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La journée de la marraine : célébrer, communiquer, collecter des fonds et faire la fête, à l'ASEDEME, à Dakar

  • Enfance
  • Afrique : Sénégal
  • Fiche d'expérience

Par Mustapha Ba le 26/01/2012

La journée de la marraine, une occasion de célébrer, communiquer, collecter des fonds tout en faisant la fête, à l'ASEDEME, à Dakar
L’ASEDEME et ses objectifs
 
 
L’ASEDEME (Association sénégalaise pour la protection des enfants déficients mentaux), a été créée en 1989 par des parents d’enfants déficients mentaux décidés à faire sortir de l’ombre ces enfants « différents ». Il fallait trouver un cadre éducatif adapté à leur condition. Comme rien n’existait alors au Sénégal pour eux, l’équipe a décidé de construire elle-même à Grand Yoff, un quartier de Dakar, un centre médico psycho pédagogique afin d’offrir une réponse pratique et concrète au problème de leur prise en charge. Depuis 2009 cette association a obtenu le statut d’Organisation Non Gouvernementale.
L’ASEDEME s’est donnée trois principaux objectifs, accueillir et former les familles, sensibiliser la population; effectuer des diagnostics et élaborer des projets thérapeutiques pour les enfants; dispenser aux enfants une éducation appropriée dans le but d’une insertion professionnelle.
L’ASEDEME, avec l’aide de sa fondatrice, ouvre le Centre Aminata M’BAYE (du nom de sa fondatrice défunte) en 2003.  Le centre accueille  environ 120  enfants de 5 à 20 ans ayant une déficience mentale légère à moyenne. Aujourd’hui le centre accueille en majorité des enfants de 5 à 15 ans, 40 % de filles et 60% de garçons pour le 1er Groupe du matin et de 16 à 27 pour le 2e Groupe de l’après-midi.
En 2007  des ateliers professionnels ont été mis en place pour les jeunes à partir de  16 ans, avec des initiations  à plusieurs métiers : la couture, la coiffure, la céramique, la menuiserie, la cordonnerie.
Pour maintenir son activité, une part non négligeable de ses ressources doivent être chaque année recherchée auprès de donateurs privés.
 
 
 
Finalités de la journée de la marraine :
 
Cette fête a pour objectif de contribuer symboliquement au fonctionnement du centre : achat de matériel scolaire, nourriture, matériel pour les ateliers préprofessionnels. Cette journée a aussi comme fonction de sensibiliser,  d’informer les familles sur le handicap de leurs enfants.
Enfin elle est célébrée pour rendre hommage à la fondatrice Aminata MBAYE.
C’est un évènement particulièrement important dans l’agenda du centre. Il constitue un moment fort dans la vie de la structure. Le thème retenu cette année était « La sexualité de l’enfant handicapé ».  
 
 
Une fête qui mélange réflexion, débats, spectacle et jeux
 
Après les mots de bienvenue du Directeur du centre, un panel composé d’éminentes personnalités, a débattu longuement de tous les aspects de la sexualité de l’enfant handicapé. Les intervenants, le docteur Seck, pédopsychiatre ; Monsieur Thierno Sagna, thérapeute familial et Madame Aïssatou Ba Diallo, Directrice Adjointe du Centre de Formation Judiciaire ex ENAM ont tenu en haleine pendant près de deux heures le public venu nombreux. Il a été démontré dans les débats l’importance qu’il faut accorder à la sexualité des personnes de cette catégorie sociale dite vulnérable. S’il est vrai que leur côté intellectuel est déficitaire, leur corps quant à lui vit et éprouve des sensations au même titre que n’importe quelle personne dite saine. C’est en cela qu’il est important que la sexualité trouve tout son sens pour ces personnes vivant avec un handicap ; qui plus est, constitue un droit dont ils doivent jouir comme tout le monde. Tout est une question de communication et d’empathie de la part des éducateurs et des parents. En tout état de cause, cette causerie a été un des temps les plus forts de la journée de par la qualité des connaissances, des messages et surtout des enseignements qu’elle a livrés.
Le spectacle qui a suivi a constitué le deuxième point fort de la journée. L’artiste compositeur Idrissa Diop a fait vibrer le public par la qualité de sa voix et de sa musique. Les enfants étaient très radieux et le bonheur de se trémousser se lisait sur leur visage d’ange. Ce fut un moment plein de bonheur et de complicité entre le chanteur et les pensionnaires du centre qui, du reste, ont joué leur partition. En effet, à la suite du chanteur, ils ont gratifié le public d’une belle chorégraphie. La prestation des enfants est une preuve évidente de leur capacité d’harmoniser des mouvements complexes dans une parfaite synchronisation. Cette faculté intellectuelle est démontrée même à travers les divers objets d’art qu’ils ont eux-mêmes réalisés sous la surveillance des éducateurs. Ces œuvres d’art ont été exposés au public tout au long de la journée. Il apparait ainsi, que malgré leur handicap, les enfants ont des potentiels qu’il suffit juste de stimuler. Le handicap n’est point une fatalité en somme, il faut seulement avoir foi aux capacités de la personne et surtout respecter sa dignité. Jamais le slogan « doom doom la » n’a aussi bien porté sa véritable signification qu’à travers les réalisations des enfants du centre Aminata Mbaye. La danse et les différents sketchs qui ont jalonnés la journée, marquant la gaieté qui y a régné sont les preuves évidentes que chaque individu vivant avec un handicap ou pas, a des capacités qui doivent être stimulées par une éducation de qualité, des enseignements et des apprentissages de tous les instants.
La kermesse, dernier point fort de la journée a été le clou de la fête. Beaucoup de jeux ont été proposés aux enfants : tirs au but, pêche à la ligne, le « tremblotage », les enveloppes surprises, le jeu de massacre, etc. Les enfants étaient très contents de gagner beaucoup de lots. C’était tant d’émotions de voir toute cette envie de vivre sur des visages innocents. C’est quelque chose d’indescriptible. Il faut simplement le vivre pour s’en rendre compte.
 
Les moyens
 
Au-delà du côté ludique de l’évènement, ces moments entrent dans le cadre du vécu éducatif partagé avec les enfants à qui la fête a été dédiée. L’implication des parents est à saluer de fort belle manière. Ils ont à leur niveau fait preuve de responsabilité et d’implication en assurant la restauration de tout le monde. Un succulent yassa au poulet a été proposé par leurs soins. Composé pour l’essentiel de femmes, les parents d’élèves n’ont ménagé aucun effort pour que la fête soit belle. Elles se sont investies à fond pour rehausser la journée à sa juste valeur. Quant aux éducatrices, toutes habillées en hôtesse, elles ont ajouté de la couleur à l’ambiance.
Tout le personnel du centre ainsi que les enfants, participent à la mise en œuvre de cette journée.
L’esprit d’ouverture du centre a été visible encore à travers l’implication des jeunes filles charmantes du centre socio-éducatif du quartier et de celui d’enseignement technique féminin. Leur participation dans l’organisation de la journée de la marraine fut bénéfique ; ce qui démontre la vitalité de partenariat qui est l’âme du centre.
La fête se déroule dans les locaux de l’ASEDEME, les stands sont installés dans le terrain de sport.
 
 
 
Evaluation
 
Cette journée a pour finalité d’informer les parents sur la maladie mentale, sur le handicap. Il est précieux d’avoir cet échange et cette convivialité, cela rassure les parents et leur apporte des éléments pour éduquer leurs enfants.
Les enfants sont heureux d’accueillir leurs familles, de montrer leurs réalisations ils manifestent leur enthousiasme. Ils sont capables de réalisations, en montrant ainsi leurs capacités, le regard posé sur eux change.
Cette fête est importante pour tout le monde au centre, et permet de rassembler la population pour la sensibiliser au handicap.
Très riche en couleur, l’intérêt de cette fête est qu’elle s’imprime profondément dans l’esprit des enfants. C’est pourquoi nous disons « vivement l’année prochaine » pour de nouvelles manifestations avec des sensations encore plus intenses. La véritable conviction que nous avons eu, est que la journée de la marraine est une journée pas comme les autres !
Langue d'origine : Français
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