Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil Fondation John Bost Les maisons de santé pour maladies mentales, un lieu d'atténuation de la souffrance psychique, Fondation J.Bost, France.
Pour aller plus loin
Fondation John Bost
  • 6 rue John Bost 24130 La Force, Aquitaine France
  • 05 53 58 01 03
  • fjb@nulljohnbost.fr
  • Christian Galtier
  • christian.galtier@nulljohnbost.fr


Les maisons de santé pour maladies mentales, un lieu d'atténuation de la souffrance psychique, Fondation J.Bost, France.

  • Santé : Santé mentale
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Christian Galtier le 19/01/2011

Les MSMM sont une forme d'établissement psychiatrique sanitaire non sectorisé, ayant pour vocation d'offrir un soin et un accueil pour des périodes de moyen séjour.



Présentation de la Fondation

 

La Fondation John Bost est une dame âgée, puisqu’elle fêtera ses 163 bougies cette année. Jean Antoine Bost dit John Bost, pasteur à La Force, village situé en Dordogne, était quelqu’un d’une grande sensibilité, à la fois sociale mais également musicale puisqu’il fut élève de Liszt et partenaire de jeu de Chopin.

 

Plus attentif que la plupart des personnes aux difficultés sociales et aux problèmes humains de son époque, il fit part de ses préoccupations à sa paroisse et proposa de recueillir des jeunes filles en danger moral, qui étaient jusqu’à lors placées dans des fermes, faisant figure de bonnes.

 

Un premier établissement d’accueil vit ainsi le jour en 1848, sous le nom de « La Famille évangélique ». Puis l’accueil des jeunes filles donna lieu à d’autres demandes, notamment celle d’accueillir des enfants handicapés.

 

En l’espace de 35 ans, le Pasteur aura été amené, de son vivant, à créer une dizaine d’établissements, accueillant jusqu’à un millier d’enfants handicapés mentaux.

 

La philosophie de John Bost reposait sur trois grands principes :

 

1) « Ceux que tous repoussent, je les accueillerai au nom de mon Maître. »

 

Cette phrase évoque l’idée d’un accueil des exclus parmi les exclus. John Bost a pris en charge ceux que tous repoussaient, ceux qui faisaient peur, et dont personne ne souhaitait s’occuper, au nom de son maître Jésus Christ, se considérant comme le bras de ce dernier. De cette façon, un phénomène de déculpabilisation pouvait s’opérer du côté de l’accueillant et du côté de l’accueilli. En effet, accueillir au nom de quelqu’un a une toute autre signification que d’accueillir en son nom.

 

2) « Sans mur ni clôture ».

 

Au milieu du XIXème siècle, le premier plan d’asile psychiatrique se basait sur un modèle carcéral. La volonté de John Bost était de créer un espace totalement libre, ouvert.

 

3) « Nous mettrons des fleurs sur leur chemin. »

 

John Bost évoque la valeur thérapeutique du « beau », celui-ci pouvant aider les gens à aller mieux.

 

  

Depuis, l’institution s’est développée et a connu plusieurs grandes inflexions. Au-delà des trois guerres qu’elle a traversées, des phases importantes sont à noter. Il y a notamment eu le conventionnement avec l’Assurance-Maladie (avec les premiers IME) ainsi que la médicalisation importante à travers les maisons de santé pour maladies mentales.

 

Aujourd’hui l’institution accueille des personnes malades, handicapées mentales, ainsi que des personnes âgées dépendantes. Sur le site historique de la vallée de la Dordogne, en Aquitaine, à peu près 800 personnes sont accueillies au sein de 17 pavillons, qui regroupent entre 30 et 80 personnes.

 

Depuis un peu plus de trente ans, la Fondation crée des établissements qui ne sont pas sur son site historique. Ce mouvement s’est accéléré à la fin des années 1990, avec la création d’établissements à Rouen, à Montauban, et plus récemment au Havre, à Guyancourt. D’autres projets du côté de Cergy-Pontoise et dans le Pays Basque sont en cours.

 
 

 




Les maisons de santé pour maladies mentales (MSMM), un lieu d’atténuation de la souffrance psychique

 

Les MSMM sont une forme d’établissement psychiatrique sanitaire non sectorisé, ayant pour vocation d’offrir un soin et un accueil pour des périodes de moyen séjour, bien qu’il s’agisse parfois plus du long séjour.

 

Il faut différencier ces MSMM de l’hôpital psychiatrique, qui traite les périodes de crises, les situations d’urgence, les soins sous contrainte. Les MSMM ne pratiquent pas de soins sous contrainte, mais prennent en charge des cas compliqués et peuvent avoir recours aux centres hospitaliers spécialisés.

 

Au sein de ces MSMM se travaillent la souffrance psychique, les troubles du comportement et de la personnalité, pouvant être liés  soit à une psychose de l’âge adulte soit à des Troubles Envahissants du Développement. Les médecins, soignants, essaient d’atténuer ces manifestations de souffrance qui peuvent se  traduire par de l’auto agressivité, des angoisses très fortes venant perturber la vie relationnelle de ces hommes et femmes.

 

 

Des lieux d’accueil

 

Les MSMM sont des lieux dans lesquels l’admission se fait librement. Les personnes doivent être volontaires et participent à leur projet de soins, il est inenvisageable d’exercer une quelconque contrainte. Ce sont les familles, les établissements hospitaliers, les établissements médico-sociaux en difficulté qui orientent les personnes vers ces MSMM, car elles viennent très rarement de leur propre initiative.

 

La fondation n’accueille que des adultes, car elle considère qu’il vaut mieux ne pas séparer l’enfant à proximité de son entourage.

 



                    Une prise en charge institutionnelle, lourde, et permanente

 

Les troubles dont souffrent les personnes résidant dans les MSMM ne leur permettent pas d’envisager de vivre de façon autonome. Elles ont besoin d’être soutenues et accompagnées de façon dense, constante. L’accompagnement et le soin sont impliqués dans tous les gestes de la vie. Il s’agit donc d’une prise en charge institutionnelle, lourde et permanente. Elle l’est d’autant plus que les personnes ont développé un handicap important suite à une psychose. Leur développement a pu être malmené, ces personnes ont parfois des incapacités, des impossibilités d’apprentissage. Certains n’ont même pas accès au langage.

 

Concernant les psychoses de l’âge adulte, ces personnes ont eu un développement sans difficulté majeure, et c’est au moment de l’adolescence ou de l’entrée dans l’âge adulte que la maladie s’est déclarée. Il y a une forme de sortie de la réalité qui rend très difficile une vie autonome, avec le niveau d’exigence que requiert notre société moderne.

 

L’objectif est d’arriver à faire baisser le niveau d’angoisse de sorte que la personne ait le moins souvent recours à l’auto-mutilation et subisse le moins de chocs possibles.





Des lieux « relais »

 

Ces MSMM peuvent être à la fois un lieu dans lequel on prépare les gens à un accueil en médicosocial (accueil en MAS ou en FAM) ; un relais entre l’ESMS et l’hôpital lorsqu’il y a une situation qui se dégrade, un problème somatique venant se greffer soit sur un handicap soit sur des problèmes psychiques existants.

 

Ce sont donc des institutions de soins, mais se situant en interface entre l’urgence aigüe et le médicosocial qui lui propose d’abord un soin de maintien, un soin de confort.

 

Les MSMM peuvent permettre de réduire les temps d’hospitalisation c’est à dire par exemple qu’elles font tout ce qui est préalable à l’opération, et accueillent la personne très rapidement après une opération. On peut faire des soins avant le retour en ESMS. Dans le domaine psychiatrique, ces MSMM peuvent s’apparenter aux soins de suite et de réadaptation tels qu’ils existent dans d’autres disciplines médicales.

 

Des équipes pluridisciplinaires, permettant une meilleure approche

 

Les équipes sont pluridisciplinaires, ce qui permet de multiplier les approches afin  de ne pas passer à côté de quelque chose d’important au plan psychique, psychiatrique mais également somatique.

 

La répartition du personnel est la suivante : environ 50% sont des professionnels de l’accompagnement et de l’éducation, et l’autre moitié se compose de professionnels de la santé.

 

Qu’ils soient soignants, psychologues, psychomotriciens, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, aides médico-psychologique, ces professionnels font des propositions dans le champ du thérapeutique, de l’occupationnel, du loisir afin que les personnes accueillies reçoivent les soins appropriés et puissent vivre.

 

La Fondation a pu développer en son sein toutes sortes de formes et de supports de mise en activité et ou de socialisation. Par exemple,  il existe des ateliers journal, des ateliers informatique, une ferme pédagogique, des sorties, des visites organisées.

 

La maladie mentale attaque sévèrement la relation, la capacité des gens à être en relation, d’où l’importance de ces activités, qui redonnent une vie sociale et culturelle aux personnes accueillies.

 

Une remise en question des MSMM

 

 Les MSMM sont des structures anciennes, existant depuis 40 ans, d’où les actuelles interrogations à propos de leur subsistance. Pourquoi existent-elles encore alors que les hôpitaux publics assument la plus grande part de l’activité psychiatrique sectorisée ?

 

 Les MSMM ont ainsi connu la même remise en cause que les hôpitaux psychiatriques avec une diminution du nombre de lits : 200 lits ont été supprimés depuis 2002, et d’autres ont été transformés en lits de FAM ou de MAS en Dordogne à la Fondation John Bost.

 

Satisfactions

 

Les MSMM permettent de prendre en charge des situations que le faible niveau de médicalisation du médico-social en France ne permet pas de prendre en charge. Sans ces MSMM, les gens finissent à l’hôpital car ils n’ont nulle part où aller. Dans la MSMM, on peut développer la dimension du projet de vie et celle du projet de soins.

 

Sur des prises en charge au très long cours, le fait d’avoir une forte présence médicale permet de travailler sur les projets, les progrès des personnes, ce qui fait que certaines d’entre elles arrivent à passer des caps : par exemple, on a développé pour les personnes polyhandicapées les téléthèses (prothèses vocales permettant d’accéder à une communication verbale à travers une machine parlant à leur place). Il y a tout un travail de repérage des capacités de la personne afin de s’adapter de la meilleure façon qu’il soit.

 

Il y a une sérénité apportée aux personnes, qui arrivent à trouver petit à petit une forme de cohérence dans leur corps et leur pensée, leur permettant alors de vivre la relation à l’autre de manière moins déstabilisante ou menaçante.

 

 

 

Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 10 + 4 = ?
Votre réponse: