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Les Robinsons et l'Ile d'Ouessant, une histoire qui décape, France

  • Vie sociale et quotidienne : Vacances
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par veret le 06/08/2010

l’ESAT Les ROBINSONS, un ESAT presque comme les autres.

 L’Etablissement et Service d’Aide par le Travail « les Robinsons » est un des établissements gérés par l’association les Amis de l’Atelier. Il reçoit depuis 12 ans 80 personnes en situation de handicap mental avec troubles psychiques. Il est situé dans la banlieue sud proche de Paris. La commune du Plessis Robinson, ville de 17 000 habitants, bien reliée par un réseau de bus au métro et RER, possède une zone industrielle où sont implantées de grandes entreprises , comme Renault, Coca Cola.

Nous travaillons en partenariat avec la mairie, les personnes de l’ESAT ont leur place et sont intégrées dans la ville. Nos activités sont réparties en quatre ateliers : la sous-traitance, la blanchisserie, les espaces verts et la voirie, l’entretien des locaux. Le vendredi après midi est consacré aux activités de soutien pour permettre aux personnes d’être davantage autonomes dans leur quotidien (calcul, écriture, cuisine,..)

L’équipe encadrante de l’ESAT est composée de 17 ETP (nombre de salariés). Notre objectif serait d’avoir une équipe plus étoffée afin de mieux accompagner les personnes par exemple pour faire de la restauration, un temps de détente et de fête.

Depuis septembre 2007, nous participons à l’entretien des plages de l’île d’Ouessant dans le Finistère.

L’objectif de ces séjours  d’une semaine émanent de constats du directeur de l’Esat : les travailleurs de l’ESAT se retrouvent de manière périodique envahis par le surgissement de problématiques personnelles, familiales. Ces évènements de la vie les placent en situation de fragilité et en état de souffrance. Quelles propositions d’aide, d’accompagnement mettre en œuvre ?

 L’attachement personnel du directeur à l’Ile d’Ouessant l’a aussi sensibilisé à la pollution des plages par des débris venus de la mer. Lors d’une rencontre avec le Maire, les deux constats ont été rapprochés et le projet est né. L’accord du conseil municipal a été nécessaire pour que ce projet d’entretien et de nettoyage des plages de l’île par les travailleurs des Robinsons aboutisse à une convention en neuf articles entre la mairie et l’Esat.

Ainsi, chaque année depuis 2007, nous organisons des séjours pour 4 travailleurs à Ouessant accompagnés de deux moniteurs. Au retour, avec le travail accompli et salué par les gens de l’Île, ils se sentent mieux psychologiquement et physiquement. Ce ne sont pas des vacances, c’est une vraie prestation de service. Le séjour et le travail sur l’île Cinq à six séjours sont programmés sur l’année, du lundi au vendredi, deux moniteurs accompagnent quatre travailleurs de l’ESAT.

 

Déroulement

Lors d’une réunion d’équipe, quelques semaines avant le séjour, nous nous interrogeons sur les situations des travailleurs, certains souhaitent y aller, d’autres hésitent, aller sur une île peut être angoissant. Nous cherchons à répondre au mieux à leurs besoins. Nous partons du Plessis Robinson en véhicule le lundi matin, pour prendre le bateau à 17h30 au Conquet dans le Finistère. La traversée dure 1 heure ½. Sur l’île d’Ouessant, un véhicule nous attend et un repas est préparé. Nous logeons à l’auberge de jeunesse et nous bénéficions de son aménagement, des chambres nous sont réservées.

Le matin à 9h, la garde champêtre de l’île nous reçoit à la mairie pour présenter les lieux de nettoyage, un programme est établi ; en fin de matinée, les équipes de la mairie viennent récolter les sacs. Notre travail consiste à nettoyer les plages de tous les débris, déchets : bouteilles plastiques, sachets plastiques, les cordages parfois en petits lambeaux, les morceaux de bois. L’île reçoit de nombreux détritus apportés par les marées, les tempêtes, les courants marins. Nous ramassons tous les déchets avec pinces et les déposons dans des sacs poubelles. Nous travaillons jusqu’à midi. L’après midi est réservé aux visites du musée, des phares, à la promenade. Ce travail face aux éléments de la nature est parfois éprouvant, les travailleurs apprécient aussi de faire la sieste. Au cours des matinées, nous marchons beaucoup, jusqu’à 12 kilomètres. Parfois la météo ne nous permet pas de travailler, alors nous y allons lorsqu’il pleut moins.

En fin de matinée du jeudi, le maire nous accueille, nous offre un apéritif, c’est un moment de rencontre important. Le vendredi matin nous prenons le bateau à 8h30 pour rejoindre le continent. Puis nous rentrons sur l’île de France.

Moyens mis en œuvre

 Deux moniteurs accompagnent 4 travailleurs de l’ESAT. Nous utilisons notre véhicule 9 places. Une femme de la commune d’Ouessant passe deux jours avec nous, ce qui permet aux moniteurs de prendre le repos nécessaire, comme le demande la législation du travail. Elle nous raconte les histoires de l’île et nous initie au filage de la laine avec le rouet.

Lors de la préparation des valises, il nous faut veiller à ce que chaque travailleur ait son traitement, des vêtements et chaussures adaptés, des gants. Nous laissons sur place les pinces à déchets. La convention signée avec la mairie d’Ouessant, nous permet d’engager un budget d’environ 400 €, limité au transport et à l’alimentation. Le travail sur place n’est pas rémunéré, ces séjours étant considérés comme des séjours de rupture.

Les enseignements après deux années et demie.

Les besoins de changement dans la vie quotidienne en ESAT, de recul par rapport au rythme du travail, de repos, trouvent une réponse lors de ces séjours. Ils apportent aussi des occasions de cheminement complices avec le travailleur, des opportunités d’accompagnement, des échanges qui dans l’urgence du quotidien ne se font que peu. Il était important de créer ces bulles de non urgences. Pas un travailleur n’est revenu déçu, tous sont enthousiastes, de nombreux problèmes sont résolus par ces séjours. L’insularité joue à plein. L’île est grande, l’eau est partout, les éléments sont forts.

Ce contexte naturel contribue à des rapports humains justes, humbles. Des mains se tendent lors des passages acrobatiques entre les rochers, mains qui ne se tendent pas toujours à l’ESAT. Ceux qui vont là bas se ressourcent, en reviennent différents. Les ouessantins au début étaient réservés, se demandaient qui étaient ces personnes qui parcourent 600 km pour venir ramasser les déchets sur l’île. Aujourd’hui ils nous accueillent, ils nous interrogent lors de nos déplacements dans l’île, nous offrent le verre de l’amitié. Une complicité se crée. L’équipe des moniteurs s’est maintenant approprié ce projet. Un dialogue plus profond s’établit au fil des séjours avec les personnes et rejaillit sur nos relations au quotidien avec l’ensemble des travailleurs.

Langue d'origine : Français
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