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Les journées citoyennes, un lieu où des personnes ayant une déficience intellectuelles participent à la réflexion sociétale

  • Inclusion : Citoyenneté / Transport
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Mouhannad Al Audet le 11/03/2015

Les journées citoyennes des personnes en situation de handicap mental C'est : Construire des « ateliers citoyens » dans les établissements médico-sociaux et participer à la réflexion sociétale. Organiser des rencontres inter- établissements avec les usagers et les associations. Réaliser un séminaire pour présenter les travaux des établissements participants.
 
1. Le contexte
 
L’association a été créée en 2011, suite à un travail en réseau. Nous étions plusieurs établissements à travailler ensemble. Nous faisons des activités en commun, de cirque, de musique. A la place de prendre un intervenant pour chacune des activités de chacun des établissements, nous avons mis en commun nos moyens. On  a ainsi pu remplir les places et diversifier nos propositions. A cinq inscrits volontaires sur un établissement, il n’est pas possible de payer un intervenant. Ca le devient si on en réunit deux. Cela nous a permis de multiplier les propositions. 
Mais nous sommes arrivés à saturation à un moment. Les équipes avaient un planning d’enfer, elles devaient jongler entre les différents intervenants.  Nous avions envie d’aller plus loin. 
Est arrivé le projet sur l’eau. C’était un projet transversal et on a prévu de le faire tout au long de l’année. Il s’est transformé en projet au long cours (d’eau). 
 
L’association Vie Citoyenne a donc vu le jour avec pour objet d’initier, d’informer et de former les personnes en situation de handicap mental, psychique ou autre, ainsi que leur entourage personnel et professionnel, sur leurs droits afin que ces personnes puissent vivre leur citoyenneté et participer aux questions sociétales. Au départ nous étions deux ;  Mme Christine Lambert Kahn et moi-même. Aujourd’hui d’autres nous ont rejoint. L’association existe pour donner un cadre administratif permettant de gérer ces journées. 
 
Le public visé par nos actions est essentiellement celui des personnes en situation de handicap mental accueillis dans des centre type CITL – Centre d’Initiation au Travail et aux Loisirs-, ESAT – Etablissement et Service d’Aide par le Travail ou Foyer de Vie.  Les journées sont ouvertes au public d’associations de différents pays comme la  Belgique et l’Espagne, dont certaines ont déjà participé.
 
 
 
2. La finalité de l’expérience
 
 
La plupart des activités organisées sont des activités artistiques et de loisirs, cela tourne autour de l’apprentissage occupationnel. Mais aucune ne prend comme sujet central l’activité citoyenne. On n’a jamais pris la peine d’expliquer à quoi servent les élections. Dans la loi 2002, on affiche les droits, mais le projet au sein des institutions n’existe pas sur ce sujet. Pourtant ils ont le droit de vote, mais ce sont les parents qui prennent le relais, et indiquent le sens du vote. Des mots comme mondialisation, développement durable passent mais n’ont pas de sens. Il en est de même pour La charte des usagers. 
On veut montrer que la citoyenneté est accessible, et que cela peut être amusant d’y travailler, à condition d’expliquer à quoi ça sert, par exemple les bons gestes et les mauvais gestes.  Ils ont leurs opinions, mais il fait leur donner les moyens de comprendre ce qu’est le développement durable. Nous avons inversé à partir de là le rapport. C’est eux qui nous donnent  des leçons de civilité. « Si les gens ne votent pas, ce n’est pas bon » donc agissons.  Ainsi, sont-ils allés à Bastille avec des tracts pour convaincre les gens de voter.
Notre objectif n’est pas toucher le plus de gens possible. Il est plutôt de motiver les équipes, les convaincre par l’exemple que travailler des mots difficiles, c’est amusant. Nous avons contacté l’IRTS de Montrouge, Initiatives à Bourg la Reine. Nous pensons que c’est au moment de la formation des accompagnants que cette fonction doit être enseignée. 
La mondialisation par exemple a été traitée par douze groupes de manière différente. Un groupe a travaillé sur Mac Donald. Un autre a cherché les racines de la musique de Jazz. Un autre a travaillé sur le jeans. Treize pays participent à la confection du jeans. Finalement il est vendu partout dans le monde. L’objectif n’est pas de critiquer la mondialisation, mais de l’expliquer. 
 
 
3. La mise en œuvre, le déroulement
 
Le temps de la  préparation
Nous avons commencé à deux structures et nous avons progressivement élargi. Nous sommes actuellement dix. Le cycle annuel commence par le choix collectif du sujet. Puis vers septembre, on cherche des spécialistes du sujet pour un séminaire de 2 ou 3 séances à notre intention et celle des porteurs de projet. Deux porteurs par établissement sont formés et se voit attribués un plan de route, pour monter leur atelier. Dès octobre, ils sont en mesure de mettre en place le travail.  
On se réunit 1 fois par mois avec le porteur et son équipe, ce qui rassemble environ 50 personnes dans un amphithéâtre prêté par la mairie. Chaque groupe explique aux autres ce qu’il est en train de faire. On réagit sur la présentation, ce qui a pour effet de soutenir et d’ajuster leur travail. Pendant ces réunions, les groupes s’enrichissent et une forme d’émulation se met en place. Il a six réunions avant la journée citoyenne. 
Tous les supports sont possibles : diaporamas, films vidéo, journal, panneaux d’expositions. Le premier objectif est de présenter les travaux et le second de faire comprendre l’enjeu du thème choisi. 
Pour cela on invite à exposer les outils qui ont servi à s’approprier le sujet. Sur le thème de l’aménagement de la ville, un groupe a fait une maquette de la place de Montrouge. Ils ont fait une place plus conviviale. Cette maquette sera exposée, mais c’est le film qui sera visualisé.  
Pour les étrangers, on a des référents au seing de l’association. C’est eux qui sont chargés de garder le contact et de faire l’intermédiaire, puis de traduire le texte pour l’exposer à la journée. 
Nos amis espagnols ont passé 4 jours à nous visiter grâce à un financement pour leurs déplacements que nous avons cherché et pu obtenir.  
 
 
La journée citoyenne 
 
Le matin commence par un petit déjeuner pour les 130 participants dont 80 invités. Chacun reçoit un sac comme dans les congrès contenant la documentation pour suivre la journée. Les hommes politiques ouvrent la journée et les groupes ont 25 minutes chacun pour présenter leurs travaux et objectifs. Les groupes sont annoncés. Les usagers viennent avec leur éducateur sur scène, se présentent, présentent leurs travaux et répondent aux questions de la salle. Ce sont principalement les usagers qui parlent. Au début ils étaient très timides, mais désormais il faut plutôt les arrêter pour laisser la place aux autres groupes. 
A midi, le repas préparé par un ESAT traiteur est proposé sous forme de buffet. L’an passé c’était un buffet 5 continents sur le thème de la mondialisation. Un médiateur culturel fait le maitre la cérémonie. Il présente les invités et distribue la parole. Pour cela, il suit les groupes le dernier mois afin de s’imprégner du sujet. 
Après le repas, pour relancer l’après midi, un groupe joue de la musique. Parfois on danse. 
L’après-midi à partir de 14h les usagers sont plus fatigués, donc elle est plus courte. On boucle à 15h. 
Le sujet de l’année suivante est présenté en clôture.   
    
 
 
4. Les moyens dont vous avez besoin ?
 
Les 10 membres du conseil d’administration participent à l’organisation. En dehors du CA, ce sont les porteurs de projet qui sont les plus impliqués. Ils sont motivés sur cette journée. Nous voyons les directeurs d’établissement une fois par an, mais nous les rencontrons, eux,   tous les mois.   Nous sommes aidés par des bénévoles, anciens stagiaires des écoles de formation ainsi qu’un groupe de jeunes motivés par l’initiative. Deux retraités travaillent avec nous, le secrétaire et le trésorier.
Nous avons des partenariats avec les écoles Initiatives de Bourg la Reine et AMEPS à Erquelinnes en Belgique. L’espace Icare nous fournit les salles à Issy le Moulineaux. Parfois c’est la mairie de Bagneux qui nous accueille. Chaque année nous cherchons des partenariats nouveaux. L’an passé nous étions avec la MAIF, la CEIDF, et cette année avec  l’association Vacandi. 
 
sur le plan financier : Le budget dépend des instructions de l’année. L’inscription à la journée coûte 180 € à l’établissement, incluant 7 participants. S’ils viennent plus nombreux, ils paient à part. Pour les écoles il y a un prix de groupe. Le budget total de l’opération annuelle est de l’ordre de 3500 €.   
 
Sur le plan des locaux, nous sommes invités aujourd’hui par les mairies, car notre sens est la citoyenneté. On considère les maires comme parrains de notre événement. Ils tous étaient là à la première journée. 
 Sur le plan technique et matériel, nous avons acheté une petite sono, des caméras pour prêter aux établissements et un logiciel de diaporama, avec les excédents des journées précédentes. 
 
 
5. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?
 
Nous avons un recul de 5 ans. La première année, on m’a dit « faites attention, ce sera une kermesse ». J’ai alors rassemblé les porteurs de projet pour cadrer le projet et rappeler l’objectif , bien le placer sur les apprentissages et non sur le produit final. Notre satisfaction est liée à la bone compréhension du sujet par l’usager  plus qu’un beau produit fini à présenter au séminaire. 
Quand on fait les séances, je salue les 80 personnes et elles me parlent toute du plaisir qu’elles ont à participer à ces journées. Les porteurs de projets me parlent de leur métier autrement. 
 
Au début, les difficultés étaient essentiellement financière, jusqu’au moment où on a pu constituer le fond de roulement. Le travail au début reposait sur 2 personnes et c’était ingérable . Nos collègues l’ont vu et s’y sont mis. La création de l’association nous donne du travail en plus, avec les tensions inévitables. Au quotidien, il fait trouver des salles équipées, le matériel n’y est pas toujours. Il nous est arrivé d’utiliser un porte-voix, ce qui nous a amené à acheter une sono. L’organisation des ces journées doit s’intégrer dans notre travail quotidien. C’est donc assez lourd.
Pour une initiative de ce genre, il fait trouver des gens qui partagent l’objectif, être au minimum 2 ou 3 et avoir énormément de contact dans la collectivité locale. Il faut au delà de 7 établissements partants, sans dépasse 12 ou 13. On est à notre limite actuellement. Mais avant tout, il faut des gens motivés.  
 
Langue d'origine : Français
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