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Favoriser l'inclusion socioprofessionnelle des personnes présentant des troubles psychiques en mettant en synergie les champs du médical, du social, de l'insertion professionnelle et de l'entreprise: le dispositif FIL ROUGE, France.

  • Travail et activité : Insertion professionnelle
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par André Biche le 18/05/2011

Le dispositif FIL ROUGE est né d'un questionnement partagé par un noyau d'acteurs au cours des années 2003-2004. Ces acteurs, constatant la présence de personnes présentant des troubles psychiques...

Contexte

 

            Le dispositif FIL ROUGE est né d’un questionnement partagé par un noyau d’acteurs au cours des années 2003-2004. Ces acteurs, constatant la présence de personnes présentant des troubles psychiques au sein des dispositifs d’insertion, ont décidé d’entamer une réflexion commune dans le but d’aboutir à la mise en place d’outils spécifiques pour favoriser l’insertion de ce public. A cette époque, le handicap psychique n’était pas encore reconnu. La loi du 11 février 2005 est venue pallier à ce manque.

 

Un projet d’expérimentation a alors été conçu, sa mise en œuvre a été possible notamment par un financement du fonds social européen EQUAL. Les divers acteurs ont posé l’hypothèse selon laquelle pour accompagner le public en situation de handicap d'origine psychique vers l’emploi, il est primordial de se situer dans une approche globale qui nécessairement intègre les questions du soin et de la vie sociale et quotidienne.

 

Un dispositif partenarial a donc été créé regroupant des acteurs du sanitaire, de l’insertion professionnelle, de l’action sociale et de l’entreprise. Après validation de l’expérimentation (2005/2007) la pérennisation de cette organisation a été rendue possible en 2008 par la création d’un Groupement de Coopération Médico Sociale (GCMS).

 

Le dispositif Fil Rouge accueille toute personne présentant des troubles psychiques et formulant une demande d’accès ou de maintien à l’emploi. Chacune des grandes pathologies psychiques est présente. Depuis 2005, plus de 1200 personnes ont été concernées. Le dispositif en accompagne  260 en permanence pour un passage de 480 personnes en 2010.


Finalité

Fil Rouge a pour finalité l’inclusion socioprofessionnelle de personnes présentant des troubles psychiques. Il s’agit de faire valoir le droit à la participation sociale dont bénéficie chacune d’entre elles. L’emploi constitue une des modalités d’exercice de ce droit qu’il convient de rendre effective dans la mesure où elle est souhaitée et possible. Pour y contribuer Fil Rouge propose un accompagnement des personnes tout au long de leur parcours, articulé à des actions visant à rendre l’environnement plus favorable à leur inclusion. L’intervention débute par un travail d’identification de la demande et des besoins permettant la co-construction d’un projet et la désignation d’un accompagnateur référent.

 

Pour autant, obtenir un emploi ne doit pas être perçu comme un impératif. Fil Rouge peut tout à fait aider les personnes à cheminer vers un emploi en milieu ordinaire, ou bien à choisir de développer certaines activités inhérentes à la vie sociale ou encore leur permettre de se concentrer sur la prise en charge de leur santé. Chaque personne possède un parcours et des besoins différents, auxquels il faut répondre de la façon la plus cohérente possible.

 

Il n’existe donc aucun absolutisme, et la perspective d’obtention d’un emploi ne doit pas être la seule envisagée. En restant dans cette ouverture d’esprit, Fil Rouge empêche de percevoir le travail comme un enjeu. Cette posture, paradoxalement, libère les potentiels.

 

Mise en œuvre

 

Il s’agit avant toute chose d’accompagner les personnes. Mais le dispositif parle également d’inclusion socioprofessionnelle : Les personnes doivent effectuer un travail sur elles même, mais l’environnement qui les entoure doit aussi savoir les intégrer et accepter leurs différences.

 

Les futurs collègues de travail et responsables d’entreprises peuvent avoir été sensibilisés au handicap, aux difficultés que pourra présenter la personne en raison de ce dernier. De même, les acteurs du soin doivent aussi être dans cette préoccupation de désir d’emploi des personnes (Cela consiste par exemple à prendre en compte les horaires de travail pour fixer un rendez-vous, ou bien à modifier le traitement afin de permettre une meilleure adaptation de la personne à son travail)

 

La prise en compte de la personne souffrant de troubles psychiques doit être globale : assurer le lien entre les différents acteurs est primordial pour permettre à chacun de développer au mieux ses compétences au service du projet de la personne.

 

Le concept d’autodétermination occupe une place essentielle dans le dispositif. En effet, l’accompagnement se construit avec la personne considérée comme metteur en scène de son projet. L’intervenant doit accepter de se positionner dans un rôle de partenaire afin de permettre à la personne d’être actrice de son parcours. L’accompagnateur l’aidera à faire des choix et à repérer les éléments importants qui vont permettre de les construire. « Aider à » est donc une expression fondamentale dans la démarche entreprise par le dispositif Fil Rouge.

 

La phase initiale consiste en une analyse de la demande et des besoins de la personne. Il est  pris le temps avec elle de faire un point sur son parcours. Cela permet de réaliser un état des lieux de sa situation, de prendre conscience de ses projets, et d’observer quels peuvent être les freins à sa démarche. Il s’agit surtout de baser l’action sur les compétences et potentiels à déployer, mettre la focale sur « la part saine »

 

A l’issue de cette phase, l’équipe fait une proposition d’orientation à la personne et se met en accord avec elle afin de savoir quel axe travailler de façon plus poussée. Un accompagnateur est désigné comme référent du parcours, et va travailler sur les différentes étapes du projet, étape par étape.

 

Moyens


Il s’agit là d’une question essentielle. En effet, du fait de sa constitution en Groupement de Coopération Médico Sociale, le dispositif Fil Rouge repose sur une équipe pluri professionnelle et pluri institutionnelle. La construction du dispositif repose donc sur le rassemblement de compétences habituellement dispersées : des professionnels de la psychiatrie, de l’insertion professionnelle, de l’action sociale sont dans une coopération active permanente. Ils sont à la fois intervenants dans leur structure d’origine et détachés pour intervenir dans le GCMS. La constitution de ce dernier a permis de faciliter la fluidité entre les équipes d’intervenants et le réseau des acteurs de droit commun.

 

L’équipe du GCMS est composée de 13 personnes : un psychiatre, du personnel administratif ainsi que des accompagnateurs de parcours.

 

Au plan financier, ce sont neuf partenaires associés au dispositif qui sont économiquement dans un engagement commun au sein du GCMS. Notons que le montage financier se révèle complexe, sous forme de financements croisés entre fonds européens, AGEFIPH, l’ARS, la Direction Générale de la Cohésion Sociale. Là encore, cela témoigne de la diversité des acteurs institutionnels impliqués dans la démarche du GCMS.

 

Au plan matériel, l’action de Fil Rouge s’organise à partir de locaux situés à Rennes, elle se déploie aussi via des interventions décentralisées dans divers espaces mis à disposition par les structures du GCMS.

 

Evaluation

 

Quelques difficultés…

 

La gestion des flux  fait partie des difficultés que rencontre Fil Rouge, en raison d’une trop forte demande au regard de la capacité de réponse du dispositif. Adapter la temporalité des interventions aux besoins des personnes est également une tâche compliquée, la pression du temps étant quelque chose de difficile à gérer.

 

De même, l’un des points noirs majeurs du dispositif est sa précarité économique. En effet, les financements sont essentiellement constitués de subventions annuelles et reconductibles, cette construction économique étant par nature fragile. Alors que son action concerne les champs de l’emploi, de la cohésion sociale et du sanitaire, une telle mobilisation de financements croisés est, à l’heure de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), des plus complexe à maintenir.

 

…Pour de nombreuses satisfactions.

En 2010, 138 contrats de travail ont vu le jour, prouvant l’efficacité du dispositif de par sa capacité à provoquer l’accès à l’emploi.

Mais au-delà de l’emploi, les personnes ont été interrogées sur leur perception de l’évolution de leur situation sur les champs de la santé, de la participation sociale, de  l’estime de soi... Une amélioration de la prise en charge de la santé des personnes a ainsi pu être relevée : l’indice de satisfaction était très spectaculaire. Les personnes se reconnaissent également une meilleure qualité de vie sociale au bout d’un certain temps. On relève aussi une amélioration fondamentale de l’estime de soi, élément essentiel pour permettre un réel changement.

 

Les chiffres relatant de l’amélioration perçue suite à l’accompagnement sont assez éloquents, quel que soit le thème abordé:

-          une amélioration au plan professionnel de 55%,

-          une amélioration de leur vie sociale de 43%,

-          une augmentation de 43% concernant leur capacité à être dans un projet,

-          une augmentation de 30%  s’agissant de leur santé,

-          et de 26% s’agissant de leur vie quotidienne.

 

 

Des ateliers coopératifs animés par des usagers et fonctionnant sur le concept de pair-émulation ont été créés, afin de permettre aux personnes de se retrouver pour échanger ensemble autour d’une question, de leur parcours. Chaque personne a, de par son expérience, quelque chose à communiquer aux autres, et il s’agit de faire vivre cette dynamique là. Ces ateliers sont aussi un moyen de rendre visible, de prouver les compétences des personnes souffrant de troubles psychiques. Associer les usagers relève du concret. Dans ces ateliers, les accompagnateurs sont dans une position d’aidants et non de décideurs. Ces deux dernières années, des groupes ont fait des recherches débouchant par exemple sur la réalisation d’une exposition, sur la création d’une lecture publique. La qualité de ces travaux démontre que le public concerné possède une réflexion puissante sur sa propre situation. Il est toujours impressionnant de réussir à capter ce savoir.           

 

 

Langue d'origine : Français
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