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De l’espoir pour les personnes présentant des troubles graves du comportement, grâce au modèle d'intervention du SQETGC-Service québécois d’expertise en troubles graves du comportement, Montréal,Québec

  • Santé : Autisme
  • Amérique du Nord : Canada
  • Fiche d'expérience

Par Guy Sabourin le 01/10/2015

À l’aide du modèle d’intervention, développé ci-après par M. Guy Sabourin Phd, Psychologue et expert-conseil au SQETGC (ex-directeur de ce programme) Associé au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, il a pu être réalisé un grand nombre de plans individualisés d’interventions multimodales avec succès pour des personnes ayant divers types de déficits et de problématiques comportementales graves.

Il y a une quinzaine d’années, on m’a offert de diriger un programme expérimental de soutien et d’intervention concernant les personnes présentant divers déficits cognitifs et comportementaux sévères dont des personnes présentant une déficience intellectuelle, des troubles dans le spectre de l’autisme ou un traumatisme craniocérébral. Pour avoir accès à nos services dans la région de Montréal, celles-ci devaient être déjà prises en charge par un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et présenter un trouble grave du comportement (TGC).

Or, à cette époque, il était difficile de déterminer avec précision qui présentait ou non un TGC, car nous n’avions pas de consensus sur la définition de ce concept clinique. Suite à divers travaux de recherche et de concertation, nous avons pu établir progressivement une définition et des estimations de la prévalence de ce phénomène. Pour l’instant, nous l’estimons à 5 à 7% de la clientèle des personnes prises en charge dans le réseau de la réadaptation de la DI et des TSA au Québec. Ce programme d’une durée de quatre ans fut mis en place suite à des pressions de groupes de parents pour améliorer la qualité des services à ces personnes étant donné le grand nombre de plaintes de ceux-ci concernant le recours excessif à de mesures de contraintes physiques telles de l’isolement ou des contentions physiques.

Dans le cadre de nos travaux, nous avons pu réaliser dans un premier temps des consultations cliniques auprès d’experts internationaux  pour un certain nombre de ces personnes. Puis, nous leur avons demandé de donner des conférences sur leurs approches et leur compréhension de ces phénomènes complexes, en particulier à notre équipe de consultants multidisciplinaires, mais aussi à tous les intervenants intéressés de la région. En parallèle, nous avons mené une étude sur l’impact clinique et organisationnel de nos services de consultation, de formation et de développement de l’expertise. De façon générale, nos démarches nous ont amenés à constater que le problème majeur de ces personnes se situait au niveau de la perception des causes de leur problématique que l’on avait tendance à réduire à quelques causes principales ou même à une seule cause sans considération des causes multiples en présence et surtout de leur interaction. En fait, trop souvent, il manquait d’une vision holistique des problèmes de la personne et surtout de ses besoins.

C’est dans ce cadre que nous avons développé et diffusé au Québec un modèle théorique et clinique intégrateur appelé d’Analyse et d’Intervention MultiModales (AIMM) qui facilite l’identification d’hypothèses  causales et globales et permettant le choix de diverses stratégies d’intervention bien ciblées et coordonnées devant faire l’objet d’un suivi intensif des résultats pour vérifier l’atteinte optimale d’objectifs cliniques et de qualité de vie pour la personne et son entourage (Sabourin et Lapointe, 2014). À l’aide de ce modèle d’intervention, nous avons pu réaliser un grand nombre de plans individualisés d’interventions multimodales avec succès pour des personnes ayant divers types de déficits et de problématiques comportementales graves. Puis, peu à peu, des équipes complètes de professionnels et d’intervenants ont été formées et supervisées, de façon le plus intensive possible, dans l’utilisation de ce modèle avec les diverses méthodologies associées (grille d’AIMM, plan d’action multimodale, modalité de suivi intensif, etc.). Ceci a permis de produire des résultats positifs dans la très grande majorité des cas qui ont pu être suivis et évalués par un chercheur universitaire indépendant (N de plus de 30 usagers). Celui-ci a constaté une amélioration moyenne de plus de 40% des indicateurs comportementaux, sur une période de 18 mois, ainsi que des améliorations significatives à la plupart des autres indicateurs utilisés, même au niveau de leur santé mentale (pré-post).

Nos travaux initiaux ont été réalisés exclusivement dans la région de Montréal dans les années 2000 à 2006. Puis, progressivement, le financement d’autres établissements de l’ensemble du Québec s’est ajouté à celui de Montréal. Maintenant, ce programme est financé directement par le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec. Nos services sont centrés maintenant davantage sur la supervision et le soutien des équipes d’intervention de tous les établissements québécois qui font appel à nos services, mais aussi sur le développement de l’expertise comme telle (animation de communautés de pratique, conférences, formations, supervision sur mesure, participation à des projets pilotes, etc.).

Même si l’ensemble des résultats de ce programme sont relativement positifs, il reste beaucoup de chemins à faire pour toutes les personnes manifestant des TGC reçoivent le type de services dont ils ont véritablement besoin. Car il est toujours difficile de remettre en question notre vision personnelle et professionnelle d’une autre personne dont les déficits sont souvent multiples et qui ont nécessité la plupart du temps, énormément d’énergie et suscité des conséquences négatives énormes sur l’entourage. En fait, le plus grand défi que l’on rencontre encore est de créer à nouveau de l’espoir et de repartir sur de nouvelles bases avec des interventions différentes…ou presque. L’autre défi qui est parfois aussi grand est la collaboration de toutes les parties concernées par cette personne, car une approche de collaboration adéquate, il est souvent difficile d’installer des changements significatifs dans la vie d’une personne, souvent très dépendante de son entourage.

Référence

Sabourin, G. et Lapointe, A. (2014). Analyse et intervention multimodales en troubles graves du comportement - Grille et lexique. Montréal, Canada : FQCRDITED | SQETGC.
 

Langue d'origine : Français
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