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Les Maisons du Grim, unités d'hébergement pour les personnes en situation de handicap psychique

  • Résidentiel
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par SAPALY Brigitte le 25/05/2012

Unités d'hébergement encadrées et intégrées dans le tissu local, soutenues par le secteur psychiatrique
1.    Le contexte

Installée dans le Rhône, l’association Grim déploie des services aux personnes en souffrance psychique sur tout le département. Plus de 100 communes sont concernées par nos actions qui touchent plus de 1 900 personnes, qu’il s’agisse de majeurs protégés, de bénéficiaires du service d’accompagnement à la vie sociale, de résidents en logements accompagnés.
L’association Grim existe depuis 1987. Elle a, depuis son origine, la volonté de développer une palette de services adaptés aux besoins des personnes. En effet, le handicap psychique étant caractérisé par sa grande variabilité, il faut le compenser par une offre souple et diversifiée. La maladie a provoqué chez la personne un handicap qui se caractérise par la rupture du lien social,  l’enfermement, la dépression ; les troubles de la communication aboutissent à l’isolement de la personne ; certains n’arrivent plus à se lever, certains se laissent mourir sans demander d’aide. Les Maisons du Grim vont répondre aux besoins des personnes fortement touchées par la maladie, c’est-à-dire celles qui ne peuvent vivre sans un accompagnement quotidien.

Le projet est constitué de trois maisons. Une maison est en service depuis janvier 2010, située à Lyon dans le premier arrondissement, une deuxième maison est en cours de construction sur la commune de l’Arbresle dans les Monts du Lyonnais, la troisième maison est en phase de conception architecturale, elle va être érigée à Lyon dans le troisième arrondissement
Les trois maisons du Grim accueilleront chacune 15 adultes qui auront été reconnues personnes handicapées psychiques par la MDPH (Maison Départementale des personnes handicapées). La première est destinée aux personnes vieillissantes, les deux autres auront un accueil plus large.
Sur chaque maison, une équipe constituée de travailleurs sociaux et de personnel de logistique va offrir aux personnes l’accompagnement quotidien nécessaire à la préservation de l’autonomie et des capacités : aide aux repas, à la toilette, au ménage des locaux privatifs ; des activités d’animation interne seront proposées aux personnes qui éprouvent des difficultés à aller vers l’extérieur.
 
2.    La finalité de l’expérience

 Faute d’offres de logements accompagnés, des «patients» vivent durablement - et parfois depuis plusieurs années - à l’hôpital psychiatrique alors qu’elles n’en n’ont plus besoin. Les situations personnelles se dégradent avec l’exclusion de la société, la perte du potentiel d’autonomie, la désaffiliation…
Les personnes sont confrontées à une difficulté supplémentaire qui concerne le regard que porte la société ou les proches sur les troubles mentaux, ce qui tend à renforcer l’isolement et la rupture du lien social.
Nous avons donc souhaité offrir à toutes ces personnes un «chez-soi » à la fois autonome et rassurant, un lieu de vie de taille «humaine», pour assurer une qualité de séjour interne et externe. Interne avec un suivi personnalisé de chaque personne et externe car cette petite taille évitera la stigmatisation et donc l’exclusion par le quartier et le voisinage.

Cette réalisation est le résultat de 10 années de bataille. Obtenir l’accord du financeur n’était pas simple car un projet de trois maisons coûte évidemment plus qu’une seule maison de 45 places. Par ailleurs il nous fallait trouver trois communes qui s’intéressent suffisamment au projet pour nous aider dans l’acquisition de terrains.

3.    La mise en œuvre, le déroulement

Ici j’évoquerai particulièrement la Maison de l’Arbresle qui est en cours d’aménagement. Les partenaires sont nombreux et divers. Pour la construction, la municipalité de l’Arbresle a été le partenaire clef et l’Opac du Rhône a pris en compte le projet d’établissement dans le programme architectural ce qui produit un bâtiment lumineux, ouvert sur l’extérieur mais protégé avec des lieux collectifs et d’autres privatifs.
Si la particularité du handicap psychique ne requiert pas une conception architecturale spécifique, elle doit cependant proposer des espaces privatifs permettant de se ressourcer dans son « chez-soi » mais aussi offrir des espaces collectifs attrayants pour favoriser les rencontres, l’entraide et les relations sociales : salle d’animation, salle de repos, terrasse, jardin clos. L’équipe dispose de bureaux dans le bâtiment mais suffisamment éloignés des lieux de vie pour ne pas donner le sentiment de surveillance, d’ingérence. Chaque résident a la liberté d’entrer et sortir à sa guise, de recevoir amis et famille, d’expérimenter ses capacités. 

4.    Les moyens dont vous avez eu besoin ?

C’est un groupe de travail émanant du conseil d’administration, donc des bénévoles issus du milieu hospitalier et éducatif, qui a construit le projet d’établissement et l’a porté et défendu auprès des différents décideurs. Ce projet se base sur le partenariat important entre l’association et le secteur hospitalier. Une convention nous permet de compter sur la réaction immédiate du service soignant lors des décompensations et des incidents de vie.  Sur le plan financier nous avons obtenu le soutien d’APICIL en contrepartie de réservations de lits et le Conseil Général finance le fonctionnement de l’établissement.


5.    Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

Le foyer de vie situé à Lyon 1er, que nous dénommons « le Petit Caillou » en référence à la place du Gros Caillou qui se trouve a proximité, tourne depuis deux ans en apportant aux résidents ce que nous souhaitions : un chez-soi qu’ils investissent et s’approprient dans un quartier qui les a «adopté».
Les bénéficiaires entrent et sortent à leur guise, tout en respectant les horaires des repas ce qui montre une acceptation de la vie collective ; un récent questionnaire de satisfaction manifeste le réel contentement de leurs proches.
Nous observons un faible «turn-over » bien entendu, issu de notre volonté de ne pas fixer de limite de durée de séjour, ceci implique un vieillissement de la population, il nous faudra être attentif à la combinaison entre maladie psychique et maladies liées à l’âge pour adapter les projets individualisés et les modes d’accompagnement.
Mais la plus grande difficulté tient à la gestion financière de ces petites structures. Le financement est établi sur le système du « prix de journée », il déduit un forfait à chaque absence et la moindre hospitalisation produit des effets déséquilibrants car elle ne se fond pas dans une masse importante de journées d’hébergement.
Les maisons ne peuvent donc accueillir des personnes dont la santé physique est susceptible de provoquer des hospitalisations importantes.
Ce programme mériterait d’être dupliqué et si un autre membre de Handiplanet souhaitait reproduire notre action dans un contexte similaire, Grim est prêt à le recevoir pour partager son expérience. D’ors et déjà, nous convions les candidats à vérifier un préalable indispensable, celui de sa proximité avec le secteur psychiatrique ; il faut interroger son adhésion à ce projet. Par ailleurs il me semble que seules des associations disposant d’autres services financièrement stables peuvent se lancer. Mais les résultats sont encourageants avec une amélioration certaine de la vie des personnes handicapées et de leurs familles.


Langue d'origine : Français
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