, je suis revenue avec l’espoir que la responsable de Mothers of Riyad ne sera pas toute seule. Les parents et surtout les professionnels ont vu les progrès. Ils étaient ravis. Ils nous ont offert des cadeaux, symboles de confiance, ça n’est pas n’importe quoi. Ils ne l’auraient pas fait s’ils n’avaient pas pensé pouvoir continuer sans nous par la suite.

B : On n’a pas réussi à 100%, mais à 80%. Tout ce qui est théorique s’est très bien passé. On a complété avec la pratique. Quand nous avons parlé réalisation de projets de vie des jeunes, on a répondu à leurs questions mais nous n’en n’avons pas fait. Cela a sans doute manqué. Les professionnels n’étaient là que pour la formation, détachés de leur clinique pour quelques jours, mais pour faire un projet il faut une continuité avec le jeune. C’est ainsi que l’on peut le mettre en place. Et ils ont l’air très intéressé par ce travail.
Il y a eu des évolutions dans leur approche. Notamment sur la patience, comment prendre soin de la personne et comment changer ce regard. Si on change le regard envers la personne et si on a une nouvelle approche, qu’on la considère comme une personne entière égale à nous, notre travail sera facilité.
Il y a eu aussi des évolutions dans leurs pratiques, et nous avons eu de très bons résultats. Ils pensaient que les filles ne pouvaient rien faire. Mais ils ont vu qu’elles avaient des capacités : manger toute seule, faire de la peinture, prendre le ballon. C’est ce qu’il leur manquait.
Nous leur avons aussi transmis l’idée qu’il ne faut pas toujours tout faire à leur place comme font parfois leurs nounous. Tout n’est pas handicapé chez la personne handicapée.

L’avenir :
Il faut continuer d’avoir un lien. Pour savoir ce qui leur manque comme support écrit par exemple, et savoir où ils en sont. Il ne faudrait pas les lâcher. Il faut aussi garder contact avec les familles. Là-bas ils voient un arbre, pour eux c’est comme si nous étions dans une forêt ici.
Nous avons espoir que le centre ouvre pour de bon. Les deux familles de Mothers of Riyad et les quatre familles avec les garçons gardent contact. L’éducateur spécialisé de l’un des garçons  va d’ailleurs continuer de travailler avec les 4 garçons. Il a aussi proposé que les 2 filles viennent de temps en temps dans son centre (2 ou 3 fois par semaine). L’une des mères était aussi très enthousiaste à l’idée d’inscrire sa fille dans l’une des activités à l’extérieur. Ils ont aussi pour projet de faire de la sortie quotidienne un rituel. Et de refaire régulièrement certaines activités que nous avons faites ensemble.

Meryem Bouelkereb, MAS La Source
Bakhta Al Sid Cheikh, Résidence Idalion
Fondation des Amis de l’Atelier

Langue d'origine : Français
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