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Association Culturelle pour la bienfaisance des handicapés mentaux - ACBHM
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Le système de classe sans niveaux, une réponse de l’ACBHM pour favoriser la dynamique d’apprentissage, Antanarivo, Madagascar

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Madagascar
  • Fiche d'expérience

Par Florine Rassouanalimanana le 25/07/2013

Ce système d’éducation propose de ne pas seulement s’appuyer sur l’âge des jeunes mais sur un ensemble de critères. Il s’appuie sur la dynamique des groupes, et notamment sur l’émergence du leader et la fonction de leadership.

Un contexte sensible et une initiative parentale.

En 2000, suite à la fermeture d’un centre spécialisé, certains parents, soucieux de l’accompagnement de leur enfant, s’organisent et fondent l’ACBHM : Association Culturelle pour la Bienfaisance des Handicapés Mentaux. Vingt-neuf enfants sont alors accueillis cinq matinées par semaines, encadrés par deux éducateurs.
Afin de répondre du mieux possible aux importants besoins, l’association s’est structurée et a considérablement évolué au cours de ses 13 années d’existence.  A ce jour, près de cent usagers sont accueillis par une quinzaine de professionnels. Deux lieux existent donc : le centre 1, qui allie un centre éducatif et un pôle émergeant de formation professionnelle; le centre 2 qui a pour objectif d’évoluer vers un internat et qui accueille à ce jour 45 usagers. Il est important de spécifier que près de 70% des usagers viennent de la couche populaire. Les enfants/jeunes adultes accueillis ont des déficiences intellectuelles légères (avec des origines telles la trisomie 21, des accidents pré et post natals…) ainsi que quelques personnes présentant des troubles autistiques. Ils fréquentent le centre cinq jours par semaine, le mercredi étant une demi-journée, un repas étant assuré sur place le midi.
L’institution ACBHM propose :
- Des activités socioculturelles
- Des activités de sport adapté
- des prestations médicales
Un PEI (projet éducatif individuel)  est élaboré à partir de quatre unités de base : la scolarisation, les travaux manuels, l’éducation développementale et enfin l’orthophonie.
De plus, l’ACBHM, association à but non lucratif, affiche plusieurs objectifs fondamentaux : l’éducation et l’inclusion socio-économique d’usagers en situation d’handicap mental, la protection des droits de ces usagers, une volonté forte d’échanges et de partenariats, ou encore l’implication des familles/parents (à travers la formalisation d’un « contrat social éducatif »). Un cadre de valeurs essentiel soutient également ces démarches : la tolérance, l’entre-aide, la fraternité.
L’ACBHM fonctionne avec des moyens modestes et la principale source de financement, qui demeure insuffisante, est la participation des parents ou celles de parrains. La mise en place de parrainage ou de partenariat (Handicap Internationale, diverses associations, aides extérieures, ….) se révèle donc vital. L’absence de subvention de l’Etat, l’insuffisance de personnel, la faiblesse du budget de fonctionnement, ou encore les charges fixes élevées sont autant de freins majeurs. Les forces et l’énergie de l’ACBHM demeurent toutefois omniprésentes et efficientes, s’appuyant sur : le caractère autonome de leurs initiatives, l’implication des parents et des professionnels, un programme éducatif construit, des partenariats concrets et entretenus, ou encore un cadre de valeurs humanistes.
Les usagers du centre ont des déficiences intellectuelles, dues à la trisomie 21, aux accidents pré et post natals, aux troubles du spectre autistique principalement.
Une formation professionnelle est donnée aux plus grands. Les activités développées sont la vannerie, la broderie, la ferblanterie et la boiserie. Un projet d’inclusion socio-économique, basé sur l’élevage et l’agriculture principalement, est en phase de mise en place.
Cette institution s’appuie sur deux systèmes : « la classe sans niveau » et « l’éducation développementale (ou fondamentale) ».  Ceux-ci sont  tout à fait intéressants et méritent d’être mis en avant.

Un système singulier : la classe sans niveaux.

Ce système d’éducation propose de ne pas seulement s’appuyer sur l’âge des jeunes mais sur un ensemble de critères. Il s’appuie sur la dynamique des groupes, et notamment sur l’émergence du leader et la fonction de leadership.
Dans le centre 1, quatre groupes coexistent : EB1, EB2, EB3 et EB4 (EB : éducation de base). Chaque groupe est constitué en fonction de plusieurs critères : capacités, âge, sexe, faiblesses, handicap, niveau de langage, comportement, leadership. L’idée étant de répartir au mieux l’ensemble des jeunes. Chaque année l’équipe remobilise une partie des groupes afin de permettre une nouvelle dynamique à l’intérieur de chacun des quatre groupes. L’ensemble des jeunes de chaque groupe reste cependant en place afin d’assurer de la continuité et de la permanence.
Ce système propose ensuite la constitution, dans chacun de ses groupes, de trois sous-groupes: n1, n2 et n3. La répartition dans ces sous-groupes se base également sur les critères constituants les groupes eux-mêmes, à la différence que les trois sous-groupes prennent fortement en compte le niveau/capacité des jeunes. Le groupe n1 : niveau « faible » ; n2 : niveau « moyen », n3 : « bon » niveau.
- Le sous-groupe n1 correspond à des enfants n’ayant jamais eu de scolarisation, et ayant besoin d’une forte dimension de socialisation.
- Le sous-groupe n2 doit être constitué par des enfants ayant des acquis/capacités scolaire
- Le sous-groupe n3 regroupe ceux ayant la maitrise de la lecture, de l’écriture, du calcul.

Ainsi, au sein de ses sous-groupes s’opèrent également des « glissement » d’un sous-groupe à un autre, en fonction de l’évolution de chaque jeune.

 

L’équipe tend à favoriser une dynamique de groupe optimum. L’approche groupale est ici prépondérante. D’ailleurs, la notion de leader et de leadership est discutée et mis en œuvre, tant pour les professionnels, que pour le groupe de jeunes adultes composant l’atelier de professionnalisation, que pour les groupes du centre éducatif. Il est remarquable de constater à quel point ces groupes fonctionnent bien, grâce à des valeurs/principe « clefs » : l’imitation, la répétition, l’identification, la responsabilisation (les plus âgés des enfants s’occupent des plus jeunes, les moins « handicapés » s’occupent de ceux plus en difficulté,…). D’autres éléments sont également fondateurs de ce système : l’importance du leader, l’appui sur les anciens, le relais, l’entre-aide.
Les enfants qui accèdent au n2 et n3 vont également être amenés à « s’essayer » aux initiations visant à l’intégration de l’atelier de professionnalisation.

Evaluation, enseignements

Certains obstacles/difficultés sont à préciser. Tout d’abord, étant donné le caractère hétérogène de ces groupes, certains parents se sont ponctuellement plaint que leur enfant imitait le comportement d’autres enfants de son groupe (autres enfants en plus grande situation d’handicap).  Le travail mené par les éducateurs se révèle également un peu complexe, puisque chaque éducateur doit gérer un groupe d’une douzaine d’enfants, mais dans lequel les niveaux scolaires sont très différents. D’ailleurs, l’expérience des années passées a limité le nombre d’élevés à une douzaine par groupe et par éducateur, dans un souci de qualité d’accompagnement.  Enfin, cela tient aux moyens et ressources de l’ACBHM, mais l’espace et le matériels sont insuffisants. Au centre éducatif 1, les quatre  classes sont dans une seule et même grande pièce, et le matériel éducatif et scolaire s’avère être insuffisant.

Ce système est un système difficile et exigeant, mais qui suscite de bons résultats. L’équipe reconnait qu’un travail précis doit être conduit afin de bien repérer les spécificités de chaque jeune, afin de pouvoir l’orienter et l’accompagner au plus juste. Ce système, même si ce n’est pas à hauteur égale pour chacun, est donc efficace et porteur.


« Fahombiazana ny fifanoloran-tanana »


« La main tendue de tout un chacun assure la réussite »

Fiche rédigée par François Bidault (IME du Jeu de Paume, Fondation des Amis de l'Atelier)

Langue d'origine : Français
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